Le cierge pascal en la nuit sainte de la Pâque

Veillée pascal, cierge alluméPar Marcel Bourdon et Constant Tonnelier

« Le symbole du cierge pascal demande qu’il soit unique, même si plusieurs paroisses sont rassemblées, puisqu’il représente le Christ ressuscité, lumière du monde » (Calendrier liturgique régional 1997-1998). Mais une question : « En raison de la restructuration des paroisses, il n’y a plus qu’une paroisse. Cependant, devons-nous avoir un cierge pascal dans chaque église communale ? » Voici quelques éléments de réponse.

Feu et lumière sont appelés à briller dans la nuit sainte

Comprenons d’abord que le cierge pascal est signe et symbole. Signe, il veut nous conduire à une réalité absente. Colonne de cire, travaillée par l’homme, à partir de l’œuvre des abeille dans toute la végétation, allumée au feu nouveau, elle brille de sa lumière dans la nuit sainte, renvoyant à la lumière unique, source de toute lumière, Jésus, Christ, Seigneur. Cierge, signe d’une absence qui devient présence par le symbole. Par associations d’idées on découvre que l’absent devient présent, grâce aux marques sur le cierge : croix, alpha et oméga, millésime de l’année en cours, insertion éventuelle des grains d’encens dans la colonne de cire, avec la parole qui explicitent. Le mystère pascal est rappelé pour être célébré. Il faut donc tenir au tout, pour aller par les signes et symboles, de l’absence à la présence.
Il est donc clair que le cierge pascal ne peut qu’être unique dans la célébration de la nuit sainte.

C’est à l’unique source de lumière que les participants allument leur propre cierge, pour symboliser, au début, le passage de la, nuit à la clarté pascale et, plus tard, pour renouveler les engagements de leur baptême, en gardant leur « lampe allumée » jusqu’à la venue de l’Époux, dans la nuit

Le signe pascal dans les églises communales

Dans les églises communales, dans lesquelles il n’y a pas eu de veillée pascale, seront aussi célébrés, au cours de l’année, quelques messes dominicales du temps pascal, des baptêmes, des funérailles chrétiennes. Et dans leur sens liturgique avisé, les pasteurs allument le cierge de la Pâque. Désormais, où le prendra-t-on ?

Proposition pour situations nouvelles

Choisir, pour la veillée pascale, un cierge unique, un grand et gros cierge de cire, bien décoré, non seulement des marques prévues, mais peut-être aussi d’autres symboles ou décorations, de haut en bas. Placer le cierge sur un beau chandelier et développer tout autour un bouquet lumineux, en ménageant des espaces.

Choisir ensuite des cierges de moindre grandeur et grosseur, pour éviter toutes confusions avec le cierge unique et les orner de quelques symbole pascals : croix, ou agneau, en y ajoutant, à l’horizontal, le millésime de l’année en cours.

Confier chacun de ces cierges à un membre de la paroisse, répartis dans les différentes communes. Pour que le signe soit éloquent, choisir un membre du « Service pastoral de proximité » de la commune, ou de l’un des conseils, ou encore d’une équipe liturgique, de catéchèse, etc.

Ces cierges pourront être allumés au grand cierge pascal à la fin de la veillée. Le prêtre qui préside pourra les bénir et les envoyer, avec les personnes qui les portent, vers les communautés communales, avant de sortir en procession derrière eux.

Une autre manière d’exprimer l’unité du cierge de la Pâque dans la célébration de la nuit sainte et la démultiplication dans les différentes églises, serait d’allumer et de déposer les cierges de moindre taille autour du grand cierge pascal, à la suite du renouvellement des engagements du baptême. On pourrait faire venir tous les participants pour qu’ils se signent avec l’eau bénite et plantent leurs cierges dans des bacs de sable disposés à proximité, où ils brûleront, eux aussi, durant toute l’eucharistie.

La grande nuit sainte est vraiment symboliquement très riche.

 

Article extrait de la revue Célébrer, n°288, Avril / Mai 1999.

Sur le même thème

  • 27 novembre 2016 : Célébration de la messe dominicale, 1er dimanche de l'Avent. Inclination profonde des prêtres et diacres devant l'autel. Paroisse Saint-Ambroise, Paris (75), France.

    « Détendre la sacramentalité » de la Semaine sainte

    Par Arnaud Toury, Prêtre, délégué de pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Reims Reconsidérer la semaine sainte à la lumière d’une réflexion théologique issue de la sacramentaire permet de mieux la saisir dans son lien dynamique à l’année liturgique et à la célébration dominicale, transfiguration du temps. « Détendre la sacramentalité » Louis-Marie Chauvet a forgé…

  • 29 mars 2013 :  Chemin de croix du Vendredi saint à Saint-Nicolas-des-Champs, Paris (75), France.

March 29, 2013 : Good Friday. Way of the cross in Paris (75), France.

    Célébrer la semaine sainte en « zone périurbaine »

    Par Gilles Drouin, Prêtre du diocèse d’Évry, chargé d’enseignement au séminaire d’Issy les Moulineaux et à l’Institut Supérieur de Liturgie du Theologicum (ICP).  On parle peu de ces zones ni vraiment rurales, ni urbaines, des zones grises qu’on qualifie volontiers du vilain mot de périurbain. Elles sont constituées de populations mélangées, agriculteurs autochtones, habitants des lotissements…

  • Croix portée en procession

    L’expérience existentielle et symbolique de la pérégrination

    Par Sœur Bénédicte de la Croix, moniale cistersienne de l’abbaye Notre Dame de Bon Secours   « Compagnons, nous faut cheminer/Sans faire demeurance. » ces vers dans le chant du pèlerin de Compostelle expriment la dynamique de notre condition humaine. Quoi de plus symbolique que la marche ? Sans cesse la liturgie nous déplace, elle nous institue chercheurs de…