Les signes du Temps pascal

Louis Groslambert

Prêtre, responsable de la PLS et de la musique liturgique du diocèse de Belfort-Montbéliard

 

Le mystère pascal est célébré chaque dimanche, et les signes de Pâques sont mis en œuvre (le 1er jour de la semaine, l’assemblée, l’eau du bénitier, les luminaires près de l’autel…) Mais pendant les sept semaines du Temps pascal, ces mêmes signes sont valorisés et d’autres s’y ajoutent. Comment parlent-ils du Christ ressuscité, lui qu’on ne peut pas voir mais qui a promis d’être avec ses disciples jusqu’à la fin du monde (cf. Mat 28, 20b).

La couleur blanche

Le peintre Kandinsky écrit : « le blanc sur notre âme, agit comme le silence absolu…ce silence n’est pas mort, il regorge de possibilités vivantes … c’est un rien plein de joie juvénile ou pour mieux dire, un rien avant toute naissance, avant tout commencement ». L’aube (albus signifie blanc), l’étole, la chasuble… les vêtements blancs portent l’espérance de l’aube pascale, comme le vêtement blanc des nouveaux baptisés qui participent à la vie de Dieu.

Voyant le blanc, les fidèles pensent à la Transfiguration (Mt 17, 2), aux anges présents près du tombeau (Jn 20, 12) ; à leur baptême, quand ils ont revêtu le Christ et sa justice      (Gal 3, 27) ; aux ressuscités vêtus de blanc qui ont lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau (Ap 7, 9…14). Voyant le blanc, l’assemblée s’imprègne de la renaissance du baptême et de la victoire définitive.

Le cierge pascal

Le cierge est porteur du mystère du samedi saint. En tête de la procession de la Veillée, il ressemblait à la colonne de feu (Exode 13). Il a conduit les fidèles jusqu’à l’intérieur de l’église où, comme dans une terre promise, les sacrements du salut leur ont été donnés. « Christ est lumière » : pendant ces sept semaines, les fidèles se souviennent d’avoir reçu la lumière de la flamme du cierge pascal ; ils entendent Jésus dire « je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12) « venu pour éclairer tout homme » (Jn 1, 9). Et ils pensent au Christ qui les « a fait passer des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2, 9), et qui les a choisis pour être «la lumière du monde » (Mt 5, 14). Le cierge de Pâques parle du Christ lumière chaque fois qu’il est question de passer de la mort à la vie : le baptême, les funérailles.

L’aspersion d’eau

Au Temps pascal particulièrement, l’aspersion peut constituer la préparation pénitentielle (PGMR 51) « en mémoire du baptême » c’est à dire en mémoire du passage de la mort à la vie. Substance si nécessaire à la vie, l’eau matricielle parle de la nécessité de « naître de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 5), de la miséricorde qui lave (Ps 50, 4), du bain d’amour – dans la mort et la résurrection – dans lequel Dieu plonge ses enfants lorsque son Fils meurt et ressuscite pour eux.

Alléluia !

Chaque dimanche, l’acclamation rend actuel tout ce qui a été vécu dans la sainte nuit : « voici l’époux… il règne le Seigneur… il a vaincu ».