Assemblées occasionnelles, haltes pour reprendre vie

3 juin 2017 : Assemblée lors de la confirmation d'adultes du diocèse de Pontoise en la cathédrale Saint-Maclou. Pontoise (95), France.

3 juin 2017 : Assemblée lors de la confirmation d’adultes du diocèse de Pontoise en la cathédrale Saint-Maclou. Pontoise (95), France.

Par Laurent Tournier, prêtre eudiste

Des assemblées peuvent paraître occasionnelles lors d’une étape familiale marquée par une célébration religieuse, ou du fait du calendrier des fêtes chrétiennes. Mais une assemblée n’est jamais un conglomérat de personnes. C’est toujours l’espace de la rencontre de celle du Christ qui attend chacun, prêt à continuer la route en pèlerin avec celui qui est venu vivre de cette étape.

D’aucun vive les assemblées comme des convocations : « il faut y aller, on n’a pas le choix ». Aller où ? : à un mariage, à des obsèques, à la messe de la Toussaint pour penser aux morts, à celle de Noël parce que « en général c’est bien » … Mais quel est ce ressort qui n’est donc pas cassé ?

Du rendez-vous de l’agenda à la rencontre

Ce mouvement vers ces assemblées n’est pas inconscient ou pour avoir bonne conscience « parce que ça se fait ». Ce mouvement vers l’assemblée est toujours pour quelqu’un : pour les mariés ou leur famille, pour les gens en deuils, pour les défunts, pour faire plaisir aux enfants. C’est déjà beaucoup de le reconnaître : on ne va pas seul à une assemblée, on y va pour retrouver d’autres, pour être avec d’autres vivants ou morts, présents ou absents. Parfois certains y vont même à la place de « ceux qui n’ont pas pu venir ». Tout cela marque un sens diffus de l’Église, de la communion dans la foi.

À la communauté ecclésiale qui prépare ces assemblées d’offrir un passage à vivre dans la célébration. Si des personnes viennent à une assemblée « pour quelqu’un », ce peut être pour Dieu qui est aussi une personne, qui est en attente de cette venue. Passer de venir à une assemblée à vivre une célébration, c’est évoluer de venir à un rendez-vous vers vivre une rencontre.

 

Faire étape pour se remettre en route

Cette assemblée d’occasion peut devenir un tremplin. Il est tout à fait possible de venir poussé par un prétexte et de repartir provoqué par la rencontre du Christ. Ce contact peut se faire à travers une parole entendue, une musique, un chant, un geste, une lumière, un silence écho de ce qui se vit. Celui qui est assis à côté pourra ne rien percevoir ce qui me touche. Il sera peut-être rejoint à un autre moment de la célébration ou autrement.

L’assemblée devient un lieu de vie. Il y a des codes, des étrangetés rituelles. Mais subitement, par leur mise en œuvre, ils deviennent signes pour une personne. C’est la relation personnelle avec le Christ qui est renouée ou renforcée, ravivée. Portée par l’ensemble, vécue par chacun, c’est une expérience personnelle qui se déploie. Ainsi, elle est tout près de chacun cette parole, ce geste, ce signe, cette présence de Dieu (cf. Dt 30,14), dans chaque cœur.

Repartir

Ainsi les assemblées occasionnelles peuvent être ces lieux de la célébration qui permet ces passages vers la rencontre pour renouer une relation personnelle avec le Christ. Celui ou celle qui est entré par devoir peut découvrir que sa place l’attendait, qu’il ne tient qu’à lui de la prendre. Avec tous, il expérimente qu’une célébration est ce temps pour prendre la main que le Christ tend à chacun. Ensuite il est possible de repartir dans la vie main dans la main avec lui. Et il nous ramènera à une autre assemblée pour vivre la joie d’un nouveau départ toujours offert.

Extrait du dossier Chant et musique dans les assemblées occasionnelles