Catéchèse du pape sur l’eucharistie : les fruits de la messe

6 août 2015 : Adoration du Saint sacrement lors du festival "Welcome to Paradise", organisé par la communauté du Chemin Neuf, qui a rassemblé 2000 jeunes du monde entier à l'abbaye d'Hautecombe, Eglise de l'abbaye d'Hautecombe, Saint-Pierre-de-Curtille (73), France. August 6, 2015: "Welcome to Paradise festival", 2000 young adults came from around the world to Hautecombe abbey (73), France.

6 août 2015 : Adoration du Saint sacrement lors du festival « Welcome to Paradise », organisé par la communauté du Chemin Neuf, qui a rassemblé 2000 jeunes du monde entier à l’abbaye d’Hautecombe, Eglise de l’abbaye d’Hautecombe, Saint-Pierre-de-Curtille (73), France.

Par le pape François, Audience générale du 15 novembre 2017

 

Ce propos du pape François est le deuxième du cycle de catéchèses données par le pape François sur la messe et l’eucharistie.
Chers frères et soeurs, bonjour, et bonne fête de Pâques !

Vous voyez aujourd’hui des fleurs. Des fleurs qui évoquent la joie, l’allégresse. En certains endroits, Pâques est aussi appelé « Pâques fleuries », car le Christ ressuscité fleurit : il est une fleur nouvelle ; notre justification fleurit, la sainteté de l’Église fleurit. Voilà pourquoi il y a toutes ces fleurs. Elles sont le signe de notre joie. Nous fêtons Pâques durant toute la semaine, toute la semaine. Et nous pouvons nous le souhaiter une fois encore : allez, disons tous ensemble « Joyeuses Pâques ! ». Je voudrais également que nous souhaitions une joyeuse Pâque à celui qui a été évêque de Rome : notre bien-aimé pape Benoît XVI, qui nous regarde à la télévision. Souhaitons tous une joyeuse Pâque au pape Benoît XVI.

Et applaudissons-le. Nous achevons par cette catéchèse notre cycle consacré à la messe. La messe qui est justement la commémoration – mais pas uniquement un acte mémoriel, puisque nous les
revivons –, de la passion et de la résurrection du Seigneur. Nous étions arrivés la semaine dernière à la communion et à la prière qui suit : après cette prière, la messe se termine par la bénédiction donnée par le prêtre et par l’envoi des fidèles (1). De même que la messe avait débuté par un signe de croix, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est encore au nom de la Sainte Trinité que s’achève la messe, c’est-à-dire l’action liturgique. Cependant, nous savons bien qu’à la fin de la messe, commence le temps du témoignage.

Les chrétiens ne vont pas à la messe comme un devoir hebdomadaire, pour passer ensuite à autre chose ! Les chrétiens vont à la messe pour participer à la passion et à la résurrection du Seigneur, et pour vivre ensuite toujours plus en chrétiens : c’est le temps du témoignage qui commence. Nous sortons de la messe pour « aller dans la paix du Christ » apporter la bénédiction de Dieu dans nos activités quotidiennes, dans nos maisons, sur nos lieux de travail, dans les occupations de notre vie terrestre, en « glorifiant le Seigneur par notre vie ». Mais si nous sortons de la messe en faisant des commérages et en disant « regarde-le celui-là, regarde-la celle-là… », avec la langue bien pendue, c’est que la messe n’a pas pénétré notre coeur. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas capables de vivre en témoins du Christ. À chaque fois que je sors de la messe, je dois en sortir meilleur que je n’y suis entré, avec davantage de vie, de force, de volonté de vivre en témoin du Christ.

Par l’Eucharistie, le Seigneur Jésus entre en nous, en notre coeur, en notre chair, afin que nous puissions « exprimer dans notre vie le sacrement reçu dans la foi » (2).

Nous passons donc de la célébration à la vie, conscients que la messe se réalise dans nos choix concrets si nous nous laissons impliquer en personne dans les mystères du Christ.

Nous ne devons pas oublier que nous célébrons l’Eucharistie afin d’apprendre à devenir des hommes et des femmes eucharistiques. Qu’est que cela signifie ? Cela signifie laisser agir le Christ dans nos actions : que ses pensées soient nos pensées, ses sentiments nos sentiments, ses choix nos choix. Voilà ce qu’est la sainteté : la sainteté chrétienne, c’est agir comme le Christ a agi. Saint Paul le dit précisément, en parlant de s’assimiler à Jésus : « avec le Christ, je suis crucifié. Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2, 19-20). Voilà ce qu’est être témoin du Christ. L’expérience de saint Paul nous éclaire nous aussi : tout l’espace que nous créons en nous en luttant contre notre égoïsme, c’est-à-dire en faisant mourir en nous ce qui nous oppose à l’Évangile et à l’amour de Dieu, est un espace pour que s’exerce la puissance de son esprit. Les chrétiens sont des hommes et des femmes qui se laissent agrandir l’âme par la force de l’Esprit-Saint, après avoir reçu le corps et le sang du Christ. Laissez votre âme s’agrandir ! N’ayez pas l’âme étroite, fermée, petite, égoïste ! Mais une âme large, une âme grande, une âme qui voit grand… Laissez-vous agrandir l’âme par la force de l’Esprit après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur.

Parce que la présence réelle du Christ dans le pain consacré ne s’arrête pas à la fin de la messe (3), l’Eucharistie est conservée dans le tabernacle pour la communion des malades et pour l’adoration silencieuse du Seigneur dans le Saint-Sacrement ; le culte eucharistique en dehors de la messe, que ce soit de façon privée ou communautaire, nous aide en effet à demeurer dans le Christ (4).

Les fruits de la messe sont par ailleurs destinés à mûrir dans la vie de chaque jour. En forçant le trait, nous pourrions dire que la messe est comme un grain, un grain de blé qui doit ensuite grandir dans la vie ordinaire, grandir dans les bonnes oeuvres, les attitudes qui nous font ressembler à Jésus. Les fruits de la messe sont donc destinés à grandir dans la vie de chaque jour. En vérité, en renforçant notre union au Christ, l’Eucharistie renouvelle la grâce que l’Esprit nous a donnée lors de notre baptême et de notre confirmation, afin de rendre crédible notre témoignage de chrétiens (5). En allumant dans nos coeurs la flamme de la charité divine, que fait encore l’Eucharistie ? Elle nous sépare du péché : « Plus nous participons à la vie du Christ et plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui par le péché mortel » (6).

Nous asseoir régulièrement au banquet eucharistique renouvelle, fortifie et approfondit le lien avec la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons, selon le principe que l’Eucharistie fait l’Église (7), qu’elle nous unit tous.

Enfin, participer à l’Eucharistie nous engage également vis-à-vis des autres, en particulier des pauvres, en nous apprenant à passer de la chair du Christ à celle de nos frères, en lesquels le Christ attend d’être reconnu, servi, honoré, aimé (8).

En portant ce trésor d’être unis au Christ dans des vases d’argile (cf. 2 Co 4, 7), nous avons besoin de retourner continuellement au pied de l’autel, jusqu’au jour où nous goûterons pleinement, au paradis, à la béatitude du banquet des noces de l’agneau (cf. Ap 19, 9).

Remercions le Seigneur pour le chemin de redécouverte de la messe qu’il nous a permis d’accomplir ensemble, et laissons-nous attirer, avec une foi renouvelée, vers cette rencontre bien réelle avec Jésus, mort et ressuscité pour nous, qui vit avec nous. Et que notre vie soit toujours plus « fleurie », comme Pâques, par les fleurs de l’espérance, de la foi, de la charité. Que nous en trouvions toujours la force dans l’Eucharistie, dans l’union avec le Christ. Bonne fête de Pâques à tous !

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