Comment composer une prière universelle ?

21 mai 2011: Lecture, messe de profession de foi, paroisse Notre Dame d'Espérance, Paris (75), France. May 21, 2011: Profession of faith mass, parish Notre Dame d'Espérance, Paris (75), France.Par Didier Rimaud

Avant de se réunir en équipe liturgique ou de se mettre à sa table pour composer une prière universelle, il peut être bon de se remettre devant ce que l’Église nous demande.

La Constitution sur la sainte Liturgie (n°53) désigne cette prière par “prière commune” ou “prière des fidèles”, parce qu’elle est la prière de toute la communauté chrétienne rassemblée dans la célébration de la liturgie. Le texte conciliaire (voir citation p. Xx) en donne aussi la finalité : « afin qu’avec la participation du peuple, on fasse des supplications pour la sainte Eglise, pour ceux qui détiennent l’autorité publique, pour ceux qui sont accablés par diverses nécessités, et pour tous les hommes et le salut du monde entier. »

Il y a des actions liturgiques autres que la messe, dans lesquelles la “prière commune” est prévue par les rituels : baptême, confirmation, mariage, obsèques. Il est clair que la prière prévue pour une messe dominicale ne conviendrait pas en ces occasions-là. Chaque fois, elle doit être préparée avec soin en fonction du caractère de la célébration.

« Le peuple, exerçant sa fonction sacerdotale, supplie pour tous les hommes »[1]

Il convient de réaliser que la prière universelle se différencie d’autres moments de prière dans la célébration liturgique : la préparation pénitentielle est une prière pour les pécheurs ici rassemblés qui se préparent à entrer dans l’Eucharistie ; les intercessions à l’intérieur de la prière eucharistique sont des prières pour le corps du Christ et son unité sans cesse recherchée par l’Eucharistie ; les invocations du chant de la fraction (Agneau de Dieu) sont les prières de ceux qui vont recevoir le pain rompu. La prière universelle est le moment où chacun, dans l’assemblée liturgique, se décentre de lui-même, où l’assemblée liturgique toujours particulière se situe dans l’Église universelle et dans le monde. Par la prière universelle, chaque assemblée fait entrer dans sa prière tous ceux qui ne sont pas là. Comme la PGMR, la Présentation générale du Lectionnaire romain le dit à sa manière : « L’assemblée des fidèles prie normalement pour les besoins de toute l’Église et de la communauté locale, pour le salut du monde, pour tous ceux qui sont accablés par toutes sortes d’épreuves, pour certains groupes de personnes »[2]. Quand on a rédigé la prière universelle pour une célébration, on doit toujours se poser la question : ce qui est préparé est-il vraiment universel ?

« L’assemblée des fidèles prie à la lumière de la parole de Dieu »[3]

La prière universelle fait partie de la liturgie de la Parole. Même si elle n’est pas absolument bâtie à partir des lectures du jour, elle ne doit pas apparaître comme un bloc à part, étranger à ce qui a précédé, mais au contraire « répondre en quelque sorte » à la parole de Dieu. On ne peut rédiger l’ensemble des intentions sans tenir compte de l’Evangile qui sera proclamé, ni sans savoir sur quels points particuliers des lectures portera l’homélie. Il est donc normal que l’on fasse attention au contenu des lectures, qu’un contact soit pris avec le prêtre chargé de l’homélie. On pourrait trouver avantageux que le refrain de la prière universelle s’inspire du psaume responsorial : bien des versets sont des demandes d’exaucement. Il m’est plusieurs fois arrivé, – exercice périlleux, mais bénéfique ! – ayant la responsabilité d’une prière universelle, soit de la composer pendant l’homélie que j’écoutais, soit de modifier ce qu’une équipe liturgique avait prévu, en fonction de certaines paroles marquantes de l’homélie.

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[1] Présentation générale du Missel romain, PGMR n°45

[2] Présentation générale du Lectionnaire romain, PGLR n°30

[3] PGLR, n°30

[4] PGLR, n°30