Franchir la porte : Qu’est-ce que cela veut dire ?

29 novembre 2015 : Voyage apostolique du pape François en Afrique. Le pape François ouvre la porte sainte de la cathédrale de Bangui, dans un geste solennel pour la paix en Centrafrique et quelques jours avant l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde. Bangui, République Centrafricaine. DIFFUSION PRESSE UNIQUEMENT EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. November 29, 2015: Pope Francis opens the Holy Door at the Cathedral of Bangui, Central African Republic.

29 novembre 2015 : Voyage apostolique du pape François en Afrique. Le pape François ouvre la porte sainte de la cathédrale de Bangui, dans un geste solennel pour la paix en Centrafrique et quelques jours avant l’ouverture du Jubilé de la Miséricorde. Bangui, République Centrafricaine.

Par le Père Pietro Biaggi, Directeur adjoint du SNCC

 

Nous franchissons un certain nombre de portes dans notre vie quotidienne : porte de l’appartement ou de la maison pour entrer chez nous ; porte de notre chambre pour être tranquille ; porte de l’école, du club de foot, portes de la ville (par exemple, la porte de La Chapelle à Paris). Franchir la Porte Sainte n’est pas franchir une porte ordinaire : cela peut changer le sens et la valeur de chaque porte traversée par notre vie.

La Porte qui s’ouvre en ce nouveau Jubilée est le signe d’une porte qui nous a été grand ouverte par le Christ et qui est toujours ouverte pour nous, car Il est en définitive le cœur ouvert du Père : “Moi, je suis la porte des brebis” (Jn 10, 7). Grâce à Lui et à travers Lui nous pouvons voir le visage du Père. Seul Christ est l’accès à Dieu car c’est Lui “la porte du Seigneur : qu’ils entrent, les justes!” (Ps 117, 20). C’est pourquoi le franchissement de la Porte est une vraie profession de foi : cela signifie confesser comme Pierre que Jésus est “le Christ, le Fils du Dieu vivant !” (Mt 16, 16).

“Frappez, on vous ouvrira !” (Mt 7, 7). Non, à présent il n’est plus nécessaire de frapper car l’amour miséricordieux de Dieu s’est désormais ouvert à nos bras, à nos pas, à notre cœur.

A notre baptême (ou quand nous serons baptisés) nous avons franchi la porte de l’église. Nous sommes devenus membres de l’Église. Nous appartenons à la famille des chrétiens. Avec les autres baptisés, le Christ nous fait passer de la mort à la vie avec Dieu ; avec le Christ, nous quittons la tentation et le péché pour accueillir en nous le pardon, porte pour entrer dans la vie divine. Quand nous franchissons la porte sainte, nous nous rappelons notre baptême.

Et pourtant, pas même une porte ouverte ne suffit si nos pas ne la franchissent pas : l’Année Sainte et le passage de la Porte Sainte sont ainsi le signe de l’appel à notre liberté, à une décision concrète de laisser derrière nous tout ce qui alourdit notre chemin de rencontre avec le Christ. La grâce et la liberté ne s’opposent pas, car c’est précisément la Grâce qui réveille notre liberté et lui donne la possibilité de faire ses pas.

Franchir la Porte Sainte ne signifie pas seulement entrer dans une cathédrale ou une église comme si on entrait dans des édifices sacrés : nous-aussi, en Christ, sommes “comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ » (1 P 2, 5). La rencontre avec le Christ, visage miséricordieux du Père, nous ouvre l’accès à l’Église, son Épouse, rassemblée par le don de son Esprit.

Après avoir traversé la Porte qu’est le Christ, comment regarderons-nous les autres portes de notre vie ? Avec quel esprit et quel cœur nouveau les traverserons-nous ? Aurons-nous aussi le courage de franchir des portes restées jusque-là inaccessibles ?