La première célébration de réconciliation des enfants

23 mai 2015 : Nell FRANCOIS se confessant pour la première fois lors de la préparation pour la sacrement de sa première communion. Paroisse polonaise Notre Dame de l'Assomption. Paris (75), France. 23 May 2015: First Communion of Wiktoria and Nell FRANCOIS at the Polish parish Our Lady of the Assumption. Paris, France.

23 mai 2015 : Nell FRANCOIS se confessant pour la première fois lors de la préparation pour la sacrement de sa première communion. Paroisse polonaise Notre Dame de l’Assomption. Paris (75).

Par Louis Groslambert, Prêtre, responsable de la pastorale et de la musique liturgique du diocèse de Belfort-Montbéliard

L’initiation des enfants au sacrement de réconciliation est rendue délicate parce que bien des familles ne le célèbrent jamais. Il revient aux éducateurs de se rendre attentifs à la manière de mettre les éléments du sacrement à la portée des enfants en tenant compte de leur éveil spirituel et du développement de leur conscience morale.

Le cadre de l’initiation chrétienne

En principe, la première confession précède de quelque temps la première communion,et fait donc partie d’un itinéraire catéchuménal dont le baptême, la confirmation et l’eucharistie forment l’ossature.

La relation au baptême

Lors de la préparation des enfants au sacrement de pénitence et de réconciliation et lors de la célébration, il est donc indispensable de rappeler le baptême, et il est aussi souhaitable de demander aux futurs pénitents de participer à la célébration de la troisième étape du baptême des enfants en âge de scolarité et au baptême des petits enfants, puisqu’à ces moments toute l’assemblée vit la démarche pénitentielle.

La relation à la célébration eucharistique

La célébration eucharistique prépare et rappelle le sacrement de pénitence par la préparation pénitentielle, l’annonce du don de l’amour par la Parole et la signation de ceux qui ne communient pas. En même temps qu’ils aident à comprendre le lien entre les deux sacrements, les éducateurs prévoient qu’ils soient séparés par un délai raisonnable. En effet, le sacrement de réconciliation a trop de valeur pour être réduit à un préalable à la première communion ; l’attitude de pénitence demande du temps.

Un accompagnement ajusté

Tout sacrement est annonce sensible de la foi, relation avec Dieu. Cela exclut qu’il soit réduit à être un instrument d’éducation morale. C’est pourquoi, un enfant peut célébrer le pardon de Dieu même s’il n’arrive pas à dire ou ne se rappelle pas ses manques . Notons aussi que les enfants en âge de scolarité qui accèdent au baptême n’ont pas à vivre le sacrement de pénitence et de réconciliation avant la première communion. Cependant, du fait qu’ils cheminent avec leurs camarades qui se préparent à la première confession, ils sont initiés à la pénitence dans la vie chrétienne. Cela les aidera à vivre la conversion et à célébrer les scrutins .

Les formes

Sont proposées soit la réconciliation individuelle soit la célébration communautaire avec confession et absolution individuelles, laissant aux éducateurs de la foi la responsabilité de définir la forme la plus adaptée à l’âge des enfants et à leur évolution spirituelle.

Il convient de ne pas oublier les célébrations non sacramentelles prévues dans le Rituelà envisager même si le prêtre est présent, car elles ont une valeur pédagogique certaine. Elles manifestent le caractère communautaire de la

pénitence (la solidarité dans le péché et dans le désir de mieux répondre à l’Esprit Saint) et aussi le caractère progressif de la conversion.

Quand célébrer ce sacrement ?

Comme on l’a vu, la première célébration sacramentelle du pardon peut être une étape avant la première communion. Elle peut aussi être proposée pour elle-même, en soulignant ses liens avec le baptême et l’eucharistie. Le choix du Carême peut s’avérer judicieux car le sacrement de pénitence ravive la grâce du baptême et prépare à Pâques.

Comment célébrer ce sacrement ?

La préparation

La participation à des célébrations non sacramentelles sans aveu ni absolution constitue une bonne préparation, car elles ont une valeur pédagogique. Les enfants peuvent y voir des adultes se tenir devant Dieu comme des enfants.

En ce qui concerne la célébration individuelle, rien ne vaut le témoignage d’un adulte pour dédramatiser. Sur la forme, on évitera la liste de péchés, qui donnerait une image moralisante de la réconciliation. Un aide-mémoire est possible mais il ne dispensera pas de l’aveu. Il est essentiel que le pécheur parle à son Dieu. Faire de l’examen de conscience un examen de confiance. On veillera à ce que chaque enfant se sente libre vis-à-vis des adultes et des enfants de son groupe. Dans la mesure du possible, laisser le choix du confesseur.

La célébration du sacrement de pénitence

Un temps d’accueil permet de donner confiance à l’enfant : « quel est ton prénom ? Est-ce la première fois que tu viens recevoir le pardon ? Je vais t’aider ».

Se mettre à l’écoute de la Parole qui montre que l’histoire du peuple de Dieu est jalonnée de fautes et de pardons.

Prêtre et enfant font ensemble, une courte confession de foi. Puis, le petit pénitent fait une confession des péchés. Il est important qu’il se sente écouté et compris, aimé et encouragé. L’enfant est invité à accueillir le pardon de Dieu ; le prêtre prononce alors les paroles de l’absolution.

Si un enfant ne se sent pas prêt à reconnaître des péchés dans sa vie, il peut lui être proposé d’exprimer ce qu’il désire mieux vivre à l’avenir et prier avec lui pour qu’il grandisse dans l’amour.

La célébration non sacramentelle de la pénitence

Divers signes peuvent être proposés. On peut s’inspirer de l’itinéraire proposé dans le Rituel du baptême des petits enfants :

  • Dans un lieu aménagé et décoré, avec le cierge allumé, on proclame la Parole de Dieu ;
  • Après une procession jusqu’à la croix, les fidèles reconnaissent l’amour de Dieu et leur péché, sans l’exprimer devant les autres, sans écrire sur des papiers ;
  • Puis ils vont au baptistère, se lavent les mains, les yeux, les lèvres avec l’eau baptismale avant de prendre une lumière et rejoindre l’autel pour l’action de grâce.

Au terme de cette démarche de réconciliation, il serait bon d’encourager les parents à accueillir à la maison la joie de leurs enfants. De son côté, après cette première célébration de la réconciliation, l’éducateur leur fera découvrir que la lutte contre le mal est quotidienne, et qu’ils seront appelés à renouveler cet acte de confiance.

1. CNPL, CNER, Célébrer la réconciliation avec des enfants, Paris, Chalet-Tardy, 1999, p. 24 et p. 120. 2. Rituel du baptême des enfants en âge de scolarité, n° 55. 3. CNPL, CNER, Célébrer la réconciliation avec des enfants, p. 24-25. 4. Célébrer la pénitence et la réconciliation, Rituel, Paris, Chalet-Tardy, 1978, n° 51 et 52.

Bibliographie :

Célébrer la pénitence et la réconciliation, Rituel, Paris, Chalet-Tardy, 1991 CNPL, CNER, Célébrer la réconciliation avec des enfants, Paris, Chalet-Tardy, 1999. Catherine Pic, Dominique Lebrun, La première confession, Paris, Le Senevé, 1993