Le dernier adieu

Bénédiction du cercueilLa liturgie de la Parole et le temps de la louange, conclus par le Notre Père, viennent de s’achever. Nous étions tournés vers le Seigneur pour oser le louer et reprendre humblement les mots qu’il nous a donnés, quand « nous ne savons pas prier comme il faut ».

Sans se détourner de Dieu, les cœurs et les yeux reviennent vers le corps du défunt. La liturgie du dernier adieu vient parachever la prière pour confier celui qui n’est plus à « celui qui est, qui était et qui vient ». Le dernier adieu n’est plus l’absoute. L’assemblée ne prie pas pour demander le pardon des péchés, elle prie dans la confiance absolue : elle remet la vie du défunt dans les mains de l’auteur de la vie pour qu’il l’accueille dans sa tendresse.

Ce rite veut exprimer le dernier adieu par lequel la communauté chrétienne salue un de ses membres avant que le corps ne soit emporté ou inhumé. Bien que la mort comporte toujours une séparation, les chrétiens, comme membres du Christ, ne peuvent être séparés, car ils ne font qu’un en lui.

La célébration des obsèques, Rituel des funérailles 1, n. 99

Invitatoire

L’invitatoire introduit le dernier rite. Devant le corps, l’assemblée est invitée à faire silence. Elle sait venue l’heure, plus grave encore, de la séparation définitive et la mise à distance de ce corps qui est encore tout proche. Le silence se fait d’abord prière mais aussi pensée qui se souvient des jours et des événements partagés avec le défunt.

Recueillons-nous en pensant à tout ce que nous avons vécu avec N., à ce qu’il est pour nous, à ce qu’il est pour Dieu.

La célébration des obsèques, Rituel des funérailles 1, n. 105

Chant du dernier adieu

C’est par le chant que l’assemblée exprime sa confiance absolue que celui qu’elle pleure est sauvé. Ils sont peu nombreux les chants qu’on peut prendre à cet instant constituant le sommet de la liturgie de l’adieu. C’est un « chant rituel », un peu comme le Gloria dans la liturgie eucharistique des dimanches et fêtes[1]. L’essentiel est que l’assemblée participe à ce rite et connaisse bien le chant choisi avec la famille.

Mais parfois les conditions ne sont pas réunies pour que la liturgie se déploie dans le chant. Pour favoriser la participation de tous, le rituel propose des invocations qui appellent la réponse de tous. Encore faut-il que l’assemblée dispose du texte de cette prière dialoguée.

Encensement

Maintenant l’officiant va encenser le corps du défunt. La monition qui précède le rite en exprime le sens. C’est à la fois un signe de respect pour ce corps présent au milieu de nous et le symbole de la prière qui s’élève devant le Seigneur. Mais la monition proposée dans le livre « Dans l’espérance chrétienne » ajoute une originalité à souligner :

En signe de respect pour votre corps

(qui fut le temple de l’Esprit Saint)

Voici cet encens.

Qu’il monte devant Dieu avec notre prière.

Dans l’espérance chrétienne, Célébrations pour les défunts, n. 244

Rappeler que ce corps fut un « tabernacle », le temple de l’Esprit, fait mieux le lien avec le baptême, singulièrement l’onction d’huile sainte, le Saint Chrême, qui imprégna ce jour-là et pour toujours la vie du baptisé. L’encens rappelle alors, comme le Saint Chrême, que le baptisé est appelé à être la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 15).

 Aspersion

Le lien entre la liturgie du dernier adieu et les rites du baptême se visualisent de nouveau avec l’aspersion. La monition qui accompagne le rite le dit explicitement. La liturgie du dernier adieu achève en quelque sorte le baptême :

Nous croyons et nous espérons

que tous nous ressusciterons.

En signe de cette foi

Je bénis le corps de N.

baptisé au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit.

Dans l’espérance chrétienne, Célébrations pour les défunts, n. 243

L’oraison

Une dernière prière conclut la liturgie des funérailles. Elle exprime une dernière fois l’espérance que le défunt est entré dans la vie éternelle :

Maintenant qu’Il a quitté ce monde qui passe,

conduis-le dans ton paradis,

où il n’y a plus ni deuil, ni larmes, ni douleur,

mais la joie et la paix…

Dans l’espérance chrétienne, Célébrations pour les défunts, n. 246

[1] NB : intégrer ici la liste des chants qu’on peut considérer comme adapté à ce temps liturgique particulier ?

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