La liturgie de la Parole au cours des funérailles

28 janvier 2011: Signe de croix sur le lectionnaire avant la lecture de l'Evangile, égl. Saint François d'Assise, Paris (75), France. January 2011: Mass, Paris (75), France.

La liturgie d’accueil vient de s’achever. Nous nous sommes tournés vers le Seigneur pour lui demander pardon pour le défunt et pour nous-mêmes et l’officiant s’est adressé au Seigneur pour « rassembler la prière dans ces quelques mots tissés de Parole et d’espérance qui font transition avec la liturgie de la Parole ».

Maintenant, après avoir parlé à Dieu, l’avoir supplié, vient le temps de l’écouter. Tous s’assoient et quelqu’un s’approche de l’ambon : c’est la table surélevée d’où la Parole du Seigneur descend :

« La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée… ainsi ma parole qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plait, sans avoir accompli sa mission. »

Is 55, 10-11

  • Première lecture

Puisée dans le premier testament ou les lettres des premières communautés chrétiennes, la première lecture nous met d’emblée à l’écoute d’un message d’espérance. La foi en la résurrection émerge peu à peu dans l’expérience du peuple juif : elle sort de l’ombre du Shéol, ces « enfers » où croyait-on anciennement séjournaient les défunts. Elle affleure dans les derniers textes de l’ancien testament. Elle éclate au matin de Pâques : les premiers croyants en témoignent avec force, les premières communautés chrétiennes naissent de cette annonce et en vivent. Elle résonne jusqu’à l’aujourd’hui de nos deuils pour toucher les cœurs sous la dure carapace qui enferme les personnes endeuillées :

Tel est le plus ancien cri de la foi, le « kérygme », transmis par l’apôtre Paul :

« Jésus, nous les croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. »

1Th 4, 14

  • Psaume

La foi, même forte et assurée, ne peut pas calfeutrer la souffrance, éviter les questions ou cadenasser les doutes. L’assemblée reprend alors la parole, mais c’est encore la Parole du Seigneur qu’elle emprunte. Dans le psaume, c’est l’expérience du peuple qui crie ses doutes, ses angoisses ou sa révolte. Dieu nous donne les mots qu’on n’oserait dire s’ils ne venaient de lui :

L’angoisse grandit dans mon cœur :

Tire-moi de la détresse

Vois ma misère et ma peine (Ps 24, 17-18a)

Mais ils chantent aussi, ces psaumes, la confiance et même la joie :

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,

Ma chair elle-même repose en confiance :

Tu ne peux m’abandonner à la mort

Ni laisser ton ami voir la corruption (Ps 15, 9-10)

Ces paroles que nous reprenons aux jours d’épreuve ne sont-elles pas les mots même du Fils, s’adressant à son Père, à l’heure où s’approche sa propre épreuve par laquelle il sauve l’humanité de tout mal pour lui donner la vie ?

 

  • Évangile

Eclate alors l’alléluia ou le chant qui acclame le Christ, Parole de Dieu faite chair. Nous nous mettons debout pour proclamer et entendre l’Évangile. Le récit ou la parole de Jésus vient relier l’expérience humaine au passage de Jésus sur cette terre. Il est la Parole qui donne sens à toutes les Écritures. La liturgie de la Parole culmine en cet instant où nous acclamons la Parole reçue. Comment fonder autrement l’espérance chrétienne qu’en revenant sans cesse en ce temps-là où Jésus a croisé nos chemins. L’assemblée se sent bien proche de Thomas, le compagnon qui doute et veut des preuves que tout cela est bien vrai, pas un rêve :

« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? Jésus lui répond : « Moi je suis le chemin, la vérité et la vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Jn 14, 5-6

  • L’homélie ou le commentaire

Vient maintenant le temps de labourer les cœurs et de semer la Parole pour qu’elle prenne racine. Elle est descendue du ciel, mais elle peut ici rester en suspens si elle ne s’enfouit profondément dans le terreau des cœurs. Voilà la fonction de l’homélie du ministre ordonné ou du commentaire de l’officiant laïc : actualiser la Parole, en chercher la sève nourricière, en souligner le cœur du message adressé par le Seigneur à tous ceux qui sont dans la peine. Ce message est une bonne nouvelle d’abord pour le défunt puisqu’il dit l’espérance du salut pour lui. Ce message est aussi réconfort pour les proches qui s’entendent dire : votre défunt est vivant puisque le Christ est mort et ressuscité. Ce message est enfin chemin de foi pour tous ceux qui l’entendent. Pour peu que celui qui parle au nom du Seigneur –l’homélie est un acte liturgique !- est d’abord été lui-même auditeur de la Parole, dans la prière, pour oser la commenter aux autres.

  • La prière de l’assemblée

L’assemblée alors répond à la parole, reprenant la parole pour porter devant le Seigneur sa prière. Elle est supplication pour le défunt, pour ses proches et ses amis. Elle s’élargit peu à peu aux autres : la prière n’est plus centrée seulement sur celui qui est parti ou sur ceux qui sont dans la peine. Elle porte le regard vers d’autres souffrances, d’autres attentes. La prière de l’assemblée, c’est la voix de ceux qui sont sans voix, les mots adressés à Dieu pour dire les maux des hommes. Mais elle est aussi imprégnée de confiance : Dieu est un Père plein d’amour et de tendresse qui « prête l’oreille » de ses enfants.

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La liturgie de la Parole

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