Alleluia

Acclamation hébraïque qui joint à l’impératif de la deuxième personne du pluriel du verbe hâlal (« louer ») le diminutif de Yahvé : hallelou-Yah ; elle signifie donc littéralement : « louez Yah » « louez Yahvé ». On la trouve vingt-trois fois dans les Psaumes, et uniquement en eux, dans la Bible hébraïque ; elle encadre les Psaumes 105, 112, 134, 145-150, auxquels elle sert d’inclusion. Noter qu’elle semble se multiplier, à mesure que l’on arrive à la fin du Psautier, au moment où la prière inspirée d’Israël se résout progressivement dans la jubilation pure. La liturgie juive, comme la liturgie chrétienne, qui utilisent largement, l’une comme l’autre, le livre des Psaumes, ne pouvaient manquer d’adopter l’ Alleluia pour en faire un des refrains les plus simples, soit au début et à la fin des Psaumes, soit comme refrain au cœur de la psalmodie (voir Antienne). L’Église latine en a fait le refrain très orné du Psaume que l’on chante avant l’évangile : dans le Chant grégorien, la mélodie développe longuement la dernière syllabe qui est, comme il vient d’être dit, le diminutif du Nom même de Yahvé ; cette complaisance musicale, sorte de plus-être dans l’ordre de l’expression, porte le nom de jubilus (voir une raison pratique au mot Prose). Cri de jubilation de l’Église, l’Alleluia donne le ton de toute la liturgie ; dans le temps pascal surtout, il revient constamment ; en signe de pénitence, on l’omet durant le Carême.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous
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