Dominus vobiscum

Le Dominus vobiscum — « Le Seigneur soit avec vous » — est la formule la plus usuelle par laquelle l’évêque, le prêtre ou le diacre saluent les fidèles au cours des actes liturgiques. Elle apparaît au début des deux plus anciens formulaires que nous ayons de la Prière eucharistique : la Tradition apostolique d’Hippolyte de Rome et l’anaphore syrienne orientale d’Addaï et Mari (l’une et l’autre du début du IIIe siècle) ; Théodore de Mopsueste en parle dans ses Homélies catéchétiques, à la fin du IVe siècle ; il cite aussi la réponse des fidèles : Et cum spiritu tuo, « Et avec votre esprit ».

Selon lui, l’esprit dont il est ici question (avec un petit é) représente la grâce de l’Esprit Saint reçue par le ministre au jour de son ordination.

Le Dominus vobiscum est le plus beau souhait que l’on puisse faire à des chrétiens : Que Dieu fasse en vous sa demeure, qu’il vous accompagne, qu’il vous anime ! La formule a une origine scriptu-raire : « Je serai avec toi ! », telle est l’assurance fondamentale que Yahvé donne à Moïse, au moment où il l’investit de la mission de faire sortir d’Egypte les Hébreux (Ex 3, 12 ; cf. 18, 19) ; tout le Peuple d’Israël hérite de cette garantie (Dt 20, 1).

Ceux qui, dans le Peuple de Dieu, reçoivent une mission spéciale au service de ce Peuple se voient affermis par cette même promesse : « Le Seigneur sera avec toi » ; ainsi Josué, les juges, David et les rois fidèles, les prophètes, jusqu’à la Vierge Marie que l’ange Gabriel salue par un « Le Seigneur soit avec toi » (Lc 1, 28), repris en écho dans chacun de nos « Je vous salue Marie ». Le nom d’Emmanuel, qui est un des noms du Messie (Is 7, 14 et Mt 1, 23), ne signifie-t-il pas littéralement « Dieu avec nous » ?

Au terme de l’Apocalypse, Dieu lui-même définit ce qu’est pour lui la Jérusalem nouvelle : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son Peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu » (21,3). On voit toute la densité d’un Dominus vobiscum, dans ces perspectives. Le geste du prêtre, qui ouvre largement les bras et les mains, signifie et opère le don de la présence divine, exprimé dans la formule de salutation ; une communion, dont Dieu est le principe, s’instaure ainsi dans l’assemblée. La réponse des fidèles n’est pas moins suggestive, car elle est un acte de foi dans la capacité du ministre : la grâce de son ordination — son « esprit » — l’habilite à mettre en communication avec Dieu.

Ce simple dialogue est révélateur de ce qu’est la liturgie : Dieu se donne par l’intermédiaire de ses ministres et à ce don répond la foi du Peuple.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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