Catéchèse du pape : Le Notre Père, « prière des enfants de Dieu »

29 juillet 2014 : Messe pour les pèlerins à l'occasion du Pèlerinage pour la Paix organisé par Pax Chrisiti. Ardevon (50), France. July 29, 2014: A pilgrim recites our father in Ardevon Church during the Peace pilgrimage to Mont-Saint-Michel to mark the 70th anniversary of the Normandy landings and the liberation of France. Ardevon, France.

29 juillet 2014 : Messe pour les pèlerins à l’occasion du Pèlerinage pour la Paix organisé par Pax Chrisiti. Ardevon (50), France.

Par le pape François, Audience générale du 14 mars 2018

 

Ce propos du pape François s’inscrit dans un cycle de catéchèses données par le pape François sur la messe et l’eucharistie.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons nos catéchèses sur la Sainte messe. Lors de la dernière Cène, Jésus prit le pain et la coupe, il rendit grâce à Dieu, et nous savons qu’ensuite il « rompit le pain ».

À cette action correspond, dans la liturgie eucharistique de la messe, la fraction du pain. Elle est précédée de la prière que le Seigneur nous a enseignée, le « Notre Père ».

C’est ainsi que nous entamons les rites de la communion, prolongeant la louange et la supplique de la prière eucharistique par la récitation commune du « Notre Père ». Ce n’est pas une prière chrétienne parmi tant d’autres. C’est la prière des enfants de Dieu : c’est la grande prière que nous a enseignée Jésus. En effet, le « Notre Père », prière qui nous a été remise le jour de notre baptême, fait résonner en nous les mêmes sentiments qu’a ressentis Jésus-Christ. Quand nous prions le « Notre Père », nous prions comme priait Jésus. C’est la prière de Jésus, et il nous l’a enseignée à la demande des disciples : « Maître, apprends-nous à prier comme tu pries ». Et c’est comme cela que Jésus priait. C’est si beau de prier comme Jésus ! Éclairés par son divin enseignement, osons nous tourner vers Dieu en l’appelant

« Père », parce que nous avons connu une nouvelle naissance comme enfants de Dieu, à travers l’eau et le Saint- Esprit (cf. Ep 1, 5). Personne, en vérité, ne peut l’appeler de façon familière Abba – « Père » sans avoir été engendré par Dieu, sans l’inspiration de l’Esprit, comme l’enseigne saint Paul (cf. Rm 8, 15). Nous devons bien nous dire que personne ne peut l’appeler « Père » sans l’inspiration de l’Esprit. Les gens disent si souvent « Notre Père » sans savoir ce qu’ils disent. Parce que oui, il est le Père, mais comprenez-vous bien que lorsque vous dites Père, c’est lui le Père, votre Père, le Père de l’humanité, le Père de Jésus-Christ ? Avez-vous un lien avec ce Père ? Quand nous prions le « Notre Père », nous nous relions au Père qui nous aime, mais c’est l’Esprit Saint qui nous donne ce lien, ce sentiment d’être enfants de Dieu.

Quelle meilleure prière que celle enseignée par Jésus pour nous préparer à la communion sacramentelle avec lui ? En dehors de la messe, on prie également le « Notre Père » le matin et le soir, aux laudes et aux vêpres ; ainsi, notre attitude filiale envers Dieu et fraternelle envers notre prochain contribue à donner une dimension chrétienne à nos journées.

Dans la prière du Seigneur – le « Notre Père » – nous demandons notre « pain quotidien », dans lequel nous pouvons voir une référence au Pain eucharistique dont nous avons besoin pour vivre en tant qu’enfants de Dieu. Nous implorons également le « pardon de nos offenses », et pour être dignes de recevoir le pardon de Dieu, nous nous engageons à pardonner à ceux qui nous ont offensés. Et ce n’est pas facile. Pardonner aux personnes qui nous ont offensés n’est pas facile ; c’est une grâce que nous devons demander : « Seigneur, apprends-moi à pardonner comme tu m’as pardonné ». C’est une grâce. Nous ne pouvons le faire avec nos seules forces : pardonner est une grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, alors que notre cœur s’ouvre à Dieu, le « Notre Père » nous dispose également à l’amour fraternel. Enfin, nous demandons à Dieu de nous « délivrer du mal » qui nous sépare de lui et qui nous sépare de nos frères. Il faut bien comprendre que ces demandes sont faites pour nous préparer à la sainte communion (1).

En effet, tout ce que nous demandons dans le « Notre Père » se prolonge dans la prière du prêtre qui, en notre nom à tous, adresse cette supplication : « Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps ». Puis tout cela est en quelque sorte « scellé » dans le rite de la paix : d’abord on invoque Dieu pour que le don de sa paix (cf. Jn 14, 27) – si différente de la paix dans notre monde – fasse grandir l’Église dans l’unité et dans la paix, selon sa volonté ; puis, par ce geste concret échangé entre nous, nous exprimons notre « communion dans l’Église ainsi que (notre) amour mutuel avant de communier au sacrement » (2). Dans le rite romain, l’échange du geste de paix, qui existe depuis l’Antiquité avant la communion, est relié à la communion eucharistique. Selon la mise en garde de saint Paul, il n’est pas possible de communier au pain unique qui fait de nous un seul corps dans le Christ, sans être en paix avec ses frères (cf. 1 Cor 10, 16-17 ; 11, 29). La paix du Christ ne peut prendre racine dans un cœur incapable de vivre la fraternité et de la rétablir après l’avoir blessée. C’est le Seigneur qui donne la paix : il nous donne la grâce de pardonner à ceux qui nous ont offensés.

Le geste de paix est suivi de la fraction du pain, qui depuis les temps apostoliques, a donné son nom à l’entière célébration de l’Eucharistie (3). Accomplie par Jésus durant la dernière Cène, la fraction du pain est le geste révélateur qui a permis aux disciples de le reconnaître après sa résurrection. Souvenons-nous des disciples d’Emmaüs, qui, parlant de leur rencontre avec le Ressuscité, racontent « comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain » (cf. Lc 24, 30-31.35).

La fraction du pain eucharistique est accompagnée par l’invocation de « l’Agneau de Dieu », image par laquelle saint Jean-Baptiste a désigné Jésus comme « celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). L’image biblique de l’agneau parle de la rédemption (cf. Ex 12, 1-14 ; Is 53, 7 ; 1 P 1, 19 ; Ap 7, 14). Dans le pain eucharistique, rompu pour la vie du monde, l’assemblée en prière reconnaît le véritable agneau de Dieu, le Christ rédempteur, et le supplie : « Prends pitié de nous… donne-nous la paix ».

« Prends pitié de nous » et « donne-nous la paix » sont des invocations qui, de la prière du « Notre Père » à la fraction du pain, nous aident à préparer notre âme à participer au banquet eucharistique, source de communion avec Dieu et avec nos frères.

N’oublions pas cette grande prière : celle que Jésus nous a enseignée, la prière qu’il utilisait pour prier son Père. Prière qui nous prépare à la communion.

 

(*) Traduction française de Violaine Ricour-Dumas pour La DC. Titre de La DC. (1) cf. Présentation Générale du Missel Romain (PGMR), n. 81.

(2) cf. PGMR, n. 82.

(3) cf. PGMR, n. 83 ; Catéchisme de l’Église catholique (CEC), n

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