COVID-19 : Célébrer la Semaine Sainte 2020 à domicile

30 mars 2018 : Fidèle embrassant le crucifix lors de la célébration du chemin de croix, en l'église Saint Joseph du Pilier Rouge à Brest (29), France.

30 mars 2018 : Fidèle embrassant le crucifix lors de la célébration du chemin de croix, en l’église Saint Joseph du Pilier Rouge à Brest (29), France.

La croix du Christ domine toute la Semaine Sainte. Celle-ci se déroule du dimanche des Rameaux et de la Passion à celui de la Résurrection. Passion et Résurrection sont les deux facettes d’un unique mystère de mort et de vie, de l’unique Mystère pascal du Christ.

Cette année, l’épidémie de Covid-19 nous oblige à vivre autrement ces jours saints et l’évolution des conditions sanitaires nous contraindra le plus souvent de les vivre sous une forme réduite à une liturgie domestique. L’absence de rassemblement sera d’autant plus vive que la Semaine sainte est l’occasion de suivre le Christ en communauté ecclésiale.

En effet, nous pouvons choisir malgré tout de célébrer à la maison tout l’itinéraire tracé par les différents jours de la Semaine sainte. Il nous fera suivre le Christ depuis son entrée messianique à Jérusalem jusqu’au jour de sa Résurrection. Par là, il nous mettra en communion spirituelle avec tous ceux et toutes celles qui la vivront aussi, sans pouvoir se rassembler.

Des propositions de célébrations liturgiques – pour les laïcs et pour les prêtres qui devront célébrer seul – sont mises en ligne sur cette page progressivement dans les jours qui viennent, il vous suffira de cliquer sur le jour choisi pour obtenir un déroulement complet de célébration. Les textes liturgiques et les lectures, dont on a indiqué seulement les références, sont ceux du jour et sont disponibles sur www.aelf.org, dans votre missel du dimanche ou dans votre revue habituelle.

Remarques pratiques pour bien vivre cet itinéraire

  • Adapter cet itinéraire en fonction des propositions de votre diocèse et aussi de vos possibilités.
  • Des retransmissions TV des célébrations de la Semaine sainte seront proposées (celle du pape François en direct sur la chaîne Vatican Média Live, celle de votre diocèse ou de votre paroisse ou encore sur KTO ou Le jour du Seigneur. On peut tout à fait célébrer familialement à partir des propositions ci-dessus et vivre une retransmission avant ou après !
  • Choisir un lieu, un espace de la maison qui peut devenir le lieu habituel de la prière durant la semaine. Il n’a pas besoin d’être immense, mais dédié à cela. Il pourra recevoir une croix ou un crucifix, une image ou une icône de la Passion (que vous pourrez trouver notamment sur le site Narthex.fr), une bible, des bougies…
  • Manifester la présence de la végétation dans ces célébrations en disposant harmonieusement dans un beau vase quelques branches bourgeonnantes et sèches ; fleurs et feuilles prélevées par exemple sur votre balcon ou dans votre jardin. Le cas échéant, une plante verte exprimera fort bien cette présence. Si aucune de ces pistes n’est envisageable, il est tout à fait possible de placer une belle photo de jardin ou de fleurs que vous trouverez facilement sur internet.
  • Des chants et des pièces musicales sont également proposées. On peut les retrouver sur internet. Il est aussi possible de les remplacer par des choix personnels.
  • Se donner des horaires pour se retrouver, seul ou en famille, afin de vivre la célébration domestique.
  • Préparer les célébrations en se répartissant les lectures (disponibles sur aelf.org, votre missel ou votre revue habituelle) et les gestes. Cependant, il est opportun qu’une seule et même personne assure la présidence de la prière.
  • Couper les téléphones pour n’être là que pour Dieu seul !

Belles célébrations vers Pâques !

Dimanche des Rameaux et de la Passion, le 5 avril 2020

La célébration peut débuter à la porte de la maison ou de l’appartement, si c’est possible. On se dirigera ensuite vers le lieu de la prière.

On se munit d’une croix ou d’un crucifix qui peut être confié à un des participants.

Ouverture liturgique

La célébration commence par un court temps de silence pour se mettre en présence du Seigneur. Puis on fait le signe de la croix.

Le signe de la Croix

En communion avec les autres chrétiens qui entrent en Semaine Sainte, on peut alors dire l’invitation suivante :

« Pendant quarante jours,
nous avons préparé nos cœurs par la prière, la pénitence et le partage ;
et nous voici rassemblés au début de la semaine sainte,
pour commencer avec toute l’Église la célébration du Mystère pascal.

Aujourd’hui, le Christ entre à Jérusalem, la Ville sainte,
où il va mourir et ressusciter.

Mettons toute notre foi à rappeler maintenant le souvenir
de cette entrée triomphale de notre Sauveur ;
suivons-le dans sa passion jusqu’à la croix
pour avoir part à sa résurrection et à sa vie. »

On se dirige ensuite vers le lieu préparé pour la prière.

La croix y est déposée et mise en valeur.

On peut chanter une acclamation :

Chant d’acclamation

  • Hosanna AL 179 ; AELF / J. Akepsimas / Studio SM / CAN n°441

Hosanna, hosanna, hosanna au plus haut des cieux (bis)

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

Hosanna, hosanna, hosanna au plus haut des cieux (bis)

Il est le Messie, il est le Fils de David

Hosanna, hosanna, hosanna au plus haut des cieux (bis)

ou

  • Gloire à toi Sauveur des hommes H 27 ; Missel / Gélineau et J. Julien / Mame

Gloire à toi, Sauveur des hommes,
Notre chef et notre Roi !
Gloire à toi pour ton Royaume :
Qu’il advienne ! Hosanna !

Écouter la Parole

L’entrée messianique de Jésus à Jérusalem signe l’étape ultime de son chemin pascal. Désormais, il convient de faire les derniers préparatifs de la Pâque, qui accomplissent ceux réalisés tout au long de sa mission en Galilée. Parce que durant la semaine sainte le baptisé suit les pas de son Seigneur, il découvre qu’il se prépare chaque jour à suivre le Christ vers sa Pâque.

Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : ‘Le Seigneur en a besoin’. Et aussitôt on les laissera partir. » Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

On peut également lire l’Évangile de la Passion (Mt 26, 14 – 27, 66).

Faire action de grâce

Nous pouvons ensuite rendre grâce au Père par la prière suivante qui introduira au Notre Père :

C’est pour te rendre grâce, Dieu Notre Père,
Que nous élevons notre cœur et le tournons vers toi.
En ce jour où nous faisons mémoire

De l’entrée de ton Fils à Jérusalem,
Nous te bénissons d’être la source de notre salut.

Alors qu’il était innocent,
il a voulu souffrir pour les coupables,
et, sans avoir commis le mal,
il s’est laissé condamner pour les criminels ;
sa mort a effacé nos fautes
et sa résurrection a fait de nous des justes.

C’est pourquoi nous voulons te prier avec confiance :

Notre Père…

Prière Finale

Dieu éternel et tout-puissant,
pour donner au genre humain
un exemple d’humilité,
tu as voulu que notre Sauveur prenne chair
et qu’il subisse la croix :
accorde-nous, dans ta bonté,
d’accueillir le témoignage de sa force dans la souffrance
et d’avoir part à sa résurrection.

Amen.

On peut chanter le chant suivant ou un autre adapté aux participants :

  • Ô croix dressée sur le monde H 30 ; J. Servel / air breton et C. Geoffray / Mame couplets 1 et 2

1 – Ô croix dressée sur le monde
Ô croix de Jésus-Christ (bis)
Fleuve dont l’eau féconde
Du cœur ouvert a jailli
Par Toi la Vie surabonde
Ô  croix de Jésus-Christ

2 – Ô croix sublime folie
Ô croix de Jésus-Christ (bis)
Dieu rend par toi la vie
Et nous rachète à grand prix
L’amour de Dieu est folie
Ô  croix de Jésus-Christ

ou

  • Fais paraître ton jour HY 53 / D. Rimaud / J. Berthier / Fleurus

1 – Par la croix du Fils de Dieu,
Signe levé qui rassemble les nations,
Par le corps de Jésus Christ dans nos prisons,
Innocent et torturé,
Sur les terres désolées, terres d´exil,
Sans printemps, sans amandier.

Fais paraître ton jour, et le temps de ta grâce,
Fais paraître ton jour : que l’Homme soit sauvé !

2 – Par la croix du Bien-Aimé,
Fleuve de paix où s´abreuve toute vie,
Par le corps de Jésus Christ, hurlant nos peurs
Dans la nuit des hôpitaux,
Sur le monde que tu fis, pour qu´il soit beau,
Et nous parle de ton nom.

3 – Par la croix du Serviteur,
Porche royal où s´avancent les pécheurs,
Par le corps de Jésus Christ, nu, outragé,
Sous le rire des bourreaux,
Sur les foules sans berger et sans espoir
Qui ne vont qu´à perdre cœur .

4 – Par la croix de l´Homme-Dieu, arbre béni
Où s´abritent les oiseaux,
Par le corps de Jésus Christ
Recrucifié dans nos guerres sans pardon,
Sur les peuples de la nuit et du brouillard
Que la haine a décimés.

Ouverture liturgique

Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit !

Amen !

Introduction

La passion des Jésus est unique. C’est celle du Fils de Dieu qui s’est abaissé jusque-là. C’est la mise à mort de l’Auteur de la Vie. C’est le comble du péché et le salut des pécheurs.

Mais, en même temps, la passion de Jésus est celle de tout homme, de toute femme qui souffre injustement, obscurément. « Ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

La croix ne dit pas l’absence du Père, mais en révèle son infinie présence à notre monde dans le souffle de l’Esprit de force et de réconfort.

En méditant le chemin de croix, nous contemplons le Père, qui livre son Fils dans l’Esprit de leur amour.

En priant le récit de la passion, nous nous unissons au Fils qui se remet dans les mains de son Père.

En suivant le Christ dans sa passion, nous nous tenons, avec toute l’Église, en attente de la plénitude de la manifestation de sa Résurrection.

Dans la confiance, suivons le Christ qui nous invite à passer avec lui, de la mort à la vie !

Hymne : « Mystère du Calvaire »                                                                                 (Rozier/Rimaud)

Mystère du Calvaire,
Scandale de la Croix :
Le Maître de la terre,
Esclave sur ce bois !
Victime dérisoire,
Toi seul es le Sauveur,
Toi seul, le roi de gloire,
Au rang des malfaiteurs.

 

Tu sais combien les hommes
Ignorent ce qu’ils font.
Tu n’as jugé personne,
Tu donnes ton pardon ;
Partout des pauvres pleurent,
Partout on fait souffrir ;
Pitié pour ceux qui meurent
Et ceux qui font mourir.
Afin que vienne l’Heure
Promise à toute chair,
Seigneur, ta Croix demeure
Dressée sur l’univers ;
Sommet de notre terre
Où meurt la mort vaincue,
Où Dieu se montre Père
En nous donnant Jésus.

Oraison :

(Par celui qui préside la prière)

« Dieu notre Père, nous savons que tu aimes sans mesure,
toi qui n’as pas refusé ton propre Fils
mais qui l’as livré pour sauver tous les hommes ;

Aujourd’hui encore, montre-nous ton amour :
nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers sa mort ;
soutiens-nous comme tu l’as soutenu,
et sanctifie-nous dans le mystère de sa Pâque.
Lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit,
maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

On s’assoit.

Station 1 : Jésus est condamné à mort

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Luc (22, 66-71)

« Lorsqu’il fit jour, les anciens du peuple, chefs des prêtres et scribes, se réunirent, et ils l’emmenèrent devant leur grand conseil. Ils lui dirent : « Si tu es le Messie, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me cro­­irez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite du Dieu Puissant. » Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « C’est vous qui dites que je le suis. » Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Jésus se tient seul devant le Sanhédrin. Tous ses disciples se sont enfuis. La peur les a vaincus. Ils ont cédé à la lâcheté. Détournant les yeux, ils laissent Jésus affronter, seul, la haine de ses persécuteurs.

Seigneur, nous t’avons abandonné et à cause de cela nous te voyons seul devant tes juges. Mais tu n’es pas seul, tu es accompagné de tous ceux que nous abandonnons sur le bord des chemins de nos vies. Cet homme, cette femme que nous avons rejetée ; c’est en elle, en lui que nous t’avons abandonné. Seigneur, où es-tu ?

Oraison :

(Par celui qui préside la prière)

Jésus, Christ et Seigneur,
victime innocente,
accueille-nous comme tes compagnons sur la route pascale
qui conduit de la mort à la vie.

Enseigne-nous à vivre le temps présent
en aimant comme tu aimes.

À toi, le juste Juge,
reviennent l’honneur et la gloire pour les siècles sans fin.

Amen.

Station 2 : Jésus est chargé de sa croix

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Jean (19, 17-19)

« Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu-dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha. Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix, avec cette inscription : “Jésus le Nazaréen, roi des Juifs”. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Le Christ s’approche de sa croix, le corps meurtri, le visage ensanglanté. Il suscite la stupeur et l’effroi. Qui est cet homme ? Est-ce là le Fils de Dieu ?

Maintenant, ton visage ressemble à tous les visages défigurés par la violence, à tous les visages devant lesquels nous nous détournons : cet ivrogne, ce malade mental, ce drogué, ce sans-papier qui se dresse devant nous et révèle notre peur de l’autre. Est-ce que nous sommes pires que d’autres ? »

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur,
ami des hommes,
tu es venu sur terre et tu as revêtu notre chair,
afin d’être solidaire de tout homme.

Regarde notre faiblesse
et donne-nous de ne jamais désespérer de ta miséricorde,
toi qui cherches sans te lasser
ceux qui se détournent de toi.

À toi, Jésus humilié,
la louange et la gloire pour les siècles.

Amen.

Station 3 : Jésus tombe pour la première fois

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Matthieu (26, 39)

« Jésus s’écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Jésus tombe sous la croix et personne ne se penche pour l’aider à se relever. Lui qui a redressé la femme courbée reste écrasé sous le poids de la croix, lui qui a relevé le paralytique reste à terre sans une main secourable : « il en a sauvé d’autres » qu’il se relève lui-même !

Tu t’arrêtes sur le chemin, la charge est trop lourde, comme la nôtre aujourd’hui. Comment continuer quand tout semble inutile ? Quand l’épreuve semble nous écraser et nous laisse désemparés, comment croire qu’il y a un bout au chemin ? Seigneur, avec toi je suis tombé sous le poids de la vie, et dans le silence, je crie vers toi.

Oraison :

Ô Christ,
nous confions à ta miséricorde
nos doutes, nos élans généreux et nos lâchetés,
nos avancées vers toi
et nos difficultés à te suivre.

À toi, Jésus, écrasé sous le poids de nos fautes,
notre louange et notre amour pour les siècles.

           

Amen.

Station 4 : Jésus rencontre sa mère

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

 

Évangile selon Saint Luc (2, 34-35)

« Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. – Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d’un grand nombre. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

La prophétie de Syméon atteint sa plénitude. Marie rencontre son fils sur le chemin de la Croix et l’humiliation de Jésus devient celle de sa mère. Marie avance vers le Calvaire de son fils qui devient son propre calvaire. La souffrance qu’elle partage l’atteint dans la profondeur de sa maternité.

Non, Seigneur, pas mon enfant ! Éloigne la maladie, éloigne la mort, éloigne la délinquance, éloigne la violence qui tue, éloigne la misère qui détruit. Non, pas mon enfant, celui que j’ai mis au monde pour la vie. Est-ce qu’il a mourir de mal vivre ? Je suis impuissante à le garder en vie et j’ai mal de son mal.

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur,
Fils bien-aimé du Père,
nous te confions la révolte et l’incompréhension
des parents qui perdent un enfant.
Tu es présent à leur souffrance comme tu l’étais
quand sur le chemin tu rencontras ta mère.

À toi, Jésus, tout honneur et toute gloire pour les siècles.

Amen.

Station 5 : Simon de Cyrène

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Luc (23, 26)

« Pendant qu’ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Simon ne choisit pas de porter la croix ; il en reçoit l’ordre et obéit. C’est le propre des pauvres de ne pas pouvoir choisir, c’est le propre des pauvres d’aider d’autres pauvres. Ceux qui avaient promis de prendre la croix derrière Jésus sont absents. C’est un pauvre passant qui accueille le don de se mettre à la suite du Christ et de partager le poids de sa souffrance. Être à côté de l’autre.

Se tenir à distance, caressant du regard. Se tenir en silence, assis au pied du lit. Se tenir à côté, posant la main sur une épaule. Se tenir tout proche, prenant la main qui tremble. Se tenir tout contre, consolant l’inconsolable. Est-ce cela porter la croix avec l’autre ? Est-ce cela donner la vie quand tout se meurt ?

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur,
sur le chemin du calvaire
tu as rencontré la compassion de Simon.
Viens au secours de tous qui,
à son exemple,
cherchent à soulager la souffrance de leurs semblables.

À toi, Jésus,
la louange et la gloire pour les siècles des siècles.

Amen.

Station 6 : Véronique essuie la sainte face de Jésus

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Jean (14, 8-9)

« Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. »

 

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Véronique essuie le visage de Jésus. Ce geste que seule la tradition rapporte vient de donner un nouvel éclairage à la compassion. Le linge dont elle se sert reste marqué de la sueur et du sang de Jésus ; de même, celui qui pose des actes de charité est peu à peu imprégné de cette charité qui le marque à la ressemblance du Christ. Voilà ce que dit le voile de Véronique.

Comme elle fait mal cette souffrance qui se lit sur le visage de l’autre. Pourquoi tant de haine dans ce regard qui nous transperce ? N’avons-nous pas vu naître le mal ? Pourquoi tant de vide dans ce regard qui plonge dans l’indicible ? N’avons-nous pas su dire les mots qui donnent l’espérance ? Pourquoi tant de reproches dans ce regard qui fuit le nôtre ? N’avons-nous pas su aimer ? Viens à notre aide, Seigneur, à notre secours !

Oraison :

Ô Christ,
tu as accepté le geste d’amour désintéressé d’une femme
pour que toutes les générations en rappelant son nom
se souviennent de ton visage.
Fais que nos actions,
et celles de tous ceux qui viendront après nous,
nous rendent semblables à toi
et laissent dans le monde des reflets de ton amour infini.
À toi, Jésus, Splendeur de la gloire du Père,
louange et gloire pour les siècles.

Amen.

Station 7 : Jésus tombe pour la deuxième fois

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Matthieu (11, 28)

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

 

Lecteur :

Jésus tombe, exténué par l’effort. Il tombe sous le regard méprisant des témoins que le hasard a placés là. Un condamné qui tombe, quoi de plus banal, il n’a que ce qu’il mérite sans doute. Et celui-ci s’est dit le Fils de Dieu, le voilà bien bas, collé à terre. Le Fils de David traine sa gloire éphémère dans la boue des ruelles de Jérusalem.

Comment te rassurer, toi qui sens ta vie s’éloigner. Comment te dire que la beauté brille au fond de ton regard ? Comment te sourire alors que le masque de la mort fige peu à peu ton visage ? Tu es là étendu, dans la froideur du jour et ma vie ne réchauffe plus la tienne. Reste encore, reste encore avec nous ! Que le soleil ne disparaisse pas avec toi.

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur,
toi qui tombes sous le poids des péchés des hommes,
et qui te relèves pour l’effacer,
donne-nous la force de porter nos croix chaque jour
et de nous relever courageusement après nos chutes
pour transmettre aux générations futures
l’Évangile de ta puissance salvifique.

À toi, Jésus, force dans la faiblesse,
la louange et la gloire pour les siècles.

Amen.

Station 8 : Jésus parle aux femmes qui le suivent

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Luc (23, 27-28)

« Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

 

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Les femmes pleurent sur Jésus, mais lui les appelle à un retour sur elles-mêmes : « pleurez sur vous-mêmes, et sur vos enfants ! » Il leur propose de regarder le péché qui les habite, parce qu’il est impossible de rester à la surface du mal. Il faut en chercher les racines et faire la vérité au plus profond de sa conscience. Jésus, portant sa croix, nous invite à faire ce travail de vérité sur nous-mêmes.

Tu t’en vas ? S’il te plaît, ne me laisse pas seul. J’ai peur. Qu’adviendra-t-il quand tu m’auras quitté ? Je n’ai pas la force de te voir partir. Je n’ai pas la force de te laisser aller à ta novelle vie. J’ai honte du mal qui me tenaille, et toi, tu as l’air si paisible, déjà ailleurs, déjà parti. Tu me consoles. Et moi, j’ai mal de ton absence. »

Silence

Station 9 : Jésus tombe pour la troisième fois

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Lecture de la lettre de Paul aux Philippiens (2, 6-8)

« Jésus n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Encore une fois Jésus s’écroule au milieu de la foule hostile qui ne lui ménage pas les sarcasmes. Qui est cet homme silencieux dont le regard n’accuse personne ? Qui est cet homme qui s’abandonne si librement ? Qui est cet homme qui semble perdre toute dignité aux yeux des passants moqueurs. Jésus accomplit son service au milieu des hommes, il accomplit l’œuvre du Père. En prenant la dernière place, il élève tout homme et lui rend sa dignité de fils.

Recalé, refusé, rejeté. Ces mots, toujours ces mots. C’est trop ! Je n’en peux plus. Le guichet est toujours fermé. Le papier toujours périmé. Le dossier écarté ; la demande repoussée. La porte claquée : Dehors ! Mon Dieu, je vais tomber, relève-moi !

Oraison :

Ô Christ,
tu as révélé au monde l’étendue de ton amour ;
fais que les hommes reconnaissent en toi
le serviteur souffrant,
et donne à tous ceux que guette le découragement ou le désespoir
de trouver en toi leur refuge.

À toi, Jésus, force dans la faiblesse,
honneur et gloire pour les siècles.

Amen.

Station 10 : Jésus est dépouillé de ses vêtements

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Jean (19, 23-24)

« Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons au sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats. »

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Jésus est dépouillé de tout. Nudité de la solitude humaine. Nudité du corps exposé. Nudité de l’âme au sommet de la déréliction. Jésus ne se dérobe pas. Son corps exposé porte la marque des accusations, son corps blessé révèle la violence de l’homme sur l’homme. Dans le corps de Jésus c’est le corps de l’homme qui est profané de multiples manières.

Ça n’a pas de sens ! Des cris déchirent les nuits obscures ; Des cris étouffés, des cris angoissés, des cris affolés. Des cris d’hommes que l’on outrage. Des cris de femme que l’on déchire. Des cris d’enfants épouvantés. Quand finira la nuit ? Quand renaîtra le jour ?

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur,
toi qui t’es laissé dépouiller de tes vêtements
pour nous apprendre l’abandon véritable,
donne-nous de rechercher les valeurs essentielles de la vie,
et le souci de défendre la dignité inviolable de tout homme.

À toi, Jésus, splendeur du Père,
honneur et gloire pour les siècles.

Amen.

Station 11 : Jésus est cloué sur la croix

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Luc (23, 33-34)

« Lorsqu’on fut arrivé au lieu-dit : Le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. »

 

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Désormais Jésus ne dispose même plus de son propre corps. Il est cloué sur une croix, signe infamant réservé aux maudits de Dieu et des hommes. Suspendu entre ciel et terre, celui que personne n’a accueilli ouvre les bras pour recevoir tous ceux qui n’ont pas peur de s’approcher. Homme défiguré, Jésus gade les yeux ouverts pour que chacun puisse être saisi par ce regard qui parle encore de l’amour dont il aime.

Détourne les yeux quand tes pas t’éloignent de moi. Ferme les yeux que je ne vois plus ce regard qui m’accuse d’être encore là près de ton lit de malade. Faudra-t-il que je te ferme les yeux de force, pour ne plus voir ton regard qui me supplie quand je te blesse. Tes yeux qui parlent dans le silence, je ne peux plus les supporter. Il faut que je ferme les yeux.

Oraison :

Jésus, Christ et Seigneur, élevé de terre,
touche nos cœurs de compassion
pour tous les hommes qui souffrent.
Donne-nous de te suivre sur le chemin de ta croix
pour y mourir à nous-mêmes afin de vivre avec toi
qui règne avec le Père et l’Esprit Saint,
maintenant et pour les siècles des siècles.

Amen.

Station 12 : Jésus meurt sur la croix

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Luc (23, 44-46)

« Il était déjà presque midi ; l’obscurité se fit dans tout le pays jusqu’à trois heures, car le soleil s’était caché. Le rideau du Temple se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira. »

 

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

Jésus n’a jamais cherché autre chose que d’accomplir la volonté du Père. La parole qu’il prononce maintenant s’adresse au Père, mais aussi aux hommes qui l’entendent. Ils verront bientôt quelle merveille le Père réalise avec celui qui lui remet sa vie. Jésus livrant sa vie entre les mains du Père nous donne l’exemple. Il s’abandonne et la mort est vaincue. Jésus s’abandonne et l’homme égaré retrouve le chemin de l’obéissance filiale.

Il n’y a rien à dire quand la mort frappe. Il n’y a pas de mot pour accompagner cette douleur. Il n’y a plus de geste disponible au répertoire de l’affection Il n’y a plus rein que le silence, la présence qui se tient en réserve, et dehors le chant de l’oiseau candide qui se rit de la mort en psalmodiant la vie.

Oraison :

Serviteur inutile, les yeux clos désormais,
le Fils de l’homme a terminé son œuvre.
La lumière apparue rejoint l’invisible,
la nuit s’étend sur le corps, Jésus meurt.

Maintenant tout repose dans l’unique oblation.
Les mains du Père ont accueilli le souffle.
Le visage incliné s’apaise aux ténèbres,
le coup de lance a scellé la passion.

À toi, Jésus, amour crucifié,
sagesse et puissance de Dieu,
honneur et gloire pour les siècles sans fin.

Amen.

Station 13 : Jésus est descendu de la croix

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Marc (15, 42-43.46)

« Déjà le soir était venu ; or, comme c’était la veille du sabbat, le jour où il faut tout préparer, Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le royaume de Dieu. Il eut le courage d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Joseph acheta donc un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un sépulcre qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. »

Silence.                                                           Pendant le silence, on allume une première bougie

Lecteur :

Les évangiles ne disent rien de la présence de Marie à cet instant. Il y a dans ce silence même de Marie, qui conservait toute chose en son cœur et qui en cet instant nous enseigne à conserver les événements de la Passion de son fils pour les méditer tout au long de nos vies. Au Golgotha comme à Bethléem, Marie reçoit le corps de son enfant entre ses bras et le contemple dans la foi.

Mon enfant, mon petit enfant, pourquoi est-ce mon enfant qu’ils ont pris ? L’enfant parti, l’enfant absent, l’enfant mort, hier encore, il reposait entre mes bras. Comment vivre avec ce poids sur le cœur ? Comment vivre avec ce vide au fond du cœur ? Comment vivre encore ?

Oraison :

Seigneur Dieu
dans ta sagesse,
tu as voulu que près de ton Fils mourant sur la croix
se tienne debout sa mère douloureuse ;
accorde-nous à son exemple,
d’être toujours auprès de nos frères souffrants
pour leur apporter affection et réconfort.
À ton Fils, Jésus notre salut,
tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles.

Amen.

Station 14 : Jésus est mis au tombeau

Refrain

Nous chantons la croix du Seigneur, qui se dresse sur l’univers,
comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu

Évangile selon Saint Jean (19, 40-42)

« Ils prirent le corps de Jésus, et ils l’enveloppèrent d’un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d’ensevelir les morts. Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. »

 

Silence.                                                                                   Pendant ce temps, on allume une bougie

Lecteur :

C’est dans le silence que la Parole est mise au tombeau. C’est dans le silence du soir que les hommes scellent le tombeau ; Après avoir expiré en un long cri, la Parole est enfermée aux entrailles de la terre. Mais cette terre dévolue au repos est un « jardin ». Ainsi au soir tombant, Jésus, plongé dans un profond sommeil, est déposé en terre dans un jardin de genèse. C’est là qu’il nous faut demeurer dans le silence.

Pourquoi, Seigneur, nous réserves-tu cet ultime chemin de croix ? Pourquoi, Seigneur, une telle épreuve ? Nos genoux flageolent, et l’une dans l’autre, nos mains tremblent. Comment avoir la force de gravir ce Golgotha bien réel qui surgit dans notre vie ?

Oraison :

Seigneur,
nous savons que tu aimes sans mesure,
toi qui n’as pas refusé ton propre Fils
mais qui l’as livré pour sauver tous les hommes ;

Aujourd’hui encore, montre-nous ton amour :
nous avons suivi Jésus marchant librement vers sa mort ;
soutiens-nous comme tu l’as soutenu,
et sanctifie-nous dans le mystère de sa Pâque.

 

Amen.

On se met debout

 

Cantique de Zacharie

Antienne :

Quand nous étions encore ennemis de Dieu,
Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils.

Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël,
qui visite et rachète son peuple.

Il a fait surgir la force qui nous sauve
dans la maison de David, son serviteur,

comme il l’avait dit par la bouche des saints,
par ses prophètes, depuis les temps anciens :

salut qui nous arrache à l’ennemi,
à la main de tous nos oppresseurs,

amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte,

serment juré à notre père Abraham
de nous rendre sans crainte,

afin que, délivrés de la main des ennemis, +
nous le servions dans la justice et la sainteté,
en sa présence, tout au long de nos jours.

Et toi, petit enfant,
tu seras appelé prophète du Très-Haut : *
tu marcheras devant, à la face du Seigneur,
et tu prépareras ses chemins

pour donner à son peuple de connaître le salut
par la rémission de ses péchés,

grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu,
quand nous visite l’astre d’en haut,

pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres
et l’ombre de la mort, *
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

Intercession

Celui qui préside introduit :

Adorons le Père, le Fils, et l’Esprit Saint, rendons gloire à Dieu, l’unique :

R/ Gloire et louange à notre Dieu.

Lecteur 1 : Père très saint, nous ne savons pas comment prier, accorde-nous ton Saint Esprit :

  • Qu’il vienne en aide à notre faiblesse

Lecteur 2 : Père tout-puissant, tu as envoyé l’Esprit de ton Fils en nos cœurs pour dire : Abba !

  • Nous qui t’appelons Père, fais-nous tes héritiers dans le Christ.

Lecteur 1 : Jésus, Fils de Dieu, tu as demandé au Père ton Défenseur pour ton Église :

  • Laisse-nous conduire par l’Esprit de vérité.

Lecteur 2 : Jésus, ressuscité d’entre les morts, tu as envoyé l’Esprit consolateur à tes disciples :

  • Qu’il nous rende prêts à témoigner pour toi.

Lecteur 1 : Esprit du Père et du Fils, fais mûrir tes fruits en nos cœurs :

  • Patience et douceur, charité, joie et paix.

Notre Père

Oraison finale

Par celui qui préside

Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde,

ta parole de vérité et ton Esprit de sainteté,

pour révéler aux hommes ton admirable mystère.

c’est ta grâce qui donne à tes fidèles de pouvoir dignement te servir ;

accorde-nous de progresser,

sans que rien nous arrête, vers les biens que tu promets.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Amen !

Salutation finale

par celui qui préside

Bénissons le Seigneur,

Nous rendons grâce à Dieu !

Célébration domestique pour le Jeudi Saint, le 9 avril

Pour vivre de manière adaptée la liturgie du Jeudi Saint, nous vous proposons, dans sa première partie, de vous réunir autour de la table familiale dressée de manière festive et au cours d’un repas. Puis dans sa seconde partie, vous serez invités à rejoindre un autre lieu, par exemple autour de la croix intronisée le jour des Rameaux.

Les personnes seules auront à cœur de préparer une table festive également.

La célébration du Jeudi Saint est orientée par la charité tant dans le lavement des pieds que dans le don de l’eucharistie, rites que nous ne vivrons pas en ce soir, mais dont le sens sera mis en valeur au cours de la soirée.

Première partie

1er temps

Rassemblés autour de la table, debout, après avoir tracé sur soi le signe de la croix, on peut prendre un chant.

Par exemple :

La nuit qu’il fut livré (HP 3 ; P. Dorlay / air breton / J. Gélineau et G. Geoffray / Mame) couplets 1-2

Une fois le chant terminé, chacun prend place et quelqu’un fait la lecture.

Lecture du livre de l’Exode (12, 1-8.11-14)

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. » – Parole du Seigneur.

Après un temps de silence, variable selon les situations, on peut commencer la première partie du repas.

2e temps

Après ce premier temps du repas, on observe un court silence avant de chanter ou lire le psaume 115 :

Psaume (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)

Comment rendrai-je au Seigneur
Tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
J’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
De voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
Moi, dont tu brisas les chaines ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâces,
J’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
Oui, devant tout son peuple.

Certains préféreront prendre un chant qui dise l’action de grâce, par exemple :

C’est toi Seigneur le pain rompu (D 293 ; J.P Lécot ; G.Kirbye / Lethielleux) couplets 1 à 4

C’est toi Seigneur le pain rompu, 
Livré pour notre vie. 
C’est toi, Seigneur, notre unité, 
Jésus ressuscité !

1 – Jésus, la nuit qu’il fut livré, rompit le pain et dit :
Prenez, mangez : voici mon corps, livré pour l’univers.

2 – Jésus, la nuit qu’il fut livré, montra le vin et dit :
Prenez, buvez : voici mon sang, versé pour l’univers.

4 – Je suis le pain qui donne vie : qui croit en moi, vivra ;
Et je le ressusciterai, au jour de mon retour.

5 – L’Esprit de Dieu m’a envoyé pour annoncer la joie,
Pour libérer les prisonniers, pour apporter la paix.

6 – Voici venir les temps nouveaux, la terre des vivants :
Vous deviendrez mes bien-aimés ; je suis « Dieu avec vous ».

Ensuite, on poursuit le repas.

3e temps

De même, après un bref silence, on lit l’Évangile de Jean sur le lavement des pieds.

Lecture de l’Évangile selon st Jean (13, 1-15).

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Après quoi, on chante :

Ubi caritas (AELF / J. Berthier / Taizé / CNA n°448)

Ubi caritas
Et amor
Ubi caritas
Deus ibi est

Ou bien

Où sont amour et charité D511 ; E. Baranger / Ed de l’Emmanuel

Où sont amour et charité,
Dieu lui-même est présent,
Car l´amour est de Dieu,
Car Dieu est amour.

1 – Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu,
Mais c’est Lui qui nous a aimé le premier
Et qui nous a envoyé son Fils
En victime offerte pour nos péchés.

2 – Si Dieu nous a aimé ainsi,
Nous devons nous-aussi nous aimer les uns les autres,
Dieu, personne ne l’a jamais contemplé,
Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous.

3 – En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous :
Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde,
Afin que nous vivions par Lui,
Il nous a donné son Esprit.

4 – Nous avons reconnu l’amour de Dieu pour nous,
Et nous y avons cru ;
Dieu est amour,
Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu.

5 – Il n’y a pas de crainte dans l’amour,
Le parfait amour bannit la crainte ;
Quant à nous, aimons,
Puisque Lui nous a aimés le premier.

6 – Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit
Ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas ;
Voilà le commandement que nous avons reçu de Lui
Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère.

ou tout autre chant sur la charité qui convienne.

On poursuit par la dernière partie du dîner.

À la fin du repas, chacun se lève de table et celui qui préside dit la prière suivante :

Nous avons partagé dans la joie ce repas

qui nous a rappelé le dernier repas de Jésus avec ses disciples.

Que demeure en nous, la foi, l’espérance et la charité ;

que grandisse en nous la plus grande des trois : la charité.

Deuxième Partie

Les plus petits enfants auront peut-être été couchés quand le reste de la famille, ou les parents seulement se réunissent dans le lieu où se tient la croix, pour cette deuxième partie de la soirée.

Les personnes seules feront suivre directement la fin du dîner et le déplacement vers un autre lieu de la maison.

Un chant ouvre ce temps de prière que l’Église recommande comme un moment pour durer dans la prière auprès du Christ, par exemple :

Gloire à l’agneau immolé (ZL (NT) 9 – 9 Communauté Emmanuel)

Refrain :

Gloire à l’Agneau immolé, portant nos péchés,
Gloire à l’Agneau de Dieu.

La veillée s’organisera autour du texte de Méliton de Sardes.

Selon les cas, on pourra :

  • le lire en entier avec des pauses de silence.
  • le lire en entier, en l’entrecoupant de refrains méditatifs.
  • Choisir seulement un extrait ou l’autre.

Le silence et la prière personnelle auront une place importante durant ce temps de prière, que chacun réglera selon ses possibilités.

Lecture de l’Homélie de Méliton de Sardes sur la pâque

L’Agneau sans défaut et sans tache

Bien des choses ont été annoncées par de nombreux prophètes en vue du mystère de Pâques qui est le Christ : à lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

C’est lui qui est venu des cieux sur la terre en faveur de l’homme qui souffre ; il a revêtu cette nature dans le sein de la Vierge et, quand il en est sorti, il était devenu homme ; il a pris sur lui les souffrances de l’homme qui souffre, avec un corps capable de souffrir, et il a détruit les souffrances de la chair ; par l’esprit incapable de mourir, il a tué la mort homicide.

Conduit comme un agneau et immolé comme une brebis, il nous a délivrés de l’idolâtrie du monde comme de la terre d’Égypte ; il nous a libérés de l’esclavage du démon comme de la puissance de Pharaon ; il a marqué nos âmes de son propre Esprit, et de son sang les membres de notre corps.

C’est lui qui a plongé la mort dans la honte et qui a mis le démon dans le deuil, comme Moïse a vaincu Pharaon. C’est lui qui a frappé le péché et a condamné l’injustice à la stérilité, comme Moïse a condamné l’Égypte.

C’est lui qui nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie, de la tyrannie à la royauté éternelle, lui qui a fait de nous un sacerdoce nouveau, un peuple choisi, pour toujours. C’est lui qui est la Pâque de notre salut.

C’est lui qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel il a été tué ; en Isaac il a été lié sur le bois ; en Jacob il a été exilé ; en Joseph il a été vendu; en Moïse il a été exposé à la mort ; dans l’agneau il a été égorgé ; en David il a été en butte aux persécutions ; dans les prophètes il a été méprisé.

C’est lui qui s’est incarné dans une vierge, a été suspendu au bois, enseveli dans la terre, ressuscité d’entre les morts, élevé dans les hauteurs des cieux.

C’est lui, l’agneau muet ; c’est lui, l’agneau égorgé ; c’est lui qui est né de Marie, la brebis sans tache ; c’est lui qui a été pris du troupeau, traîné à la boucherie, immolé sur le soir, mis au tombeau vers la nuit. Sur le bois, ses os n’ont pas été brisés ; dans la terre, il n’a pas connu la corruption ; il est ressuscité d’entre les morts et il a ressuscité humanité gisant au fond du tombeau.

Pour terminer, on prend le Notre Père.

Et éventuellement la prière ci-dessous :

Dieu fidèle,

tu as écouté la prière du Christ,

tu l’as libéré de la détresse.

Ne permets pas que nos cœurs se troublent,

rends-les confiants, mets en eux ta joie ;

et nous attendrons dans le silence et la paix,

le bonheur de voir ton visage.

Célébration domestique pour le Vendredi Saint, le 10 avril

La croix est dépouillée, sans lumière ni ornement.

Ouverture liturgique

On se tient devant la croix en silence. On peut être à genoux.

Celui qui préside à la prière dit :

Seigneur, nous savons que tu aimes sans mesure,
Toi qui n’as pas refusé ton propre Fils,
mais qui l’a envoyé pour sauver tous les hommes ;
Aujourd’hui encore, montre-nous ton amour :
Nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers sa mort ;
Soutiens-nous comme tu l’as soutenu,
et sanctifie-nous dans le mystère de sa Pâque.

Amen.

Écouter la Parole

Le silence qui vient d’ouvrir ce temps de prière préfigure le silence de la croix et, peut-être, celui dans lequel nous nous tenons en cette semaine sainte où nous sommes empêchés de nous rassembler comme à l’ordinaire. Il s’impose le vendredi saint afin de nous faire entrer dans l’attente de la résurrection. La croix et la résurrection forment les deux faces d’une même réalité : la victoire du Christ. Suivons-le jusqu’à la croix pour avoir part avec lui à son mystère pascal.

Première lecture

Lecture de l’Épître de Paul aux Philippiens (Ph 2, 6-11)

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. – Parole du Seigneur.

  • Psaume 30

Ant. « Ô Père, en tes mains, je remets mon esprit. »

ou « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit »

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

 

Je suis la risée de mes adversaires
et même de mes voisins ;
je fais peur à mes amis,
s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

 

On m’ignore comme un mort oublié,
comme une chose qu’on jette.
J’entends les calomnies de la foule :
ils s’accordent pour m’ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main :
délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent.

 

 

Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !

 

Si on le souhaite on peut lire l’Évangile de la Passion selon saint Jean (18,1 – 19, 42)

Prière universelle

Refrain après silence : « Dieu de tendresse, souviens-toi de nous ! »

-1-

Lecteur 1 :          Prions pour la sainte Église de Dieu :

Lecteur 2 :         Que le Père tout-puissant lui donne la paix et l’unité, qu’il la protège dans tout l’univers ; et qu’il nous accorde une vie calme et paisible pour que nous rendions grâce à notre Dieu. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, dans le Christ, tu as révélé ta gloire à tous les peuples ; Protège l’œuvre de ton amour : afin que ton Église répandue par tout l’univers demeure inébranlable dans la foi pour proclamer ton nom. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-2-

Lecteur 1 :         Prions pour notre saint Père le pape François, élevé par Dieu à l’ordre épiscopal

Lecteur 2 :         Qu’il le garde sain et sauf à son Église pour gouverner le peuple de Dieu. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant dont la sagesse organise toutes choses, daigne écouter notre prière : Protège avec amour le pape que tu as choisi, afin que, sous la conduite de ce pasteur, le peuple chrétien que tu gouvernes progresse toujours dans la foi. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-3-

Lecteur 1 :         Prions pour notre évêque NN, pour tous les évêques, les prêtres, les diacres, pour tous ceux qui remplissent des ministères dans l’Église, et pour l’ensemble du peuple des croyants. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant dont l’Esprit sanctifie et gouverne le corps entier de l’Église, exauce les prières que nous t’adressons pour tous les ordres de fidèles qui la composent : Que chacun d’eux, par le don de ta grâce, te serve avec fidélité. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-4-

Lecteur 1 :         Prions pour les catéchumènes :

Lecteur 2 :         Que Dieu notre Seigneur ouvre leur intelligence et leur cœur, et les accueille dans sa miséricorde ; Après avoir reçu le pardon de tous leurs péchés par le bain de la naissance nouvelle, qu’ils soient incorporés à notre Seigneur Jésus Christ. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, toi qui assures toujours la fécondité de ton Église, augmente en nos catéchumènes l’intelligence et la foi: qu’ils renaissent à la source du baptême et prennent place parmi tes enfants d’adoption. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-5-

Lecteur 1 :         Prions pour tous nos frères qui croient en Jésus Christ et s’efforcent de conformer leur vie à la vérité :

Lecteur 2 :         Demandons au Seigneur notre Dieu de les rassembler et de les garder dans l’unité de son Église. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, toi qui rassembles ce qui est dispersé, et qui fais l’unité de ce que tu rassembles, regarde avec amour l’Église de ton Fils: Nous te prions d’unir dans la totalité de la foi et par le lien de la charité tous les hommes qu’un seul baptême a consacrés. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-6-

Lecteur 1 :         Prions pour les Juifs à qui Dieu a parlé en premier :

Lecteur 2 :         Qu’ils progressent dans l’amour de son Nom et la fidélité à son Alliance. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, Conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l’Alliance, comme ton Église t’en supplie. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-7-

Lecteur 1 :         Prions pour ceux qui ne croient pas en Jésus Christ :

Lecteur 2 :         Demandons qu’à la lumière de l’Esprit Saint, ils soient capables eux aussi de s’engager pleinement sur le chemin du salut. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, donne à ceux qui ne croient pas au Christ d’aller sous ton regard avec un cœur sincère, afin de parvenir à la connaissance de la vérité. Et donne-nous de mieux nous aimer les uns les autres et d’ouvrir davantage notre vie à la tienne, pour être dans le monde de meilleurs témoins de ton amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-8-

Lecteur 1 :         Prions pour ceux qui ne connaissent pas Dieu :

Lecteur 2 :         Demandons qu’en obéissant à leur conscience ils parviennent à le reconnaître. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as créé les hommes pour qu’ils te cherchent de tout leur cœur et que leur cœur s’apaise en te trouvant, fais qu’au milieu des difficultés de ce monde tous puissent discerner les signes de ta bonté et rencontrer des témoins de ton amour : qu’ils aient le bonheur de te reconnaître, toi, le seul vrai Dieu et le Père de tous les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-9-

Lecteur 1 :         Prions pour les chefs d’État et tous les responsables des affaires publiques :

Lecteur 2 :         Que le Seigneur notre Dieu dirige leur esprit et leur cœur selon sa volonté pour la paix et la liberté de tous. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, toi qui tiens en ta main le cœur des hommes, et garantis les droits des peuples, viens en aide à ceux qui exercent le pouvoir. Que partout sur la terre s’affermissent avec ta grâce la sécurité et la paix, la prospérité des nations et la liberté religieuse. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

-10-

Lecteur 1 :         Prions Dieu le Père tout-puissant d’avoir pitié des hommes dans l’épreuve :

Lecteur 2 :         Qu’il débarrasse le monde de toute erreur, qu’il chasse les épidémies et repousse la famine, qu’il vide les prisons et délivre les captifs, qu’il protège ceux qui voyagent, qu’il ramène chez eux les exilés, qu’il donne la force aux malades, et accorde le salut aux mourants. (silence)

Celui qui préside : Dieu éternel et tout-puissant, consolation des affligés, force de ceux qui peinent, entends les prières des hommes qui t’appellent, quelles que soient leurs souffrances. Qu’ils aient la joie de trouver dans leurs détresses le secours de ta miséricorde. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Une intention particulière peut être ajoutée :

« Dieu éternel et tout-puissant, force de ceux qui espèrent en toi,

regarde avec compassion ceux qui se trouvent, en ces jours,

dans une situation de désarroi :

nous te prions pour les malades et pour ceux qui les soignent ;

que tes secours, toujours présents, assistent ceux qui ont besoin de toi

et que ta grâce accorde aux les défunts

la vie éternelle que tu veux offrir à tous.

Par Jésus. »

La contemplation de la croix

Pendant un long temps de silence, on peut contempler la croix. On peut se mettre à genoux.

Un refrain peut rythmer ce temps :

Voici le bois de la croix qui a porté le salut du monde !

Ou

Victoire ! Tu règneras ! (H 32 ; D. Julien / mélodie slave / Fleurus) couplets 1, 2, 3

Victoire ! Tu règneras !
Ô croix, tu nous sauveras !

1 – Rayonne sur le monde
Qui cherche la vérité,
Ô Croix, source féconde
D’amour et de liberté.

2 – Redonne la vaillance
Au pauvre et au malheureux ;
C’est toi, notre espérance,
Qui nous mèneras vers Dieu.

3 – Rassemble tous nos frères
A l’ombre de tes grands bras.
Par toi, Dieu notre Père
Au ciel nous accueillera.

  • Conclusion

Notre Père …

Oraison finale :

Que ta bénédiction, Seigneur,

descende en abondance sur ton peuple qui a célébré la mort de ton Fils

dans l’espérance de sa propre résurrection :

accorde-lui pardon et réconfort, augmente sa foi, assure son éternelle rédemption.

Amen.

Samedi Saint, le 11 avril

L’Église invite à se tenir dans la prière confiante, dans l’attente de la résurrection du Seigneur. La liturgie des Heures (disponible sur le site AELF.org) peut permettre de s’unir avec toute l’Église dans une même espérance.

Vigile pascale, le 11 avril

Il sera bon de préparer, dans la pièce où l’on fera la Vigile, un lieu qui accueillera une icône ou une image de la résurrection du Christ.

La veillée comporte les quatre grands moments de la Vigile pascale : la lumière, la Parole de Dieu, la mémoire du baptême, l’action de grâce. Il serait souhaitable de conserver cette structure. Si on le désire, on pourra ajouter, après la profession de foi, une prière universelle spontanée.

Ouverture liturgique

La célébration commence par un court temps de silence pour se mettre en présence du Seigneur. Puis on fait le signe de la croix.

  • La Lumière

En communion avec les autres chrétiens, on dépose une bougie allumée à la fenêtre.

Celui qui préside dit la prière suivante :

Sois béni, Seigneur notre Dieu.
Tu as donné aux hommes la clarté de la vraie lumière
En leur envoyant ton Fils Jésus.
Que cette lumière qui brille à notre fenêtre en cette nuit de Pâques
Fasse de nous des foyers de lumière au cœur du monde.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Amen.

On peut alors prendre un chant, par exemple :

Joyeuse lumière (SYLC1 NC 1 – D Bourgeois/JF Revel/A Gouzes)

Joyeuse Lumière, splendeur éternelle du Père, Saint et bienheureux, Jésus-Christ.

1 – Venant au coucher du soleil, contemplant la lumière du soir,
Nous chantons le Père et le Fils, et le Saint Esprit de Dieu.

2 – Digne es-Tu en tout temps d’être loué, par de saintes voix,
Fils de Dieu qui donnas la vie, et le monde Te glorifie.

3 – Nous te chantons ressuscité, Toi qui surgis des ténèbres du tombeau,
Étoile du matin, qui devances l’aurore, dont l’éclat resplendit jusqu’au monde nouveau.

3 – Reste avec nous, Seigneur, car déjà le jour baisse,
Illumine nos yeux, au soir de cette Pâque, Toi la lumière qui ne connaît pas de couchant.

4 – En célébrant ainsi ta gloire, nous chantons l’Amour du Père,
Dans la Lumière de l’Esprit, sceau brûlant qui vous unit.

5 – Que ma prière vers Toi, Seigneur, s’élève comme l’encens,
Et mes mains devant Toi, comme l’offrande du soir.

Écouter la Parole

La Vigile pascale propose 7 lectures. Elles nous redisent ce que notre baptême, dont nous faisons mémoire en cette nuit, fait de chacun de nous. Il serait souhaitable de lire les 7 textes. Cependant, en fonction de la situation, on en retiendra au moins deux, dont Ex 14, 15 – 15, 1a, avant l’épître et l’Évangile. Après chaque lecture, on pourra chanter le psaume, le lire. Les psaumes peuvent se trouver dans le missel des dimanches, sur aelf.org ou écouter un peu de musique (Cf. les propositions de l’article Quels chants choisir pour célébrer la Semaine Sainte chez soi en temps de confinement ?).

On pourra, si on le souhaite, rajouter une bougie allumée après chaque lecture.

Première lecture (Gn 1, 1- 2,2)

Le récit de la création nous rappelle que la parole de Dieu est au commencement de tout. Sans elle, il n’y a que le néant. Le baptisé est celui qui reçoit la Parole comme une promesse dont témoigne la création, promesse accomplie dans la Résurrection du Christ et qui fait de chaque baptisé une créature nouvelle.

Psaume 103 Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre

Bénis le Seigneur, ô mon âme :
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Tu as donné son assise à la terre :
qu’elle reste inébranlable au cours des temps.
Tu l’as vêtue de l’abîme des mers,
les eaux couvraient même les montagnes.

Dans les ravins tu fais jaillir des sources
et l’eau chemine aux creux des montagnes ;
les oiseaux séjournent près d’elle :
dans le feuillage on entend leurs cris.

De tes demeures tu abreuves les montagnes,
et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres  ;
tu fais pousser les prairies pour les troupeaux,
et les champs pour l’homme qui travaille.

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Béni le Seigneur, ô mon âme !

Ou Ps 32 : Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour

Deuxième lecture (Gn 22, 1-18)

Le sacrifice d’Isaac nous met face à un Dieu qui n’abandonne jamais ceux qui mettent en Lui leur confiance. Le baptisé est l’être d’une espérance fondée sur la foi en la résurrection du Christ. Le baptisé traverse la mort pour vivre de la vie du Ressuscité.

Psaume 15 :

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge

Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

Troisième lecture (Ex 14, 15-15, 1a)

L’exode nous fait revivre la naissance d’un peuple nouveau. En traversant la mer, le peuple est sauvé de l’esclavage. En traversant les eaux du baptême, nous faisons, par le Christ, l’expérience de la libération de nos esclavages mortels.

Cantique de l’Exode 15 :

Chantons pour le Seigneur ! Éclatante est sa gloire 

Je chanterai pour le Seigneur !
Éclatante est sa gloire :
il a jeté dans la mer
cheval et cavalier.

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur :
il est pour moi le salut.
Il est mon Dieu, je le célèbre ;
j’exalte le Dieu de mon père.

Le Seigneur est le guerrier des combats :
son nom est « Le Seigneur ».
Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer.
L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge 

L’abîme les recouvre :
ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux.
Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force,
ta droite, Seigneur, écrase l’ennemi.

Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne, ton héritage,
le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter,
le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains.
Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles.    

Quatrième lecture (Is 54, 5-14)

Isaïe nous fait prendre conscience de l’infinie capacité de Dieu à pardonner. Le chrétien est celui qui, dans un monde de haine et de conflits, témoigne de la miséricorde. Il est un être d’action de grâce pour la guérison et le salut donnés.

Psaume 29 :

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé 

Quand j’ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m’as guéri ;
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.

Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie.

Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi,
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

Cinquième lecture (Is 55, 1-11)

Nous voici face à ce qui caractérise le chrétien : il croit en un Dieu dont la Parole s’est incarnée, en un Dieu qui s’est fait homme au milieu des hommes. Le chrétien est celui que Dieu invite à se rassasier sans cesse de sa Parole, le Christ, Verbe incarné, pour nourrir son espérance et son action.

Cantique d’Isaïe 12 :

Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut !

Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits !
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

Sixième lecture : (Ba 3, 9-15. 32- 4, 4)

Le livre de Baruch nous dit que la loi de Dieu n’est pas une contrainte. Elle est une exigence d’amour, un chemin de vie, de sagesse et de joie ; une loi de vie. Le chrétien est un amoureux qui va à la rencontre de Dieu et de ses frères, sur un chemin donné, et balisé par la Parole.

Psaume 18 B :

Seigneur, tu as les paroles de vie éternelle

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur  ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

Septième lecture (Ez 16-17a. 18-28)

Ezéchiel nous rappelle que Dieu est fidèle à l’Alliance. Le chrétien, malgré le péché, la solitude et les incompréhensions, renonce aux idoles pour aimer Dieu par-dessus tout. Face à la merveille d’un Dieu qui se donne dans son Fils, le chrétien rend grâce.

Psaume 41 :

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m’avancer,
paraître face à Dieu ?

Je conduisais vers la maison de mon Dieu
la multitude en fête,
parmi les cris de joie
et les actions de grâce.

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu’elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu’en ta demeure.

J’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !

Ou bien

Psaume 50 :

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face.
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins :
vers toi, reviendront les égarés.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas.
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé :
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.  

Épître de Paul aux Romains (Ro 6, 3b-11)

Saint Paul met en valeur l’affirmation centrale de la foi chrétienne : « Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui, mort n’a plus aucun pouvoir ». Ainsi, il renvoie au cœur de la foi de l’Église dans laquelle nous sommes baptisés. Il éclaire le sens du baptême à la lumière du mystère pascal et appelle chaque baptisé à une vie baptismale : « Pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ ».

Avant la lecture de l’Évangile, on peut chanter l’acclamation :

Alléluia (Y43-38 D. Rimaud / H. Schütz)

Ou

Ps 117 avec ses Alléluia Alléluia Ps 117, Z117-5, Ed. de l’Emmanuel, CNA 530.

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !
Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre  du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Lecture de l’Évangile selon saint Matthieu (Mat 28, 1-10)

La Résurrection de Jésus bouleverse tout. Elle n’est pas qu’un retour à la vie, mais le commencement d’un monde nouveau. Le baptême nous introduit dans ce monde nouveau dont nous avons à témoigner, et qui donne sens à notre vie, à nos engagements.

À la fin de l’Évangile, on dépose l’icône ou l’image de la Résurrection à l’endroit prévu.

La mémoire du baptême

Après un temps de silence on pourra prier la litanie des Saints, ces baptisés qui nous ont précédés dans la foi dont nous héritons. On peut ajouter quelques noms à la liste des saints, par exemple ceux des patrons de l’Église diocésaine, de l’église paroissiale et des membres de la famille.

Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié.
Ô Christ, prends pitié. Ô christ, prends pitié.
Seigneur, prends pitié. Seigneur, prends pitié.

Sainte Marie, priez pour nous.
Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.
Sainte vierge des vierges, priez pour nous.
Saints Michel, Gabriel et Raphaël, priez pour nous.
Saint Jean-Baptiste, priez pour nous.
Saint Joseph, priez pour nous.

Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous.
Saint André, priez pour nous.
Saint Jean et Saint Jacques, priez pour nous.

Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous.
Saint Étienne, priez pour nous.
Saint Ignace d’Antioche, priez pour nous.

Saint Laurent, priez pour nous.
Sainte Perpétue et Sainte Félicité, priez pour nous.
Sainte Agnès, priez pour nous.

Saint Grégoire, priez pour nous.
Saint Augustin, priez pour nous.
Saint Athanase, priez pour nous.

Saint Basile, priez pour nous.
Saint Martin de Tours, priez pour nous.
Saint Benoît, priez pour nous.

Saint François d’Assise, priez pour nous.
Saint Dominique, priez pour nous.
Saint Thomas d’Aquin, priez pour nous.

Sainte Catherine de Sienne, priez pour nous.
Saint Ignace de Loyola, priez pour nous.
Saint François Xavier, priez pour nous.

Sainte Thérèse d’Avila, priez pour nous.
Saint Jean de la Croix, priez pour nous.
Sainte Rose de Lima, priez pour nous.

Saint Vincent de Paul, priez pour nous.
Saint Jean-Marie Vianney, priez pour nous.
Sainte Bernadette Soubirous, priez pour nous.

Saint Jean Bosco, priez pour nous.
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, priez pour nous.
Saint Louis de France, priez pour nous.

Vous tous, saints et saintes de Dieu, priez pour nous.

Cette foi dont nous avons hérité, nous la proclamons en disant ensemble la profession de foi.

Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant,
créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible,

Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ,
le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu,
lumière, née de la lumière,
vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé,
de même nature que le Père ;
et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes, et pour notre salut,
il descendit du ciel;
Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme.
Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
conformément aux Ecritures, et il monta au ciel;
il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts
et son règne n’aura pas de fin.

Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie;
il procède du Père et du Fils.
Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire;
il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique.
Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.
J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

Amen

L’Action de grâce

Nous pouvons ensuite rendre grâce au Père par la prière suivante qui introduira au Notre Père :

C’est pour te rendre grâce, Dieu Notre Père,
Que nous élevons notre cœur et le tournons vers toi.
En cette nuit où nous faisons mémoire
Du jour où tu commenças la création de notre monde,
Nous te bénissons d’être la source de toute vie.
Alléluia, Alléluia.

C’est aussi en cette nuit que tu as relevé Jésus d’entre les morts.
Il avait pris notre existence et l’avait prise jusqu’à la croix.
Tu ne pouvais laisser ton Fils au tombeau et tu l’as ressuscité.
En lui, tu as fait passer la création au-delà de la mort et nous te rendons grâce.
Alléluia, Alléluia.

Avec Jésus, ton Fils, ressuscité,
Nous te louons et nous te bénissons
Et nous annonçons le jour où tu feras passer notre monde
Dans l’éternelle nouveauté de ton Royaume
Alléluia, Alléluia.

Comme lui-même nous l’a appris et remplis de la joie de la Résurrection,
nous osons te dire :

Notre Père…

Si des enfants sont présents, on pourra conclure le temps de prière par la bénédiction suivante qu’un des parents pourra prononcer et que l’on mettra au pluriel, selon les circonstances.

                        Seigneur Jésus, tu as dit » :
« Laissez venir à moi les enfants,
Car le Royaume des cieux est à eux
Et à ceux qui leur ressemblent ».
Tu as imposé les mains sur les enfants et tu les as bénis.
Béni aussi notre (nos) enfant(s) N…
À son baptême, tu l’as appelé par son nom
Et il est devenu en toi enfant de Dieu.
Envoie ton ange pour l’accompagner et le garder de tout faux pas.
Qu’il trouve toujours dans notre famille l’aide dont il a besoin
Pour devenir adulte et vrai chrétien.
N… que la bénédiction de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit
Descende sur toi et sur nous tous
Et y demeure toujours.

Amen.

On pourra terminer en chantant « Alléluia » ou un chant de louange pascale

NB Si une personne est seule à prier, elle pourra conclure par la bénédiction suivante :

                        Père très saint, tu as ressuscité Jésus d’entre les morts.
Que ta bénédiction me fasse renaître à ta propre vie.
Qu’elle me fasse reconnaître en Jésus mon Seigneur et mon Dieu.
Qu’elle redonne sens à ma vie
Et remplisse mon cœur de ta paix en ces temps troublés,
Qu’elle répande sur moi le souffle de ton Esprit,
Et me fasse témoigner de ton amour pour le monde.
Je te le demande, par Jésus, le Christ, notre Seigneur ».

Amen.

Dimanche de la Résurrection, le 12 avril

Entrer dans la joie de ce jour

En ce jour résurrection et de joie, le texte ci-dessous, soutiendra notre prière, alors que beaucoup sont dans l’inquiétude et connaissent des difficultés.

Aujourd’hui, rien ne nous empêchera de danser,
et la terre va trembler sous nos pieds !
Nous serons les hommes et les femmes de la danse !

Aujourd’hui, rien ne pourra nous empêcher de chanter,
et l’humanité en sera émue.
Nous serons les hommes et les femmes de la joie de vivre !

Aujourd’hui, ni la faim, ni la pauvreté, ni la tristesse,
ni la guerre, ni le coronavirus,
ni l’arrêt du travail, ni le confinement difficile,
ni l’impossibilité de nous réunir…
Aujourd’hui… Pâques !

Rien ne nous empêchera de te louer, Seigneur,
de te chanter, de danser !

Tu es ressuscité, et tu nous fais vivre…, survivre !
Qui mieux que nous peut danser ?
Qui mieux que nous peut rouler le tam-tam ?

Aujourd’hui, Seigneur, sur les cendres de nos vies,
sur les squelettes de nos guerres, de nos souffrances,
sur les aridités de nos sécheresses intérieures…

Nous te chantons, Seigneur,
pour nos frères et sœurs qui ont perdu le chant et la joie,
qui ont perdu le sourire et la danse…
Car tu es ressuscité ! Alléluia !

(d’après Agwaelomu Etombo Mokodi)

Un chant de Pâques ou un alléluia fera écho à cette profession de foi en la résurrection.

Certains préféreront chanter directement le Gloire à Dieu, encadré d’un alléluia festif au début et à la fin.

Par exemple : Le Christ est vivant – Alléluia (I 214 JP Lécot / J Herrera / Zech) couplets 1, 3 et 6

Écouter la Parole

Rien ne nous empêchera de te louer, Seigneur,
rien ne nous empêchera d’écouter ta parole.

Lecture des Actes des Apôtres (Ac 10, 34a.37-43)

L’Apôtre Pierre donne une première catéchèse aux païens de la maison de Corneille. Jésus, qui a vécu en faisant le bien, est mort et ressuscité pour que tout homme qui croit reçoive le pardon de ses péchés. Et nous sommes envoyés pour l’annoncer.

Ou

Lecture d’une lettre de saint Paul

Les deux lectures au choix – Col 3, 1-4 et 1 Co 5, 6b-8 – sont des relectures de l’événement pascal. Désormais, baptisés, nous sommes passés de la mort à la vie. Nous sommes devenus le pain de la Pâques, hommes nouveaux destinés à partager la gloire du Christ.

Aujourd’hui… Pâques !
Tu es ressuscité ! Alléluia !

On aura soin de chanter un alléluia développé avant de proclamer l’Évangile.

Lecture de l’Évangile selon saint Jean (Jn 20, 1-9)

La résurrection ne se manifeste que par l’absence du corps du Christ. Aucun autre signe n’est donné à ceux qui entrent dans le tombeau. Et c’est cette absence qui ouvre un espace qui permet d’accéder à la foi.

NB Si certains prient dans l’après-midi ou le soir, ils pourront prendre le récit des pèlerins d’Emmaüs en Luc 24, 13-35.

Prière pour le monde

Celui qui préside peut introduire :

Nous te chantons, Seigneur,
pour nos frères et sœurs qui ont perdu le chant et la joie,
pour eux, nous prions.

Ô Christ ressuscité, exauce-nous !

  • Pour l’Église, mère de miséricorde.
  • Pour les gouvernements sollicités par les événements.
  • Pour les personnes malades.
  • Pour les personnels soignants.
  • Pour ceux qui vivent un deuil.
  • Pour ceux pour qui le confinement est une épreuve.

(Intentions libres)

  • Faire action de grâce

Aujourd’hui, rien ne pourra nous empêcher de chanter,
et l’humanité en sera émue.

On prend un chant de Pâques qui rend grâce à Dieu pour le don de la vie nouvelle.

Par exemple : Christ est vraiment ressuscité I 169

On dit ou on chante le Notre Père.

Conclusion

Pour conclure ce temps de prière, nous pourrons appeler sur nous-mêmes et nos familles, la bénédiction de Dieu.

Celui qui préside dit :

Que demeure sur nous la grâce pascale
que Dieu nous a offerte aujourd’hui :
qu’elle nous protège de l’oubli et du doute.
Amen.

Par la résurrection du Christ,
nous sommes déjà nés à la vie nouvelle
et nous connaissons une joie que rien ne pourra nous ravir
pas même la mort.
Amen.

Maintenant que sont finis les jours de la Passion,
marchons à la suite du Ressuscité pour connaître avec lui
la joie parfaite en son Royaume.
Amen.

Pour terminer, on pourra reprendre l’Alléluia ou un chant de louange pascale

Par exemple : Canticorum Jubilo (A toi la gloire, à toi ressuscité)

  • Pupitre.

    Chants et œuvres de musique sacrée pour vivre la Semaine Sainte chez soi en temps de confinement

    Ces pistes de chants et de musique liturgique sont proposées par le département Musique du SNPLS afin d'accompagner les propositions de célébrations liturgiques à domicile des diocèses, paroisses, et d'aider chacun à vivre et célébrer cette Semaine Sainte "confinée" à la maison, que ce soit seul, en communauté, en famille, entre colocataires ...

  • Le Dimanche des Rameaux, l'Eglise célèbre l'entrée messianique de Jésus à Jérusalem : « Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; 
d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. » (Mt 21, 8)

    Note pastorale au sujet des célébrations de la Semaine Sainte 2020

    27 mars 2020 - Le contexte épidémique et les dispositifs de confinement des personnes ont des conséquences importantes sur l'ensemble des célébrations de la Semaine Sainte et particulièrement du Triduum pascal. Autrement dit, en dehors des communautés religieuses ou monastiques, la majorité des prêtres célébreront ces offices en tout petit comité voire seul.

La Semaine sainte

Catéchèse & Catéchuménat

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Approfondir votre lecture

  • 29 juillet 2019 : Chemin de croix dans l'église Notre-Dame du Raincy (Notre-Dame-de-la-Consolation) a été construite en 1922-1923 par les architectes français Auguste et Gustave PERRET.

    Chemin de croix pour les premiers jours saints et le Vendredi Saint

    Depuis toujours les chrétiens célèbrent la mémoire de la passion et de la résurrection du Christ dans l’attente de sa venue définitive. Tout particulièrement, durant le temps du Carême, la méditation du Chemin de croix continue d’ancrer notre prière dans cet événement fondateur. Cet ancrage aide à rendre grâce et intercéder pour le salut du monde, en toutes circonstances.

  • Cierge allumé pour la Vigile pascale : Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière ! Ps 103 (104)

    Carême et liturgie, un même défi : le Mystère pascal au centre de nos vies !

    Dans son message pour le Carême 2020, le pape François invitait à accueillir l’appel à nous laisser réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20) en fixant davantage « le regard du cœur sur le Mystère pascal ». Remettre au centre le Mystère pascal permet en effet d’entrer dans « un dialogue ouvert et sincère avec Dieu ». Et selon le Pape, grâce à ce dialogue, il devient alors plus facile aux disciples que nous sommes de devenir « sel de la terre et lumière du monde » (Mt 5, 13‑14). Or l’invitation vaut bien au-delà du Carême.

  • 9 mai 2018 : Illustration de la Semaine sainte, de la fêtes des Rameaux aux baptêmes lors de la Vigile pascale. France.

    Rameaux 2020 : Repères et proposition d’une bénédiction des rameaux à la maison

    Cette année, l’épidémie de COVID-19 oblige à vivre autrement les jours saints. La privation de rassemblement sera d’autant plus vive que la Semaine Sainte est d’ordinaire un temps fort de vie communautaire à la suite du Christ. Beaucoup s’uniront donc par la prière aux évêques et aux prêtres qui célébreront en petits comités les mystères saints, parfois devant l’écran ou par la radio. Beaucoup vivront aussi chez eux les jours saints sous la forme adaptée de liturgies domestiques.