Fleurir le temps ordinaire

Par Marie Nathanaël Gagelin et Christiane Chaylard

Avec la fête de la Pentecôte s’achève le temps pascal, les 50 jours qui font comme une seule fête, une seule « grande semaine ». Nous entrons dans ce que l’Église appelle « le temps ordinaire ». Qu’est-ce à dire ? Si l’on regarde dans le dictionnaire, nous voyons : « Qui est dans l’ordre commun, habituel » – « qui a coutume d’être, de se faire, d’arriver. » Dans l’évangile de saint Jean au chapitre 21, nous voyons les disciples partir à la pêche… Jésus n’est plus là, il est élevé dans la gloire et sa présence dans leur vie quotidienne, dans leur vie ordinaire, se fait d’une manière nouvelle. Après la Pentecôte commence le temps d’une nouvelle présence du Christ, c’est le temps de l’Église, et nous y sommes !

Pour nos compositions florales, le temps ordinaire n’est pas synonyme de laisser-aller, loin de là ! Il invite à la beauté, la simplicité, la sobriété. Il convient d’abandonner le fleurissement du cierge pascal – qui lui, est désormais placé près des fonts baptismaux – pour privilégier le fleurissement de l’autel, parfois de l’ambon. Un bouquet d’accueil, là où cela est possible, sera toujours apprécié : il indique que l’on est attendu et que quelque chose va se passer. Il peut, parfois, donner de l’éclat à une fête particulière. Situé en dehors de l’espace de célébration, il n’est pas à proprement parler un bouquet « liturgique », mais il est important. Les fleurs et les feuillages que donne la nature en cette saison conviendront bien au fleurissement : pivoines, pied d’alouette, marguerites, roses, lys, etc. Cette attention à la nature permet de ne pas oublier les « accords » ! Accord avec la liturgie, accord avec les saisons, accord avec le lieu.

Il est bon de ne pas oublier que chaque eucharistie est célébration du mystère pascal. Cet axe primordial de la liturgie se retrouve dans les compositions ; non pour que les bouquets commentent l’évangile, mais pour se laisser transformer pas la Parole qui peu à peu ouvrira les « fleuristes » au sens de ce qui nécessaire pour servir la liturgie. Les fleurs sont là pour dire la bonté de Dieu, et, rendant grâce au créateur par leur beauté naturelle, elles permettent à l’assemblée d’entrer dans la prière. Les fleurs offertes en bouquet d’action de grâce ne doivent pas avoir plus d’importance qu’il ne faut. Elles ont une juste place et juste la place qui leur revient.

Le service des fleurs est un humble service. Sans fleurs, il manque quelque chose. Avec trop de fleurs ou trop d’explications, on étouffe quelque chose. « L’humble serviteur a la plus belle place, servir Dieu rend l’homme libre comme lui » chante une belle hymne de Didier Rimaud que tout « fleuriste » de la liturgie pourrait méditer dans ce beau temps ordinaire.

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