La « Saison de la Création » : un temps pour protéger l’héritage du Créateur

Du 1er septembre au 4 octobre 2021, les chrétiens du monde entier sont invités par une initiative œcuménique émanant des communautés orthodoxes, catholiques et protestantes à célébrer le « Temps pour la Création », à travers des temps de prière et d’action en faveur de la maison commune. Le dicastère pour le service du développement humain intégral nous invite à rejoindre l’initiative, notamment par la mise à disposition de plusieurs ressources.

     Pendant ce mois de célébration, 2,3 milliards de chrétiens du monde entier s’uniront autour du thème Une maison pour tous ? Renouvellement de l’Oikos de Dieu. Cette initiative mondiale œcuménique est « un temps pensé pour renouveler notre relation avec notre Créateur et avec toute la création en célébrant, en changeant et en nous engageant ensemble à agir […] pour notre maison commune.» Le thème de la « maison pour tous » est symbolisé cette année par la tente d’Abraham et de Sara. Il signifie notre engagement à sauvegarder un endroit pour les humains et toutes les créatures qui partagent notre maison commune, le foyer, « oikos » de Dieu. Il met également l’accent sur le fait que la Terre appartient à Dieu et que chaque créature bien-aimée appartient à cette maison commune.

     Ce Temps pour la Création  est l’occasion de vivre un temps d’unité, de louange et de prière tourné vers l’œuvre de Dieu.

     Les Écritures commencent par l’affirmation de Dieu selon laquelle la création est « très bonne ». Elle est précieuse car faite par Dieu. Toutes ses composantes reflètent un aspect de Dieu. Le témoignage biblique montre que le monde est issu d’une décision, non du chaos ou du hasard […] La création est de l’ordre de l’amour […]. Par conséquent, chaque créature est l’objet de la tendresse du Père, qui lui donne une place dans le monde. Même la vie éphémère de l’être le plus insignifiant est l’objet de son amour, et, en ces peu de secondes de son existence, il l’entoure de son affection ». Encyclique Laudato si’ n° 77.

Pour le pape François « Les créatures de ce monde ne se présentent plus à nous comme une réalité purement naturelle, parce que le Ressuscité les enveloppe mystérieusement et les oriente vers un destin de plénitude. Même les fleurs des champs et les oiseaux, qu’émerveillé il a contemplés de ses yeux humains, sont maintenant remplis de sa présence lumineuse. »  Encyclique Laudato si’ n° 100.

     Pour répondre à cette initiative, « Fleurir en Liturgie » propose un dossier composé de quelques documents susceptibles d’être utilisés par les communautés paroissiales avec :

D’autres articles à venir très prochainement

Dans un entretien accordé à L’Osservatore Romano du mardi 25 juin 2019, le Père Giraud, prêtre jésuite, chef économiste de l’Agence française de développement et directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique déclare :

« […] Laudato si’ est jusqu’à présent, et au niveau mondial, l’unique document spirituel et aussi politique qui offre un horizon eschatologique du chemin écologique, de l’alliance avec la création. Et en même temps, il propose une analyse scientifique précise, avec des recommandations empreintes de réalisme. […] »

     De son côté, dans un message au deuxième forum des communautés Laudato si’ du 6 juillet 2019, le pape François met l’accent sur trois mots :

« Le premier mot est doxologie. Face au bien de la création et surtout face au bien de l’homme qui est le sommet de la création, mais aussi son gardien, il est nécessaire d’adopter une attitude de louange. Face à tant de beauté, avec un émerveillement renouvelé, avec des yeux d’enfants, nous devons être capables d’apprécier la beauté dont nous sommes entourés et dont l’homme est tissé. La louange est le fruit de la contemplation, la contemplation et la louange conduisent au respect, le respect devient quasiment vénération face aux biens de la création et de son Créateur.

Le deuxième mot est Eucharistie. L’attitude eucharistique face au monde et à ses habitants sait saisir la condition de don que tout être vivant porte en soi. Toute chose nous est remise gratuitement et pas pour être pillée ou phagocytée, mais pour devenir à son tour don à partager, don à donner pour que la joie soit pour tous et soit, pour cela, plus grande.

Le troisième mot est ascèse. Toute forme de respect naît d’une attitude ascétique, c’est-à-dire de la capacité de savoir renoncer à quelque chose pour un bien plus grand, pour le bien des autres. L’ascèse nous aide à convertir l’attitude prédatrice, toujours aux aguets, pour assumer la forme du partage, de la relation écologique, respectueuse et courtoise. »

     Puissent ces quelques lignes nous encourager à œuvrer pour la sauvegarde de notre « maison commune ».

autres articles sur le même thème