La conversion dans la pénitence : le fruit de la Parole

13 avril 2011: Les jeunes d'Anuncio animent la célébration de pénitence et de réconciliation à la paroisse Saint Louis des Français de Madrid. Une dizaine de jeunes d'Anuncio (7 Français, 1 Anglaise, 1 Espagnol et 1 Colombienne) vivent en communauté depuis octobre 2010 à la Casa Anuncio pour un an de vie de prière et de formation sur la foi catholique, et d'apostolat en organisant le Festival Anuncio aux JMJ. Madrid, Espagne. April 13, 2011: Casa Anuncio at Madrid, a group of youths live in community for a year to prepare the Anuncio Festival at the WYD (World Youth Day). Madrid, Spain.

(c) CIRIC

Par Claude Duchesneau, († 2003) Prêtre du diocèse de Saint-Claude, ancien membre du CNPL et professeur à l’ISL.

Dès le jour de la Pentecôte, après que les Apôtres eurent reçu l’Esprit Saint, c’est la proclamation de la parole de Dieu qui fut le premier acte de l’Église.

Pierre annonce que Dieu a ressuscité Jésus, et les auditeurs, « remués jusqu’au fond d’eux-mêmes », demandèrent : « Frères, que devons-nous faire ? Pierre leur répondit : Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. » (Actes 2, 37-38) L’annonce de la Pâque du Christ, l’appel à la conversion et l’offre du pardon dans la démarche sacramentelle qui réconcilie, tel est le cœur de la mission de l’Église. L’Église est le premier sacrement de la réconciliation.

La parole de Dieu

C’est, bien sûr, l’amour miséricordieux de Dieu qui est au commencement de tout, mais cet amour, c’est la Parole qui nous le révèle ; l’Alliance pascale, c’est la Parole qui nous l’annonce ; l’infidélité, c’est la Parole qui la dénonce ; la réconciliation, c’est la Parole jointe au geste sacramentel qui la réalise. « Au commencement était le Verbe. » (Jean 1, 1) Au commencement est la Parole. Nous pourrions voir le rôle de la parole du prophète Nathan dans la conversion du roi David (2 Samuel 12). Nous voyons le rôle de la parole de Pierre dans les premières conversions de la Pentecôte. Il en est, il en sera toujours ainsi dans l’Église.

L’expérience humaine peut faire prendre conscience qu’il y a un Dieu créateur, mais c’est la parole de Dieu qui nous révèle qui est le Dieu de Jésus Christ et ce qu’il a fait et fait encore pour la réconciliation des hommes avec lui. L’expérience humaine nous apprend le mal, mais pas le péché. C’est la parole de Dieu qui nous révèle le péché comme rupture d’Alliance, comme défiguration de l’image de l’homme tel que Dieu le veut, et comme atteinte et offense à Dieu. L’expérience humaine peut nous faire saisir la nécessité de la réconciliation et de la paix, mais c’est la parole de Dieu qui nous révèle que, s’il y a réconciliation, c’est que nous sommes pécheurs et que nous avons besoin d’être pardonnés.

La conversion du cœur

La conversion est le fruit de la Parole. Elle n’est pas qu’un simple regret, un remords, un sentiment de culpabilité. Elle est un changement radical de vie, un retournement du cœur et de l’esprit (métanoïa en grec), que l’homme décide de faire, pour répondre à la parole de Dieu qu’il a entendue et qui l’a transformé.

La conversion engage la pénitence, qui en est la réalisation en actes : tel changement, tel arrêt de ceci, ou telle mise en route de cela, selon ce qu’était « ma vie » avant ; mais aussi la prière, le jeûne et le partage.

La conversion est bien le fait de celui qui se convertit, mais elle est le fruit du travail de l’Esprit Saint en lui, par la Parole.

Article de la revue Célébrer n° 286.

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