Faire un pas de plus avec les parents

31 Mars 2013 : Baptême de Alicia à l'issue de la messe de Pâques célébrée par P. Régis CHARRE, curé de Vaulx-en-Velin (prêtre du Prado), dans la nouvelle égl. Saint-Thomas. Vaulx-en-Velin (69) France. March 31th, 2013 : Easter Mass celebrated by Fr Régis CHARRE in the new church of St Thomas. Vaulx-en-Velin, in the suburbs of Lyon (69) France.

(c) CIRIC

Par Maxime Leroy, directeur du CIPAC (Centre interdiocésain de formation pastorale à Lille)

 

Lors des rencontres de pastorale du baptême, organisées l’an dernier par le Service diocésain de pastorale liturgique de Lille, avec ceux qui accompagnent les parents demandant le baptême pour leur petit enfant, chacun a pu s’exprimer. L’objectif était de repérer, dans ce que disent les parents, les points d’appui qui peuvent permettre de faire un pas de plus avec eux, dans l’expression de la foi et (ou) la redécouverte de la foi chrétienne. C’est le père Maxime Leroy, directeur du CIPAC (Centre interdiocésain de formation pastorale) qui reprenait les convictions partagées et tentait de les prolonger. Voici le texte de son intervention.

 

Introduction

« Jamais 2 demandes pareilles, jamais deux personnes pareilles… ! » et puis « Tant qu’on parle de la vie, ça va… mais comment faire le lien avec la foi ? Sur quoi pouvons-nous nous appuyer pour que la foi s’exprime ? » … Toutes ces réactions traduisent la conscience que vous avez de la distance qui sépare les demandes des personnes qui s’adressent à l’Église et la proposition que l’Église leur fait. Votre désir : réduire cette distance. Avant de voir comment s’y prendre, essayons de comprendre ce qui se passe et pourquoi il en est ainsi.

 

Un changement culturel

Dans le domaine de l’appartenance religieuse et de l’adhésion de foi, nous assistons à un changement culturel considérable. Et ce n’est pas propre au domaine religieux. Nous le retrouvons dans tous les domaines de la vie en société. Nous assistons en effet à quelque chose de nouveau : l’affirmation avec force de l’individu face au monde qui l’entoure. Nous parlons alors quelque fois d’individualisme. Ne jetons pas trop vite un regard moralisateur sur un phénomène social. Avant de « juger », essayons de comprendre. Cette affirmation de l’individu est aussi une requête positive de l’homme qui ne supporte plus d’être réduit à l’état d’objet. C’est l’émergence de la subjectivité dans les rapports humains : je veux être sujet (libre et responsable) de ma propre histoire et être reconnu comme tel. Cette absence de reconnaissance engendre des frustrations. Voilà la lame de fond qui traverse nos sociétés modernes et qui nous marque tous.

Nous ne vivons plus l’époque où l’on adhérait en bloc aux dogmes, aux rites et aux vérités religieuses. Ce qui est mis en avant désormais, c’est l’itinéraire personnel avec ses temps forts et ses longues périodes de sommeil. Chacun tente de se frayer son propre chemin parsemé d’émotions fortes et de coups de cœur. C’est désormais le ponctuel qui structure le temps.

Rien ne sert de vivre de nostalgie et encore moins de culpabiliser ou de chercher des « boucs émissaires ». Au contraire, dans un monde qui change à grande vitesse, continuons à regarder le monde et les personnes avec amour et avec un parti pris d’espérance.

 

Changeons de point de vue

Regarder ces personnes avec « un parti pris d’espérance » nous amène à changer de point de vue et à considérer cette fameuse « distance » non plus du point de vue de notre projet pastoral mais du point de vue des personnes qui frappent à la porte de l’Église. Mettons-nous à l’écoute de ces personnes, à l’écoute de leurs demandes. Elles sont riches d’attentes, d’espoirs, de craintes, de peurs, d’amours et de don de soi.

Rencontrer celui qui se présente à la porte suppose un infini respect (voir l’hospitalité d’Abraham au chêne de Mambré : c’est l’étranger qui vient chez lui… et c’est Abraham qui fait tout le chemin !). Cet autre qui vient vers moi a quelque chose à me dire qui est « vital » pour lui mais aussi pour le monde, pour l’Église et pour moi-même ! Dans un contexte « d’individualisme généralisé » dans lequel nous vivons, c’est absolument extraordinaire que ces personnes viennent frapper à notre porte : des millions de nos contemporains continuent à s’adresser à l’Église (que beaucoup se plaisent à dire totalement décalée) pour ce qu’ils ont de plus cher, de plus sacré : leur enfant.

C’est du ponctuel, d’accord ! Mais pour ces personnes, les rencontres avec l’Église n’en sont pas moins des repères dans leur histoire ; des points de repère qui les marquent durablement, bien plus que nous le pensons. Alors, quelles exigences pour nos communautés ? Pour qu’on ait encore affaire à la mission de l’Église du Christ, et non à un « supermarché » du n’importe quoi !

 

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