Quelques propositions pour un « après-baptême »

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Par Philippe BarrasDirecteur-adjoint de l’ISL, du CIPAC de Lille et directeur de rédaction de La Maison-Dieu.

La pastorale du baptême mise en œuvre pour les petits enfants demande que nous soyons davantage attentifs à des propositions après le baptême. Il ne s’agit pas d’abord d’un « service après-vente » ! C’est simplement l’une des conditions qui font de cette pastorale un lieu, un chemin d’évangélisation. La préparation aux baptêmes a déjà été un grand progrès, il nous reste encore à mettre en œuvre des propositions après la célébration du sacrement.

Ces propositions, issues d’une réflexion commune dans le diocèse d’Arras, entre la Petite enfance du Service diocésain de catéchèse et le Service de pastorale liturgique et sacramentelle sont de quatre ordre : rencontre fortuites ; démarche personnelle ; rencontre après-baptême ; fête des baptisés. Propositions variées, qui permettent à chacun de mesurer ce qui est possible, avec les moyens dont il dispose et selon les personnes visées.

Profiter d’occasions fortuites

Par exemple :

  • Lorsqu’on croise les parents dans la rue, dans les magasins… Leur demander comment s’est passé le baptême, les nouvelles depuis…
  • À l’occasion d’un pèlerinage ou d’une fête locale où on peut inviter les familles avec les enfants (qui pourront être bénis).
  • Lors de l’assemblée annuelle des chrétiens, en les invitant et en leur proposant une activité propre (voir plus loin, fête des baptisés).

Effectuer une démarche auprès de la famille

Celle-ci est faite le plus souvent par la personne que la famille a rencontrée dans la préparation et à la célébration, afin de garder les liens déjà établis. Le mieux est de faire une visite (en l’annonçant auparavant), permettant d’échanger sur ce qui s’est passé pour le baptême, sur la vie de l’enfant, de proposer tel ou tel moyen de l’Éveil à la foi… Mais si cela n’est pas possible, un courrier peut déjà maintenir un certain lien.

Par exemple :

  • Faire une visite à la famille pour porter le livret de baptême (voir ci-après) ou le journal paroissial local, ou encore un message de la communauté paroissiale…
  • Envoyer une carte de souhaits pour le 1er anniversaire du baptême de l’enfant.
  • Envoyer une carte de soutien à l’occasion de la fête de Pâques, avec une proposition très simple d’éveil à la foi (ex : faire faire le signe de croix à l’enfant le soir avant de se coucher …)

Prévoir une rencontre après-baptême

De même, qu’avec le temps, la rencontre de préparation au baptême est entrée dans les mœurs de beaucoup de paroisses, l’idée est de parvenir à une rencontre après le baptême systématique. Cela
suppose présenter aux parents, dès le départ, que la démarche de baptême – que l’Eglise prend très au sérieux – comprend une rencontre de préparation, la célébration et une rencontre après. Il
est possible de regrouper plusieurs groupes de baptême dans une rencontre après baptême (par exemple au niveau d’un secteur, une fois par mois…). Dans ce cas, on fait des petits groupes, pour
que les familles qui se connaissent déjà un peu se retrouvent avec leur animateur.

Le principe de cette rencontre est celui de la « relecture » du baptême. Ainsi, la rencontre de préparation aura pu être davantage centrée sur l’accueil des personnes et de ce qu’elles vivent, en relation avec la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. La rencontre après-baptême peut alors être l’occasion d’approcher le « mystère de la foi » par un échange sur les différents signes vécus au baptême, un peu comme les catéchèses mystagogiques des Pères de l’Eglise à la manière de Saint Cyrille de Jérusalem ou St Ambroise de Milan… Cela peut se faire à partir des photos prises lors de la cérémonie, chacun soulignant ce qui l’a marqué, en quoi tel geste dit l’amour de Dieu pour son enfant, etc.

Pour motiver les parents à venir à une telle rencontre, et pour maintenir un lien avec la paroisse, on peut remettre à cette occasion un livret de baptême « officiel », signé de la paroisse, comprenant les différentes étapes de l’initiation encore à vivre par le nouveau baptisé, et peut être même quelques prières et gestes élémentaires (Notre-Père, Je-vous-salue-Marie, signe de croix…), etc. On peut aussi proposer d’échanger les photos (surtout si on a limité le nombre de photographes : on pourrait d’ailleurs charger une seule personne de cette tâche pendant les rites principaux).

Inviter à une fête des baptisés

Cette fête peut-être annuelle, ou trimestrielle selon le nombre de familles concernées. La période idéale est bien sûr le temps pascal qui permet, dans le prolongement de la veillée baptismale de
faire mémoire du baptême (à moins que ce ne soit le 2e dimanche de janvier, pour la fête du baptême de Jésus).

Le principe est de réunir les parents, frères et soeurs et parrains – marraines des enfants baptisés dans l’année. Certains se connaissent puisqu’ils étaient présents à la même assemblée baptismale,
ou à la même réunion de préparation. D’autres auront l’occasion de rencontrer d’autres parents comme eux. Les chrétiens des communautés paroissiales sont aussi invités.

Par exemple :

  • Ce peut être une fête de secteur pastoral autour d’une célébration un samedi ou dimanche après-midi : après un temps de présentation mutuelle – « les enfants ont grandis… », une célébration de la Parole et d’action de grâce est proposée, puis un goûter préparé par des parents.
  • Ce peut être une fête en secteur autour d’une présentation des propositions d’éveil à la foi, sous forme de montage audio-visuel ou de vidéo, suivie d’un goûter préparé par des parents (certains ne demandent que cela : c’est leur manière de dire merci à la paroisse !) et d’un temps de prière.
  • Ce peut-être une fête avec l’assemblée paroissiale : les familles sont invitées à l’assemblée du dimanche (eucharistie ou ADAP), dans laquelle le lien au baptême est bien mis en valeur (préparation pénitentielle sous forme d’aspersion, procession du cierge pascal auquel on allume de petits cierges après l’évangile, rassemblement des enfants et de quelques adultes autour de l’autel pour le Notre-Père, …) Dans le cas d’un eucharistie, on peut envisager faire sortir ceux qui ne souhaitent pas y participer, et leur proposer un autre temps (bien préparé et animé) dans une salle annexe. Après la messe, le verre de l’amitié est proposé à tous.
  • On peut aussi faire comme dans le premier exemple ci-dessus, mais le dimanche matin, permettant ainsi la rencontre avec l’assemblée paroissiale, par exemple pour le verre de
    l’amitié.

Pour motiver les parents à venir, il faut que la communauté prenne au sérieux la proposition qui est faite. Cela demande que plusieurs personnes s’y investissent, le fasse connaître. Cela suppose
aussi qu’on en parle dès la préparation. Cela nécessite que cette fête soit bien présentée comme un temps festif dédié aux enfants, comme l’occasion de retrouver les autres familles rencontrées,
comme l’occasion de participer à la vie de l’Église locale, de rendre service à la paroisse et aux autres en faisant un gâteau…

Par de telles propositions, l’Église montre qu’elle prend la demande de baptême au sérieux. Et rien que pour cela, un tel effort vaut la peine !

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