Comment introduire la nouveauté dans le répertoire paroissial ?

Par Emmanuel Bellanger

arnets de chants

04 juillet 2010: Carnets de chants de la chapelle du séminaire d’Ars-sur-Formans (01), France.

Voilà une question importante qui revient souvent dans les préoccupations des responsables de chant liturgique : faut-il renouveler en permanence le répertoire de nos communautés ? Nous vivons dans un monde où l’idéologie du toujours nouveau s’impose avec force au point que nous y obéissons sans même nous en rendre compte. Il est indispensable de nous interroger sur cette pratique du renouvellement permanent des chants.

La nouveauté, une réalité incontournable

Que dirait-on d’un monde où le refus de la nouveauté serait la règle ? Faire comme on a toujours fait serait apparemment plus simple mais empêcherait tout progrès : dans le domaine des transports on en serait encore à la charrette à bras… L’existence, dans sa nature même, est renouvellement permanent, depuis nos plus microscopiques cellules jusqu’à nos goûts qui changent tout au long de la vie.

Il en est de même pour notre vie chrétienne personnelle et collective : le renouvellement est une nécessité vitale qui la nourrit et la fait progresser. Chanterait-on aujourd’hui ce que chantaient nos grands-parents ? La prière liturgique résonnera dans les cœurs avec les mots et les musiques qu’une assemblée pourra s’approprier.

Cette réalité est d’autant plus forte que notre monde est traversé en permanence par des courants vigoureux de nouveauté : publicité, martèlement médiatique, etc. Justement, la liturgie ne fonctionne pas sur ce mode-là.

La permanence, une nécessité

Nous savons combien la répétition de gestes et d’attitudes est nécessaire à notre construction personnelle et collective. Nous sommes construits par le retour régulier de l’année liturgique comme nous l’avons été dans notre enfance par la répétition des rites familiaux qui nous ont structurés.

D’autre part, il est facile de constater qu’une assemblée liturgique a besoin de temps pour s’approprier un chant nouveau : cela se fait progressivement. Après le temps de l’accueil vient celui de la maturation lente par nature. De même qu’un aliment nourrit petit à petit nos cellules, de même un chant liturgique a besoin de la durée pour entrer dans les mémoires.

Enfin, la recherche trop systématique de la nouveauté ne doit pas empêcher le discernement du juste choix d’un chant : adaptation au lieu, à l’âge moyen, au nombre de participants…

Quelques questions simples

Introduire un chant nouveau n’est pas anodin. Combien de chants proposer ? Pas plus de trois ou quatre dans l’année, cela semble une bonne moyenne.

Si on décide de remplacer un chant ancien par un nouveau, se demander s’il apporte réellement quelque chose de neuf, évaluer ce que l’on perd dans l’abandon de l’ancien.

Prendre le temps de l’apprentissage : la meilleure manière est de le chanter plusieurs fois en l’associant à un temps liturgique ou à un rite particulier, de le reprendre souvent afin qu’il pénètre peu à peu dans les cœurs.

 

Cet article extrait est de la revue Célébrer n°393

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