Fleurir l’accueil

29 novembre 2015 : Voyage apostolique du pape François en Afrique. Le pape François ouvre la porte sainte de la cathédrale de Bangui, dans un geste solennel pour la paix en Centrafrique et quelques jours avant l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde. Bangui, République Centrafricaine.

29 novembre 2015 : Voyage apostolique du pape François en Afrique. Le pape François ouvre la porte sainte de la cathédrale de Bangui, dans un geste solennel pour la paix en Centrafrique et quelques jours avant l’ouverture du Jubilé de la Miséricorde. Bangui, République Centrafricaine.

Par Christiane ChaylardMembre du bureau de Fleurir en liturgie dans le diocèse de Grenoble-Vienne.

Franchir la porte, dit Bénédicte Bouley dans le n°370 de la revue Célébrer, est un appel à la vie, « la porte délimite deux espaces : l’un connu, visible, l’autre chargé du mystère de l’inconnu, de l’invisible, elle sous entend l’accueil, l’hospitalité ». Dans le même numéro Bernard Châtaignier sous le titre « l’architecture de l’église » nous dit : « chaque lieu est plus qu’un moment et peut être considéré comme une étape, un événement ». Nous y voilà, nous les fleuristes !

Comment ne pas nous intéresser à ce lieu extrêmement important qu’est l’entrée de notre église ? Une fois le seuil franchi, c’est la première étape, la seconde se fera grâce à un temps de pause, accueillis, par un bouquet : moment de respiration. En admirant l’église, qu’elle soit paléochrétienne, romane, gothique, moderne, contemporaine’ elle sera plus accueillante aux visiteurs et fidèles, si une belle composition florale décore l’entrée ! Cette maison habitée n’en sera que plus accueillante à tous les visiteurs. Bien sûr, c’est d’abord de Christ qui accueille, mais dans toute son humanité, tous nos sens sont en éveil, et plus encore ici vue et odorat vont être sollicités.

Beaucoup entrent dans nos églises pour autre chose qu’une célébration, visite archéologique, historique, culturelle, spirituelle, recherche de calme après les bruits de la ville, raccourci pour aller d’un point à un autre ! Et pour certains ce peut être la première fois ! Que de diversités, mais une fois la porte franchie, quel qu’il soit, le visiteur se sentira « accueilli » par la présence d’une composition florale : odeur, couleur, forme, tout va concourir à la beauté, au bien être et à la sérénité.

Si pour fleurir l’espace liturgique – autel, ambon, croixcierge pascal – une expérience du fleurissement liturgique est recommandée, car il s’agit à la composition d’être signe parmi les signes de la liturgie, l’accueil lui, demande simplement des mains habiles qui sauront harmoniser feuillages et fleurs simplement dans une belle coupe, dans un vase sur une table. Mais il est vrai que toutes nos églises ne sont pas des cathédrales et que l’espace n’est pas toujours propice à recevoir un bouquet. A nous d’être imaginatives et astucieuses pour lui trouver la meilleure place.

Pour fleurir l’accueil, restons simples, pas de compositions sophistiquées, mais une composition rayonnante qui semble dire à chacun : « Bonjour ! N’aie pas peur ! Je suis heureuse que tu entres ici, vois c’est le printemps, j’y ai mis du jaune et du blanc j’en ai à profusion en cette saison.Puis l’été arrivant je ferai place aux fleurs plus solides et durables, plus colorées aussi : pivoines, roses, glaïeuls, ou même un simple bouquet de fleurs des champs. En automne de magnifiques feuillages prendront place dans un chatoiement de jaunes, d’orangés, de cuivre, puis l’hiver les résineux les remplaceront, même le houx piquant au si beau feuillage vernissé accompagné de boules d’un rouge audacieux ».

Oui, « fleurir l’accueil a son importance » c’est un sourire pour celui qui entre et une invitation à aller au-delà ! Mais seul le Seigneur décidera.

Télécharger l’article complet en PDF :

Approfondir votre lecture

  • Procession d'entrée de la messe des Cendres.

    Les entrées en célébration

    Il ne s’agit pas du premier chapitre d’un livre de cuisine (!) mais d’interroger les différents moyens par lesquels nous entrons en célébration. La structure des rites d’ouverture de la messe (entrée des ministres et chant-introït, Kyrie, prière) nous est familière. Mais on peut aussi se rappeler l’entrée spécifique du dimanche des rameaux (et de la Passion du Seigneur), de la Présentation du Seigneur, ou encore l’entrée lors de la célébration d’un baptême d’enfant.

  • 20 avril 2014 : Messe de Pâques en présence de Mgr Yves PATENÔTRE, archevêque de Sens, évêque d'Auxerre et célébration des 850 ans de la consécration de la cathédrale St Étienne de Sens (89), France.

    Des Rameaux à Pâques : cinq collectes pour un unique mystère

    Entre le dimanche des Rameaux et la fête de Pâques, les textes bibliques et liturgiques sont d’une grande richesse ; les collectes des jours saints, d’une qualité exceptionnelle, orientent, au sens propre, notre prière vers l’Orient véritable qui surgit du tombeau au matin de Pâques. Elles nous font entrer peu à peu dans le mystère.

  • 23 mai 2010 : Seaux à eau bénite et buis pour l'aspersion lors de la messe de Pentecôte, Beauvais (60), France.

    Le rite pénitentiel et l’aspersion durant le Temps pascal

    On a tous vu, une fois ou l’autre, au début d’une célébration eucharistique solennelle ou télévisée, le président asperger généreusement l’assemblée d’eau bénite. Utilisant souvent un bouquet de branches de cèdre ou d’olivier, il s’exécute en traversant la foule tandis qu’un chant festif souligne le caractère baptismal de l’action posée.