La place du Notre Père dans la liturgie

13 mars 2011 : Prière du Notre Père chantée par les nouvelles baptisées et confirmées lors de la messe de proclamation par Mgr Michel DUBOST, évêque d'Evry, de la naissance de la paroisse Bienheureux Céferino Gimenez Malla en paroisse personelle pour les "gens du voyage". Bas. Notre Dame de Bonne Garde. Longpont-sur-Orge (91) France.Par Bernadette Mélois, Rédactrice en chef de Magnificat

 

Ces quelques lignes sont extraites de l’ouvrage La prière du Notre Père. Un regard renouvelé aux éditions Bayard, Cerf et Mame en novembre 2017. 

« Une des attestations les plus anciennes de l’insertion du Notre Père dans la liturgie eucharistique se trouve chez saint Ambroise. S’adressant aux néophytes, il dit : « Lève donc les yeux vers le Père qui t’a engendré par le bain, vers le Père qui t’a racheté par son Fils et dis : « Notre Père ! »1. » Il est vraisemblable que la place du Notre ère a beaucoup varié dans les premiers siècles : Ambroise le situe après la communion, Tertullien le mentionne à la fin de la prière universelle suivi alors du baiser de paix qu’il appelle « le sceau de la prière2 », saint Grégoire le Grand, quant à lui, l’évoque au cœur de la prière eucharistique3. Aujourd’hui, le Notre Père introduit les rites de communion.

Ces rites regroupés sous le titre de « Communion » dans le Missel romain, ont tous pour visée de nous faire entrer en communion avec Dieu en Jésus Christ, et entre les membres de l’assemblée unis par et dans le Christ. Le Notre Père, au même titre que l’échange de la paix, la fraction du pain et la réception du corps eucharistique du Christ n’est donc pas une simple prière dite e n commun, mais la première expression de la communion.

Dire le Notre Père, d’une seule voix et d’un même cœur, est alors le gage que nous formons un seul corps dans le Christ puisqu’ensemble nous reprenons la prière qu’il nous a enseignée. Prière qui nous unit à lui, le Fils unique qui fait de nous des fils, et nous agrège les uns aux autres, membres disparates d’un unique corps abreuvé par l’unique Esprit.

Certes, le texte de la prière est i,e invitation à demander le pain quotidien dans lequel la tradition des Pères a reconnu l’eucharistie – pain de vie, chez saint Jean (6, 48). De même, la demande de pardon – sur laquelle insiste Jésus – est comprise comme nécessité de purification et préparation immédiate avant de recevoir le corps eucharistique du Christ : « Aux saints les choses saintes », disait tout célébrant dans la liturgie orientale ancienne au moment de présenter le pain aux fidèles.

Mais au-delà des mots, ce qui importe c’est l’acte de communion, ici, à la Parole – car le Notre Père est parole de Dieu – là, au corps eucharistique. Tous deux sont, chacun à leur manière, sacrement de la présence du Christ. »

La prière du Notre Père. Un regard renouvelé, p.16-17

  1. Ambroise de Milan, Des sacrements, V, 20, Paris, Ed. du Cerf, 1994, p.129
  2. Tertullien, La Prière, dans Prier en Afrique chrétienne, Paris, Migne, 216, p.23-49.
  3. Grégoire le Grand, Lettre à Jean de Syracuse.

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