Après la célébration du mariage, poursuivre le chemin

29 mars 2016 : Un couple de touristes allemands allume une bougie dans l'église Saint Pierre. A la fois sanctuaire et église du Mont, cette petite église située en haut de la rue principale a assuré au cours des siècles la permanence de la prière chrétienne et de la dévotion à Saint-Michel sur le Mont. Le Mont Saint-Michel (50), France

29 mars 2016 : Un couple de touristes allemands allume une bougie dans l’église Saint Pierre. Le Mont Saint-Michel (50), France

Par Serge KerrienDiacre du diocèse de Saint Brieuc et Tréguier

Pour beaucoup de couples, parfois même pour les acteurs pastoraux, la célébration du mariage est l’aboutissement du chemin de préparation, clôturant ainsi un état antérieur et inaugurant un nouvel état matrimonial. Cette manière de penser la célébration liturgique n’est pas fausse, mais elle occulte le fait que toute célébration liturgique est  à la fois « source et sommet » de la vie chrétienne. Dans la préparation, nous  pensons beaucoup « sommet » ; nous allons trop peu regarder du côté de la source. Comment prendre en compte ce second aspect de la vie sacramentelle dans une pastorale plus globale du mariage ?

La place de la liturgie

Une célébration sacramentelle n’a pas à porter l’ensemble de la pastorale d’un sacrement. Nous avons à laisser la liturgie du mariage être la liturgie, sans en faire un prétexte pour déployer, voire imposer, de la catéchèse, de la morale familiale, etc … Sur le chemin d’une vie conjugale, la célébration du mariage est bien l’aboutissement d’un processus de préparation, mais aussi de maturation, voire de re-découverte de la foi. Pour autant, le chemin n’est pas achevé. Il est donc nécessaire que la préparation au mariage aborde clairement la question de la vie liturgique et sacramentelle du futur couple et que la célébration du mariage entre dans une perspective plus globale de vie sacramentelle. Trop souvent encore, le ponctualisme sacramentel dont nous héritons (il était concevable dans le cadre d’une société très majoritairement chrétienne) sectorise la vie chrétienne au lieu de créer des passerelles ou de faire de la célébration sacramentelle le tremplin pour un après. La question mérite d’être examinée avec soin aussi bien par les services de pastorale liturgique et sacramentelle que par les différents mouvements qui portent la pastorale familiale.

Les difficultés de la situation pastorale

Le défi d’une pastorale post-sacramentelle n’est pas mince. Dans un monde globalement indifférent au message chrétien, il nous faut soutenir, après le mariage, les couples chrétiens comme ceux dont l’adhésion à la foi chrétienne est fragile. Aujourd’hui, la mobilité des couples est grande et souvent imposée par la nécessité du travail. L’intégration à une communauté ecclésiale n’en est que plus difficile et les rythmes qu’impose la vie moderne complexifie encore le lien à une communauté chrétienne dont le souci d’accueil et l’ouverture aux nouveaux arrivants ne sont pas toujours les préoccupations premières, il faut bien le reconnaître.

De plus, c’est au moment où ses moyens pastoraux s’amenuisent que l’Église doit envisager de nouveaux axes de sa pastorale, et donc faire des choix parfois douloureux.

Des propositions possibles

La préparation au mariage peut favoriser la rencontre avec la communauté chrétienne et plus particulièrement avec des chrétiens proches de la vie de futurs époux. Pour cela, il conviendrait de proposer des temps de préparation fixés le dimanche matin, là où se réunit l’assemblée. Des couples prendraient en charge les futurs époux qui rejoindraient la communauté pour la prière et un temps de convivialité. Ce serait une façon de sortir de la privatisation trop fréquente du mariage et de créer des liens. Sans doute, serait-il aussi très pertinent de mettre au courant les paroisses d’accueil des futurs époux. Elles pourront provoquer une rencontre et proposer une insertion paroissiale leur permettant de poursuivre le chemin engagé au cours de la préparation du mariage. Il y aurait encore intérêt à intégrer davantage la pastorale familiale et les mouvements qui la composent à la préparation au mariage. On pourrait ainsi penser un cheminement plus large (avec un avant et un après) et développer une catéchèse pour adultes qui donnerait aux parents les moyens de transmettre la foi à leurs enfants. Quant au catéchuménat, il pourrait penser et proposer outils et formations pour les nouveaux époux, dans la mesure où beaucoup d’entre eux commencent un réel cheminement catéchuménal durant leur préparation au mariage.

On le voit, des possibilités existent. Tout n’est pas à entreprendre. Chaque paroisse choisira. L’important est qu’elles veillent à faire des propositions pour tous les couples, en lien avec les divers lieux de proposition de la foi.

Article extrait de la revue Célébrer n°387

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