Célébration en l’absence de corps : don à la science, disparition en mer ou en montagne, inhumation à l’étranger

Par Mireille Toulemonde, Diocèse de Lyon, avec l’aide du guide pastoral des funérailles du diocèse de Quimper.

Il n’est pas rare aujourd’hui de devoir célébrer des funérailles sans corps, les raisons en sont multiples : disparition en mer ou en montagne, don du corps à la science, décès et inhumation à l’étranger, un temps de prière et d’adieu en l’absence de corps est prévu. Le deuil est difficile à entreprendre car l’absence de dépouille ne rend pas la perte tangible.

Même si le corps est absent, il faut veiller à ne pas faire une célébration « au rabais ». en effet, le deuile chrétien consiste à passer d’une relation sensible à une communion des Saints. Une oraison pour le dernier A Dieu le dit bien (RF 127)

Souviens-toi de ce que tu as fait

Pour notre serviteur N, notre frère :

Au jour de son baptême,

Tu l’as accueilli dans ton peuple ;

Maintenant qu’il nous a quittés,

Associe-le au bonheur de tes amis, les saints ;

Accueille-le près de toi où tout est lumière et paix.

Comment manifester la présence du défunt ?

Il y a encore quelques décennies, les îliens d’Ouessant pratiquaient l’usage des « proelas ».  Le marin disparu en mer était figuré par une croix de cire. Celle-ci était déposée sur le catafalque à la place du cercueil puis était déposé dans une urne de bois, comme pour un ensevelissement. Plusieurs semaines après avait lieu la translation au cimetière.

Aujourd’hui on pourra manifester la présence du défunt par un cierge allumé au cierge pascal, une photo, un objet qui rappelle les engagements de la personne.

On sera invité à expliquer les raisons de l’absence du corps, afin de mettre des mots sur l’évidence.

Soigner le dernier adieu

Si les rites liés au corps lui-même  (encensement et aspersion)  ne seront pas accomplis, d’autres gestes sont à trouver: déposer une fleur près de la  photo du défunt par exemple.On pourra également proposer des geste permettant à l’assemblée de dire son au revoir, quitte à inventer des gestes paraliturgiques, par exemple :

  • Fleurir une croix en mousse,
  • Déposer un grain d’encens dans une coupe,
  • Signer une registre de condoléances.

Il faudra particulièrement soigner le dernier adieu afin que l’assemblée entre dans une véritable communion spirituelle avec le défunt et les saints du ciel.

Pour mémoire

On veillera par ailleurs à proposer à la famille de faire réaliser une plaque commémorative placée ensuite dans un lieu de leur choix, sanctuaire, cimetière, afin de conserver la trace de la vie de leur proche en absence de lieu de sépulture.

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le Dieu de qui vient tout réconfort,
nous apporte la consolation. »

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