Au cours d’un pèlerinage, accueillir la grâce d’un sanctuaire

Sainte Thérèse, sanctuaire de Lisieux

15 août 2015 : Sanctuaire de Lisieux, Basilique Sainte Thérèse à Lisieux,, Calvados (14), Normandie, France.

Par Olivier Ruffray, prêtre, recteur du sanctuaire de Lisieux

Bien souvent, les pèlerinages mènent sur des « lieux de mémoire ». Venant avec leur histoire, c’est-à-dire avec les joies et le poids de leur quotidien, les pèlerins peuvent s’y ouvrir à une autre histoire, celle d’un saint ou d’un lieu de rassemblement marqué par les générations qui s’y succèdent. Encore faut-il que les organisateurs du pèlerinage ou les pèlerins eux‑mêmes se préparent à s’approprier la grâce du Sanctuaire.

Faire une halte pour accueillir la grâce du Sanctuaire

Tout sanctuaire propose une histoire

– Marcher sur les traces du saint, sur les lieux qu’il a habités, pour le connaître dans sa vie réelle et goûter sa présence en ces lieux.

– Découvrir la vie d’un saint dont ce lieu garde la mémoire, portés par la Tradition de l’Eglise qui « s’enracine » dans ce lieu grâce à la fréquentation du Peuple de Dieu

Découvrir un message, en passant par l’expérience

– Les lieux visités servent d’écrin à un message qui se donne à voir, à entendre, à sentir, à toucher, à goûter. Il convient donc de prendre le temps.

– L’histoire du saint racontée fait découvrir le message que porte cet ami de Dieu, la transformation qu’opère la rencontre personnelle avec Dieu, ce qui invite alors le pèlerin à un déplacement intérieur et personnel.

S’approprier le message délivré favorise « La » rencontre

– Entrer dans la vie d’un saint permet de rencontrer Celui qui le fait vivre et pour lequel, par amour et par imitation, il a tout donné. Alors comme nous y encourage sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de la Sainte Face, malgré notre petitesse, il est possible d’aspirer nous-mêmes à la sainteté.

– Lors d’un pèlerinage, les temps de prière, de silence, de recueillement favorisent cette rencontre. Il convient de penser à les prévoir.

– Rejoindre les célébrations proposées par le sanctuaire permet de faire mémoire, en Eglise, de Celui qui se rend présent et donne vie à toute l’Eglise.

– Les sanctuaires, par la grâce qu’ils portent, témoignent de la beauté de l’Eglise.

Pour s’approprier cette grâce, miser sur les atouts du sanctuaire

La mission d’un sanctuaire est d’accueillir, d’enseigner, de célébrer… Les pèlerins ou les organisateurs pourront compter sur :

– une présence de prêtres pour écouter, dispenser les sacrements, confesser, célébrer l’eucharistie, conduire la prière, bénir les objets et les personnes…

– une équipe de prêtres et de laïcs, salariés et bénévoles pour accueillir, guider, transmettre le message, donner des conférences…

– des outils pédagogiques : musées, films, expositions, publications…

– des temps de prières spécifiques : chemin de croix, processions, vénération des reliques, chapelet, adoration

En amont, quelques points d’attention

– S’informer sur le sanctuaire à découvrir, le saint à visiter (livres, lectures spirituelles, Internet…)

– Prendre contact avec le lieu : parfois certains disent connaître le lieu de pèlerinage à visiter. En fait, ils ne le connaissent pas toujours aussi bien qu’ils le croient ou les choses ont évolué depuis leur dernière visite ; et il est toujours possible de manquer quelque chose d’important.

– Préparer ensemble avec le sanctuaire pour s’y sentir attendus, si savoir accueillis. La question que les recteurs de sanctuaire posent d’emblée est toujours : « Quelles sont vos attentes ? » afin de faire correspondre la demande et l’offre. Par exemple, pour une paroisse qui vit une année sur « la Mission », il sera intéressant de mettre l’accent sur ce sujet et de faire des propositions en ce sens.

– Rechercher une rencontre personnelle et unique avec soit un groupe constitué, soit des personnes individuelles pour favoriser la découverte du sanctuaire, la compréhension du message qui y est annoncé, l’accueil de la grâce du lieu pour finalement faire la rencontre de Jésus-Christ.

– Pour connaître la grâce d’un sanctuaire, il est bon, en amont, de se renseigner sur la façon de se laisser toucher par elle, tout en sachant que la grâce agit toujours librement…

Quelques éléments pour composer le programme

– Connaître, avant toute chose, le temps dont vous disposez pour votre pèlerinage.

– Retrancher de cette plage horaire, le temps nécessaire pour rejoindre les différentes réalités « techniques » : déplacements in situ (à pied ? en car ? en voiture ? Selon l’étendue du sanctuaire visité) ; repas, passage aux toilettes, temps libre, temps personnel (shopping, photos…)

– Tout le reste du temps est alors disponible pour élaborer le programme afin de découvrir et entrer dans la grâce du lieu, la grâce du sanctuaire où vous êtes venus en pèlerinage.

Grâce à tous ces éléments et ceux qui viendront dans le dialogue, les organisateurs d’un pèlerinage aideront les pèlerins à faire de cette halte une source.

Approfondir votre lecture

  • Une veilleuse.

    Pendant le Temps pascal, vivre un Chemin de Lumière en famille

    Le service liturgie du diocèse de Strasbourg propose une liturgie familiale adaptée à ce temps du coronavirus : le Chemin de Lumière. Si pendant le Carême, Si pendant le Carême, le Chemin de Croix est l’exercice de piété qui permet de s’unir aux souffrances et à la passion du Christ, sans négliger l’annonce de la Résurrection et l’espérance du Royaume, le Directoire sur la pitié populaire et la liturgie suggère pour le Temps pascal une Via lucis, un Chemin de Lumière, faisant parcourir dans la prière un itinéraire passant par les différentes apparitions du Christ ressuscité, du matin de Pâques à la Pentecôte.

  • Grande neuvaine pour le monde à Notre-Dame de Lourdes, du 17 au 25 mars 2020.

    « Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous », une neuvaine de prière face à l’épidémie du coronavirus

    Face à l’épidémie du coronavirus qui sévit en France et au-delà, le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes propose aux fidèles, familiers ou non de ce lieu de pèlerinage, neuf jours de prière pour demander le réconfort, la protection et l’intercession de la Vierge Marie qui apparut en 1958 à Sainte Bernadette. Ce sanctuaire aujourd’hui désert, en raison des consignes de confinement, est un haut lieu d’apparitions mariales qui accueille toute l’année les pèlerinages et la prière des malades et fidèles venus du monde entier.

  • 15 mai 2015 : Pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle. Silhouette d'un pèlerins regardant le soleil se coucher à Fisterra. Espagne.

    Le pèlerinage… au retour !

    On oublie souvent qu’il faut rentrer d’un pèlerinage et que ce retour fait partie intégrante de l’expérience. Il en est même le but ! Comment se disposer à faire de cette expérience un renouvellement de son existence, dans l’Église et dans le monde ?