Le pèlerinage… au retour !

15 mai 2015 : Pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle. Silhouette d'un pèlerins regardant le soleil se coucher à Fisterra. Espagne.

15 mai 2015 : Pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle. Silhouette d’un pèlerins regardant le soleil se coucher à Fisterra. Espagne.

On oublie souvent qu’il faut rentrer d’un pèlerinage et que ce retour fait partie intégrante de l’expérience. Il en est même le but ! Comment se disposer à faire de cette expérience un renouvellement de son existence, dans l’Église et dans le monde ?

Repérer le chemin

Comme les Mages de l’Évangile, il s’agit de « rentrer par un autre chemin ». Mais ce renouvellement n’est pas sans embûche qu’il s’agit de repérer. Il est également nécessaire de repérer les appuis.

  • Identifier spirituellement le « complexe du Thabor » : devant Jésus transfiguré, Pierre veut demeurer dans l’intensité de cette expérience. Jésus doit les faire redescendre pour vivre l’expérience dans la suite d’un chemin quotidien apparemment moins attirant. L’exaltation peut être mauvaise conseillère et faire voir le retour « en noir ».
  • Prendre quelques moments (de jours ?) de sas et de digestion : si cela est possible, prendre un moment plus calme au retour, sans se précipiter immédiatement dans les activités ordinaires, est une manière de pouvoir réaliser l’indispensable chemin intérieur de retour.
  • Repérer les points de progression à opérer dans notre vie quotidienne : regarder les sources de lassitude, d’inattention, d’ennui, de péché.
  • Repérer les points de force sur lesquels s’appuyer : considérer les personnes sur lesquelles on peut compter et qui comptent sur nous, les talents qui sont en nous, la présence de Dieu en nous.

Faire mémoire

Le chemin du retour a pour but de transformer l’expérience vécue en « mémoire ». Le pèlerinage vécu n’est pas destiné à rejoindre une bibliothèque poussiéreuse de souvenirs et de photos qu’on finit par oublier. Il doit devenir une source de vie, au sein même de la suite parfois monotone des jours. Cela suppose de prendre quelques petits moyens utiles :

  • Organiser des rencontres des pèlerins au retour pour faire mémoire de ce qui a été vécu et cultiver les contacts et amitiés qui se sont noués.
  • Sélectionner intérieurement les moments les plus marquants qui ont été vécus (passages de l’Ecriture, messes, rencontres, visites, etc.) et les évoquer au fond de soi, notamment dans les périodes les plus monotones ou les plus difficiles.
  • Évoquer notamment les moments de gratuité où l’on a reçu l’hospitalité sans autre raison que le fait d’être pèlerins.

Vivre la joie

La mémoire du pèlerinage peut devenir une véritable source de joie, c’est-à-dire d’une paix intérieure vécue dans la continuité des activités quotidiennes.

Quelques moyens simples peuvent y aider :

  • Raviver chaque fois que c’est possible la mémoire de ce qui a été vécu pour l’insuffler dans les activités quotidiennes.
  • Cultiver la gratuité des rencontres et toujours en rechercher la profondeur spirituelle, même quand elles semblent éloignées de la foi, en repérant le désir de Dieu qui réside en chaque être humain ;
  • Faire de son milieu familial, amical, ecclésial, associatif une sorte d’oasis où les gens sont accueillis d’abord pour ce qu’ils sont et non pour ce qu’ils font ;
  • Cultiver cette gratuité de rencontre, y compris dans son milieu professionnel où l’on passe parfois tant de temps.
  • Être attentif à la présence de Dieu et prendre tous les moyens pour la laisser grandir en nous, peut-être en rendant quotidienne ou régulière une pratique ou une habitude proposée durant le pèlerinage.
Père Xavier Manzano, directeur de l’Institut catholique de la Méditerranée de Marseille (ICM). Il est également responsable de la validation du parcours de formation des directeurs de pèlerinage.

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