Catéchèse du pape : Appuyons-nous sur l’eucharistie

28 Juillet 2015 : Célébration eucharistique dans l'église du Carmel de la Paix. Mazille (71), France. July 28, 2015: Daily mass in the church of the Carmel of Peace. Mazille (71) France.

28 Juillet 2015 : Célébration eucharistique dans l’église du Carmel de la Paix. Mazille (71), France.

Par le pape François, Audience générale du 21 mars 2018

 

Ce propos du pape François s’inscrit dans un cycle de catéchèses données par le pape François sur la messe et l’eucharistie.

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

 

C’est aujourd’hui le premier jour du printemps : bon printemps à tous ! Qu’arrive-t-il au printemps ? Les plantes, les arbres fleurissent. Alors j’ai une question à vous poser : un arbre, une plante peut-elle fleurir quand elle est malade ?

Non ! Un arbre ou une plante qui n’est pas bien arrosé, que ce soit par la pluie ou artificiellement, peut-il fleurir comme il faut ? Non. Un arbre ou une plante dont on a ôté les racines ou qui n’a pas de racines peut-il fleurir ? Non. Peut-on se développer sans racine ? Non ! Voilà un message : la vie chrétienne est une vie qui doit fleurir à travers les œuvres de charité, en faisant le bien. Mais si l’on n’a pas de racines, on ne pourra pas fleurir. Et les racines, qui est-ce ? C’est Jésus !

Si nous ne sommes pas avec Jésus, là, enracinés en lui, nous ne donnerons pas de fruits. Si nous n’arrosons pas notre vie par la prière et les sacrements, porterons-nous des fruits chrétiens ? Non ! Car la prière et les sacrements alimentent en eau les racines. Alors notre vie portera du fruit. Je souhaite que pour vous ce printemps soit plein de fruits, comme Pâques sera plein de fruits. Fruits de bonnes œuvres, de vertus, de faire le bien à notre prochain. Souvenez-vous de cela, une maxime très belle de mon pays : « Tous les fruits que donne un arbre viennent de ce qu’il a sous la terre ». Ne jamais couper nos racines en Jésus.

Poursuivons maintenant nos catéchèses sur la Sainte messe. La célébration de la messe, dont nous parcourons en ce moment les différentes étapes, est centrée sur la communion, c’est-à-dire le fait de s’unir à Jésus. Il s’agit de la communion sacramentelle, et non pas de la communion spirituelle – que l’on peut faire chez soi en disant simplement « Jésus, je voudrais te recevoir en esprit ». Nous parlons de la communion sacramentelle, communion au corps et au sang du Christ. Nous célébrons l’Eucharistie pour nous nourrir de Jésus, qui se donne dans la parole et dans le sacrement de l’autel, afin de nous rendre semblables à lui. Le Seigneur le dit lui-même : « qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6,56). En effet, le geste de Jésus qui donne à ses disciples son corps et son sang dans la dernière Cène se poursuit encore aujourd’hui à travers le ministère du prêtre et du diacre, ministres ordinaires qui distribuent à leurs frères le pain de la vie et la coupe du salut.

Durant la messe, après avoir rompu le pain consacré, c’est-à- dire le corps de Jésus, le prêtre le montre aux fidèles en les invitant à participer au banquet eucharistique. Nous connaissons ces paroles prononcées depuis l’autel : « Heureux les invités au repas du Seigneur, voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Inspiré d’un passage de l’Apocalypse – « heureux les invités au banquet des noces de l’Agneau » (Ap 19,9), il parle de « noces » car Jésus est l’époux de l’Église – cette invitation nous appelle à vivre l’union intime avec le Christ, source de joie et de sainteté. C’est une invitation qui remplit de joie et pousse en même temps à un examen de conscience éclairé par la foi. Si d’une part en effet nous pouvons voir la distance qui nous sépare de la sainteté de Jésus, nous croyons d’autre part que son sang a été « versé pour la rémission des péchés ». Nous avons tous été pardonnés dans le baptême, et nous sommes tous ou serons tous pardonnées à chaque fois que nous nous appuierons sur le sacrement de pénitence. N’oubliez pas cela : Jésus pardonne toujours. Jésus ne se lasse pas de pardonner. C’est nous qui nous lassons de demander pardon. En pensant justement à la vertu salvifique de ce sang, saint Ambroise s’exclame : « moi qui pèche tout le temps, je dois en permanence disposer du remède » (1). Forts de cette foi, nous tournons nous aussi notre regard vers l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et nous l’invoquons : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ». Nous le disons à chaque messe.

Même si nous nous mettons en procession pour aller communier, si nous nous avançons vers l’autel pour communier, c’est en réalité le Christ qui vient à notre rencontre pour que nous fassions un avec lui. C’est une rencontre avec Jésus ! Se nourrir de l’Eucharistie, cela signifie se laisser transformer par ce que nous recevons.

Saint Augustin nous aide à comprendre cela, quand il parle de la lumière reçue quand il a entendu le Christ lui dire : « Je suis la nourriture des forts ; crois, et tu me mangeras. Et je ne passerai pas dans ta substance, comme les aliments de ta chair ; c’est toi qui passeras dans la mienne » (2). À chaque fois que nous communions, nous ressemblons un peu plus à Jésus, nous nous transformons un peu plus en Jésus. De même que le pain et le vin sont transformés en corps et sang du Christ, de même ceux qui les reçoivent avec foi sont transformés en Eucharistie vivante. Au prêtre qui, distribuant la communion, nous dit « le corps du Christ », nous répondons « Amen », c’est-à-dire que nous reconnaissons la grâce et ce qu’implique le fait d’être devenu le corps du Christ. Car lorsque nous recevons l’Eucharistie, nous devenons le corps du Christ. Voilà qui est beau, très beau. En nous unissant au Christ, la communion nous arrache à nos égoïsmes, elle nous ouvre et nous unit à tous ceux qui ne font qu’un avec lui. Voilà le prodige de la communion : nous devenons ce que nous recevons !

L’Église souhaite vivement que les fidèles reçoivent le Corps du Christ avec des hosties consacrées au cours de la même messe, et l’image du banquet eucharistique s’exprime encore plus pleinement si la communion est effectuée sous les deux espèces, même si la doctrine catholique dit bien que c’est le Christ tout entier que l’on reçoit même sous une seule espèce (3). Selon les habitudes de l’Église, le fidèle va communier en procession, comme nous l’avons dit, et communie debout, avec dévotion, ou à genoux, comme précisé par la Conférence épiscopale, en recevant le sacrement dans la bouche ou, là où cela est autorisé, dans la main, selon ce qu’il préfère (4). Après la communion, le silence, la prière silencieuse, nous aide à garder dans notre cœur le don que nous venons de recevoir. Prolonger un peu ce temps de silence, où l’on parle à Jésus dans notre cœur, est d’une grande aide, tout comme chanter un psaume ou un hymne de louange (5) ; cela nous aide à être avec le Seigneur.

La liturgie eucharistique se conclut par une prière après la communion. Dans celle-ci, le prêtre se tourne vers Dieu au nom de tous pour le remercier d’avoir fait de nous ses invités et pour demander que ce que nous avons reçu transforme notre vie. L’Eucharistie nous rend forts pour porter du fruit par nos bonnes œuvres en tant que chrétiens. Et on le voit bien dans la prière d’aujourd’hui, dans laquelle nous demandons au Seigneur que « la participation à son sacrement soit pour nous source de salut, qu’elle nous guérisse de tout mal et nous conforte dans son amitié » (6). Appuyons-nous sur l’Eucharistie : c’est recevoir Jésus qui nous transforme en lui, qui nous rend plus forts. Le Seigneur est si bon et si grand !

 

(*) Traduction de Violaine Ricour-Dumas pour La DC. Titre de La DC. (1) De sacramentis, 4, 28 : PL 16, 446A.

(2) Confessions VII, 10, 16 : PL 32, 742.

(3) cf. PGMR, 85 ; 281-282. (4) cf. PGMR, 160-161.

(5) cf. PGMR, 88.

(6) Missel romain, mercredi de la Ve semaine de Carême.

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