Colloque de l’ISL Chant, musique et liturgie – Pour une théologie du sonore

« Soixante ans après Musicam sacram (1967), l’Institut Supérieur de Liturgie reprend la question à sa racine : pourquoi et en quoi le chant et la musique font-ils partie de la nature même de l’action liturgique ? Le colloque aborde ces questions sous trois angles, anthropologique, théologique et ecclésiologique, pour éclairer le ministère et la formation du musicien d’Église, au service de l’assemblée.

En 2027, l’instruction Musicam sacram, publiée le 5 mars 1967, aura soixante ans. Ce texte (5 mars 1967) demeure la dernière instruction romaine consacrée entièrement à la musique dans la liturgie, alors que la pratique liturgique et la théologie de l’assemblée ont connu depuis des transformations importantes. Cet anniversaire fournit l’occasion de reprendre la question à sa racine, non pour en commémorer la lettre, mais pour en interroger le fondement. Le chant accompagne l’Église depuis son origine parce qu’il relève de la nature même de l’action liturgique et non d’un ornement qui s’y ajouterait ; c’est cette affirmation qu’il convient aujourd’hui de réexaminer, à un moment où la conception de la célébration et de l’assemblée traverse des tensions profondes.

Le colloque ne vise donc ni à évaluer des répertoires ni à trancher des débats esthétiques : il s’agit d’établir en quoi et selon quelles conditions le chant et la musique font partie intégrante de l’action liturgique, et pourquoi la liturgie trouve dans le chant une forme plus pleine de sa célébration. Ce questionnement est conduit à travers trois temps solidaires. Le premier examine les conditions anthropologiques de l’acte de chanter, dans son rapport au corps, à la voix, à l’espace et à la mémoire. Le second en dégage les fondements de théologie fondamentale, à partir du rapport entre Parole, assemblée et mystère pascal. Le troisième en tire les conséquences pour le ministère, la formation et la mission du musicien d’Église, au service de la liberté de l’assemblée.
L’ISL a délibérément choisi cette approche anthropologique, théologique et ecclésiologique pour éclairer les pratiques du chant et de la musique en liturgie. Au cours de l’année 2027, d’autres rencontres et propositions de formation (CEF, Assises des Ancolies) viendront compléter cette réflexion en développant ses prolongements pastoraux et musicaux.