La liturgie des heures, aliment de prière personnelle
La prière des Heures, en tant que liturgie est par essence un acte communautaire, un acte de l’Église en prière. Elle est par là même source de vie spirituelle et fondement de la prière personnelle. Liturgie des Heures et prière personnelle ne peuvent être opposées, écrivait Paul VI dans la constitution Laudis canticum (1), qui promulguait l’office divin à la suite de la réforme du dernier Concile.
Apprendre à prier
Souvent nous disons : « Je ne sais pas prier » ou « comment faire pour prier ? » Ce faisant, nous tenons le même discours que les disciples devant Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier. » Or l’Église, dans la liturgie des Heures, nous donne une « méthode » de prière éprouvée par des siècles de pratique.
La liturgie des Heures se fait pédagogue :
– elle éduque à la foi par son contenu objectif,
– elle construit la mémoire croyante par la répétition,
– elle élargit la prière aux dimensions du monde.
Par sa structure, elle forme à tous les aspects de la prière :
– par les hymnes, elle donne avec les mots d’aujourd’hui le moyen de la contemplation des mystères célébrés,
– par les psaumes, elle procure les mots de la prière sans en évacuer aucun,
– par l’écoute de la parole, elle approfondit la connaissance du mystère pascal,
– par l’intercession, elle permet un décentrement de soi vers les autres.
Par sa mise en œuvre, elle apprend la respiration spirituelle :
– par le chant, elle permet un dépassement de soi,
– par l’alternance psalmique, elle manifeste l’appartenance à un corps composé de divers membres en dialogue,
– par l’écoute, elle s’ouvre à la parole des autres et surtout du Tout Autre,
– par le silence, elle dilate un espace où l’Esprit fait son œuvre de grâce,
– par les attitudes extérieures et intérieures, elle nous tient au cœur de l’incarnation, totalement homme, totalement ouvert à Dieu.
Tous ces éléments font de la prière des Heures un lieu d’une authentique expérience spirituelle, non pas réservé à une élite de « parfaits », mais ouvert à tous pour la simple raison que Dieu offre son salut à tout homme.
L’Église pédagogue
En priant la liturgie des heures, nous découvrons quelle pédagogie de la prière l’Église nous donne. En effet, elle nous apprend le mouvement de toute prière qui s’enracine dans la louange et la glorification de Dieu pour ensuite s’ouvrir à l’intercession pour le monde. Mouvement synthétisé dans la prière du Notre Père qui, justement, rassemble toute la prière de l’office dans un acte de communion ecclésiale, prière enseignée par le Christ lui-même comme le modèle de toute prière. Ainsi nous comprenons que l’acte de la louange, portée par l’hymne et les psaumes, est le lieu d’ouverture à la grâce de Dieu, le lieu de la dépossession de soi qui nous fait entrer dans le sacrifice de louange du Christ : Tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens » (Ps 39, 7-8). Sacrifice de louange qui, consommé sur la croix, présente au Père toutes les prières de l’humanité.
L’Église se veut maîtresse de vie spirituelle et pour ce faire, elle nous donne la liturgie des Heures « par laquelle, en esprit d’amour » nous nous mettons « au service de Dieu et des hommes en adhérant à l’action du Christ (2) ». Nourrie à une telle source, la prière personnelle peut s’épanouir et, en retour, faire de la liturgie des heures une prière vivante.
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(1) 1er novembre 1970.
(2) Ibid.

