Fleurir les églises en été

Après le printemps au climat doux et parfois humide, aux tendres couleurs pastel, voici l’été, saison de la force et de l’explosion des couleurs.

Après l’adolescence printanière, voici le temps de la maturité ! La nature nous offre son plus somptueux spectacle. Dans les jardins, les fleurs succèdent aux fleurs. C’est une symphonie de couleurs, toute la palette est à la fête. C’est une richesse de formes, de tons et d’odeurs subtils, un ruissellement de beauté !

Nos jardins ne sont pas en reste. Ils offrent, en cette saison, de multiples variétés de fleurs. Hortensia, glaïeul, lys, roses, phlox, pied-d’alouette, tournesol, muflier, etc. permettent des compositions élégantes qui, certes, seront plus à l’aise dans des contenants raffinés – céramique, terre cuite, verre transparent – puisque l’un des principes du fleurissement liturgique réside dans l’harmonie entre le contenant et le contenu.

Mais l’été est aussi pour beaucoup le temps du repos et des vacances. Les activités de l’année sont alors en sommeil. C’est le moment idéal pour consacrer du temps à la promenade et développer notre capacité d’émerveillement devant dame nature, pour éveiller notre curiosité vis-à-vis de la création qui nous entoure et pour la cueillette champêtre. Car, si nos jardins regorgent de fleurs, la nature « sauvage », elle aussi, se met en fête pour nous offrir toutes sortes de graminées, des marguerites, coquelicots, bleuets, euphorbes, épis de blé, ombellifères, … Les feuillages, quant à eux, sont épanouis et nous offrent un camaïeu de vert, du vert pâle au vert foncé, brillant et mat. Une vraie palette impressionniste à harmoniser avec les fleurs choisies.

N’est-ce pas le moment de fleurir nos églises, et peut-être relayer les mains expertes qui s’activent les autres mois de l’année, avec tout ce que cette généreuse nature nous donne : fleurs des jardins, multiples et variées, fleurs des champs, modestes et gratuites, moisson de trésors rapportés de nos excursions qui auront toute leur place dans la grande symphonie des signes pour remercier, chanter et louer le Seigneur ! Pour les visiteurs et les priants de nos églises durant ces mois d’été, les végétaux ordonnés en une composition florale « pourront concélébrer avec [ceux-là] dans toute la noblesse de leur port »,  « amener au-delà d’[eux-mêmes] et conduire au pays du silence qui laisse la parole à Dieu. »

Marie-Odile LALO. D’après un texte de Christiane Chaylard, ancien membre du département national Fleurir en liturgie.

Approfondir votre lecture

  • Fleurir Marie

    Que dire sur Marie ? Il y a tant de choses et tant ont été proclamées, chantées par une multitude : « Toutes les générations te diront bienheureuse ! » Les litanies déclinent sans fin les sentiments d’admiration, d’amour, de reconnaissance : « comblée de grâce », favorisée de Dieu : ce terme qui, en hébreu, nous renvoie à la Bien-aimée, la « favorisée » du Cantique des cantiques…

  • Fleurir pour un mariage

    Comment les équipes liturgiques peuvent-elles accompagner le fleurissement de l’église lors de la célébration d’un mariage ?

  • Fleurir le Temps ordinaire

    Entre le Baptême de Jésus et le mercredi des Cendres, puis entre la Pentecôte et l’Avent, se déploient deux périodes que l’Eglise appelle « le temps ordinaire ». Qu’est-ce à dire et comment fleurir la liturgie pendant ce temps ?