Le diacre dans la liturgie byzantine

19 Octobre 2014: Divine liturgie dominicale célébrée par P. Alexandre SINIAKOV dans l'église en bois Notre-Dame de la Nativité. Séminaire orthodoxe russe en France. Epinay-sous-Sénart (91) France. October 19th, 2014: Sunday divine liturgy presided by Father Alexandre SINIAKOV in the wooden church of Our Lady of Nativity. Russian Orthodox Seminary in France. Epinay-sous-Sénart (91) France.

19 Octobre 2014: Divine liturgie dominicale célébrée par P. Alexandre SINIAKOV dans l’église en bois Notre-Dame de la Nativité. Séminaire orthodoxe russe en France. Epinay-sous-Sénart (91) France.

Par Alexandre Siniakov, Recteur du Séminaire orthodoxe russe, Épinay-sous-Sénart

Le rôle du diacre dans la liturgie byzantine consiste à faire prier l’assemblée des fidèles, à faire le lien entre elle et celui qui la préside, prêtre ou évêque. De ce fait, le diacre prend la parole au moins aussi souvent que le président de la synaxe[1] liturgique. C’est lui qui acclame les litanies ou ecténies qui ponctuent tous les moments de la divine liturgie[2].

Comme dans le rite latin, le diacre lit l’Évangile ; il participe aussi à la distribution du Corps et du Sang du Seigneur. Il offre l’encens. Il peut aussi, exceptionnellement, être chargé de la prédication : cette pratique n’existe, cependant, que dans la tradition orthodoxe russe et ce depuis seulement le concile de Moscou de 1917-1918.

La grande ecténie de paix

La divine liturgie commence par la grande ecténie de paix. Cette suite de douze demandes est appelée ainsi à cause de la place qu’elle accorde à la paix. Le diacre y invite les fidèles à prier « en paix » le Seigneur pour la « paix qui vient d’en-haut », pour « la paix du monde entier ». Il prie aussi pour « la prospérité des saintes Églises de Dieu et l’union de tous », pour l’évêque, le presbytérat, le diaconat, pour tout le peuple de Dieu, pour le pays et ceux qui le gouvernent, pour la ville, pour les malades, les affligés, les captifs et pour le salut de tous. Se terminant par une invocation de la Mère de Dieu et de tous les saints, cette litanie inaugurale est une véritable intercession pour l’ensemble des membres du Corps du Christ et pour le monde, dans toute sa diversité.

La forme abrégée de cette litanie, appelée « petite ecténie », accompagne chaque prière sacerdotale de la liturgie de la Parole. Elle revient à quatre reprises, chaque fois proclamée par le diacre.

Autres formes d’ecténies

La liturgie byzantine connaît deux autres formes de litanies : « ecténie fervente » et « ecténie des supplications ». La première est appelée ainsi à cause du triple Kyrie eleison qui accompagne chacune de ses demandes ; elle est placée après la lecture de l’Évangile et l’homélie et correspond à la prière universelle de la liturgie latine : cette litanie peut comprendre des demandes prenant en compte les préoccupations actuelles du peuple de Dieu. La litanie des supplications se retrouve à deux reprises : avant le Credo et le Canon eucharistique et à la fin de celui-ci, juste avant le Notre Père. Elle accorde aussi une attention particulière à la paix, à la fin paisible de notre séjour ici-bas, à la façon dont nous nous présenterons devant le Seigneur.

Le rite byzantin prévoit des litanies à tous les moments de la célébration liturgique. Elle accorde ainsi au diacre le rôle d’un véritable « directeur » qui, par ses invitations à la prière, dirige l’office divin, incitant les fidèles réunis à s’adresser au Seigneur dans la paix et à la solliciter pour l’ensemble de l’Église et pour le monde tout entier.

Les ecténies

Suites de demandes ou d’invitations à la prière, dites par le diacre, et se terminant par une ecphonèse (doxologie trinitaire) prononcée par le prêtre ou l’évêque.

[1] Du grec sunaxis : « réunion liturgique » du verbe : « rassembler ». Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie

[2] On appelle habituellement « divine liturgie » la célébration eucharistique, composée de la liturgie de la Parole (ou liturgie des catéchumènes) et de l’Eucharistie elle-même.

Sur le même thème

  • Accueil du presbyterium, réception du nouvel évêque cathédrale Saint-Etienne, Meaux

    Les « ministres ordonnés » : l’évêque, le prêtre et le diacre

    Du latin ordinatio : « action de mettre en ordre », « action d’orga­niser la distribution des charges », l’Ordination se déroule au cours d’une cérémonie solennelle qui confère le sacrement de l’ordre. L’acte essentiel de l’ordination épiscopale, presbytérale et diaconale est l’imposition des mains suivie de la prière consécratoire. Le caractèreépiscopal est requis pour procéder validement à des ordinations. L’épiskopos grec est un « surveillant » qui veille…

  • 8 octobre 2011 : Un diacre nouvellement ordonné donne la communion lors de sa messe d'Ordination, Cath. Notre Dame, Paris (75) France.


October 8th, 2011 : Ordination of permanent deacons, Notre Dame Cath. Paris (75) France.

    Les grands moments d’une ordination diaconale

    Au début de la célébration Appel du candidat L’évêque :  » Que celui qui va être ordonné diacre s’avance  » L’ordinand :  » Me voici !  »  C’est l’Eglise qui appelle le futur diacre, et c’est librement que le candidat se présente comme Moïse s’est présenté à l’appel de son nom devant le buisson ardent. Par ces quelques pas,…

  • C 395-couv.-S Gall-doxologie avec diacre

    Diacres et liturgie : contempler le Christ serviteur

    Par Catherine Pic, rédactrice en chef de Célébrer Contempler le Christ serviteur En 1964, le Concile Vatican II envisageait une restauration du diaconat, comme ordre permanent[1]. Le pape Paul VI le rétablit trois années plus tard [2]. Aujourd’hui, dans chacun de nos diocèses, des hommes d’origines diverses, mariés ou célibataires, sont appelés par leur évêque…