La liturgie des Heures tournée vers l’à-venir divin

Bénédicte Ducatel,

Comme un veilleur, celui qui prie la liturgie des Heures se tient sur les remparts du monde dans l’attente de la venue du règne de Dieu. Toute sa prière est tendue dans l’espérance du monde nouveau promis par Dieu.

Comme un veilleur, celui qui prie la liturgie des Heures se tient sur les remparts du monde dans l’attente de la venue du règne de Dieu. Toute sa prière est tendue dans l’espérance du monde nouveau promis par Dieu.

Le ciel à notre porté

Car, le Christ « a introduit dans notre exil terrestre cet hymne qui se chante éternellement dans les demeures célestes » affirme le Concile en parlant de la liturgie des Heures et, poursuit-il, pour accomplir cet office, « il s’adjoint toute la communauté des hommes et se l’associe dans ce divin cantique de louange » (SC 83). Ainsi, chanter les Heures nous rend participants au chant qui jaillit au cœur de la Jérusalem céleste. Nous ne sommes pas seuls, ni même en communauté, à faire monter notre prière, nous sommes avec le Christ glorifié et la multitude de ceux qui nous ont précédés auprès de lui, et nous unissons nos voix aux leurs.
L’hymne de la prière du matin du mercredi II nous invite à poser ce regard d’espérance sur notre prière quotidienne : « Tel un brouillard qui se déchire et laisse émerger une cime, ce jour nous découvre, indicible un autre jour que l’on devine. Tout rayonnant d’une promesse, déjà ce matin nous entraîne, figure de l’aube éternelle, sur notre route quotidienne. » C’est au cœur de la prière que se dévoile à nous cet « autre jour que l’on devine » porteur de la promesse faite à tout baptisé d’accéder par le chemin de sa « route quotidienne » jusqu’à « l’aube éternelle ». Seule la prière qui soutient l’action nous ouvre la porte du ciel, nous fait respirer l’air vivifiant du Royaume auquel nous appartenons, en espérance.

Un désir

Si, au cours de nos journées, nous pensons peu à la venue du Christ, les différentes Heures du jour sont autant de rappels et d’invitations à désirer cette venue définitive. Étendant aux différentes heures du jour, le cri de désir qui retentit à chaque fois que nous disons le Notre Père : « Que ton règne vienne ». Il ne s’agit pas d’un vœu pieux, mais d’une demande instante. La liturgie des Heures nous invite à « voir dans ce jour qui s’avance, l’espace où mûrit notre attente du jour de Dieu (1) ». Elle nous rend attentifs à cette dimension eschatologique – la venue du Christ – qui se tient en filigrane des hymnes, des psaumes, des lectures et des prières. « Dieu, lève-toi sur les cieux, que ta gloire domine la terre » (Ps 56, 12), « Fais que nous passions avec toi [Jésus] de ce monde au Père » (intercession, dimanche I, laudes), « Fais grandir notre espérance de vivre avec toi sans la lumière sans fin » (oraison, mercredi I, vêpres), etc. La prière des Heures réveille et soutient notre désir du ciel.

Certes, parfois nous craignons quelque peu cette venue parce que nous l’imaginons terrible et que nous ne nous sentons pas prêts. Mais depuis notre baptême, avec une constante attention, le Christ nous prépare à l’accueillir. La prière des Heures nous conforme peu à peu à sa ressemblance, si bien qu’avec confiance nous pouvons désirer voir son Jour illuminer le monde.

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(1) Tel un brouillard, CFC.