Aube

Du latin alba « vêtement blanc ». Dans les religions, l’exercice rituel est compris comme une imitation de l’activité divine ; celui qui s’y livre — surtout le prêtre ou l’officiant — est tenu à une pureté rituelle souvent symbolisée par des vêtements blancs.

Ainsi, les tisserands d’Israël confectionnent pour Aaron et pour ses fils « des tuniques de fin lin tissé, un turban de lin fin, des calottes de lin fin, des caleçons de fin lin retors, des ceintures brochées de fin lin retors… » (Ex 39, 27-29). Dans le Nouveau Testament, le vêtement blanc est surtout le signe de la résurrection, de la vie nouvelle que nous procure le mystère pascal. Chez les quatre évangélistes, les anges de la Résurrection apparaissent en « aubes » : « l’ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit. Il avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige » (Mt 28, 3 ; cf. Mc 16, 5 ; Lc 24, 4 ; Jn 20, 12). Quand le Christ glorieux apparaît à saint Jean, au tout début de l’Apocalypse, il est revêtu d’une longue robe (podèrès, en grec, « qui tombe jusqu’aux pieds »), vêtement du grand prêtre (1, 13 ; cf. Si 50, 11). Il promet aux fidèles qui partageront sa victoire d’être vêtus de blanc : « Ils m’accompagneront, en blanc, car ils en sont dignes. Le vainqueur sera donc revêtu de blanc ; et son nom, je ne l’effacerai pas du livre de vie » (3, 4-5 ; cf. v. 18). En effet, la foule immense des élus se révèle tout de blanc vêtue : Debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main, ils crient d’une voix puissante : « Le salut à notre Dieu qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau » (7, 9-10). On explique à saint Jean que ces gens revêtus d’aubes « sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son temple ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente » (v. 14-15). Quand paraît l’Épouse, prête pour les noces de l’Agneau, sa beauté est faite de blancheur : « On lui a donné de se vêtir de lin d’une blancheur éclatante — le lin, c’est en effet les bonnes actions des saints » (19, 8).

La robe blanche — l’aube — est donc l’habit des re-nés, de ceux qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau : les baptisés vivent déjà de la liturgie céleste, ils sont entrés dans la vie divine. C’est pourquoi les petits enfants sont revêtus d’une robe blanche pour leur baptême, et les adultes d’une aube (pour le samedi et le dimanche in albis, voir Quasimodo) ; lors de la profession de foi solennelle, les adolescents aussi prennent l’aube. Les prêtres, les officiants et leurs assistants revêtent l’aube pour les célébrations liturgiques en signe de leur insertion, par les rites sacrés, dans la vie même de Dieu qu’exerce la liturgie. Le blanc, c’est la couleur de la liturgie éternelle, l’évocation, par la candeur, de l’incandescence de la Gloire. Noter que, pour les Orientaux, le blanc est la couleur du deuil.

Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

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  • 30 mars 2018 : Prêtre se préparant dans la sacristie de la paroisse Saint-Ambroise, lors du Vendredi Saint. Paris (75), France.

    Couleurs en éphémère

    Blanc pour le temps pascal, rouge pour la Pentecôte. Nous entrons dans le Temps ordinaire, mais retournons au blanc pour la Trinité et le Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ. Enfin, nous voilà au vert ! La liturgie nous en fait voir de toutes les couleurs !

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    Fleurir le cierge pascal

    Après le long temps de Carême, au terme de la semaine sainte, voici Pâques. Lors de veillée pascale et de la messe du jour de Pâques, l’assemblée est invitée à une participation active et joyeuse. Le chant de l’Exultet ouvre un accès au cœur de l’année liturgique, il proclame la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort.

  • 06 novembre 2011 : Préparation des évêques pour la messe présidée par le Cardinal André VINGT-TROIS. Conférence des évêques de France. Lourdes, France

    La couleur verte dans la liturgie

    Au XVIe s., Rome fixe pour l’Église latine, l’usage exclusif de cinq couleurs ; le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir considérant l’usage du rose facultatif, du bleu, en certains lieux, pour les fêtes de la Vierge Marie, et enfin de l’or pour suppléer le blanc, le rouge et le vert. Avant cette fixation et un symbolisme précis, d’autres couleurs ont été utilisées car on usait des ornements en fonction de leur richesse et de leur état et le code

  • 22 juin 2008 : Remise de l'étole, vêtement liturgique, au jeune prêtre lors de son ordination presbytérale en la cath. Notre-Dame de la Treille, à Lille (59), France.

    Le rouge et le blanc dans la liturgie

    Après bien des fluctuations, au XVIe s., les couleurs sont fixées par Rome pour la liturgie latine. Concernant le blanc et le rouge :

  • 27 novembre 2016 : Célébration de la messe dominicale, 1er dimanche de l'Avent. Inclination profonde des prêtres et diacres devant l'autel. Paroisse Saint-Ambroise, Paris (75), France.

    Le violet et ses nuances

    Aujourd’hui, le violet est une couleur emblématique des temps préparatoires aux deux grandes fêtes de l’année liturgique, Noël et Pâques. Mais deux autres couleurs lui sont associées : le rose et le noir.