À Noël, en célébrant le 25 décembre, la naissance de Jésus, l’incarnation du Fils de Dieu, c’est le mystère pascal tout entier qui est célébré sous un aspect particulier.

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillera de ses racines (Isaïe, 11, 1)

Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous (Jn 1, 14).

Célébrations du temps de Noël

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La Nativité

Réf. Missel du dimanche

La piété moderne a très légitimement paré la fête de la Nativité de Jésus de la tendresse et de la poésie propres à l’évocation de l’Enfant. Originairement elle fut pourtant une fête presque austère, une proclamation solennelle de la divinité du Christ face à ceux qui la niaient (IVe siècle) : dans le fils de la Vierge Mare nous adorons le Fils de Dieu. les fêtes de l’Épiphanie et du Baptême de Jésus, celle de saint Marie Mère de Dieu affirment, chacune à sa façon, le même dogme de notre foi, tandis que nous découvrons dans la fête de la sainte Famille les implications les plus humaines du mystère de l’Incarnation.

Messe de la veille au soir

La messe qui ouvre la solennité de la Nativité du Seigneur, au soir du 24 décembre, se situe à la jonction du temps de l’Avent et de Noël. Célébrant dans la joie la naissance du Fils de Dieu parmi les hommes (P 1, 3), elle parle aussi de demain : « Le Seigneur vient, demain vous verrez sa gloire » (A 1), « Demain sera détruit le péché de la terre » (Alléluia). Elle souligne par cette référence à l’Exode (Ex 16, 6-7) le lien qui rattache la naissance du Christ à sa passion et à sa résurrection. Mais le demain dans lequel le peuple de Dieu vit son aujourd’hui, c’est celui du retour du Seigneur. Aussi la collecte demande-t-elle qu’en « accueillant dans l’allégresse le Fils de Dieu qui vient nous racheter, nous puissions le regarder sans crainte quand il viendra nous juger » (P 1).

Messe de la Nuit

« Tous ensemble, réjouissons-nous », telle est l’invitation qui ouvre la messe de la nuit de Noël (A 1). Le psaume dira : « Chantez au Seigneur un chant nouveau », et le verset de l’Alléluia fera écho par avance au message de l’ange : « Je vous annonce une grande joie. » L’objet de cette joie c’est la naissance de Jésus. Mais, par-delà l’événement dont l’Évangile nous fait le récit, il nous faut découvrir son contenu : dans l’enfant qui vient de naître nous adorons « Dieu qui s’est rendu visible à nos yeux (PR 1), le fils de la femme en qui « notre nature est unie à celle de Dieu » (P 2). Telles est « la lumière qui fait resplendir cette nuit très sainte » (P 1). Noël n’est pas seulement l’évocation d’un événement passé. Au moment de communier, nous chantons : « Le Verbe s’est fait chair, et nous avons vu sa gloire » (A 2). Dans l’Eucharistie, le Christ, né de la Vierge Marie, se fait le pain de notre route, pour soutenir notre montée « jusqu’à la communion glorieuse » avec lui (P 3) « dans la plénitude de sa joie » (P 1).

Réf. Directoire sur la piété populaire et la liturgie 109

109. Entre les premières vêpres de Noël et la célébration de la messe de minuit, les nombreuses expressions de la piété populaire, diverses selon les pays, comprennent en particulier la tradition des chants de Noël, qui contribuent à transmettre le message de joie et de paix propre à cette solennité. Or, il est opportun de valoriser ces différentes expressions et , le cas échéant de les harmoniser avec les célébrations de la liturgie. Il convient de citer, par exemple, la représentation des « crèches vivantes », l’inauguration de la crèche familiale, l’inauguration de l’arbre de Noël, le repas du soir de Noël.

Messe de l’aurore

La messe de l’aurore s’ouvre sur l’évocation de la lumière : « Aujourd’hui sur nous la lumière va resplendir, car le Seigneur nous est né » (A 1). Ce Seigneur nouveau-né, devant lequel s’émerveillent les bergers, est le Messie promis par les prophètes : il est le Prince de la paix, qu’Isaïe saluait par avance (A 1), le roi sauveur annoncé par Zacharie (A 2). Mais il est beaucoup plus que le Messie d’Israël, il est Dieu fait homme (P 1, 2).

Telle est la foi des chrétiens. Cette foi ne doit pas être seulement « une lumière qui éclaire nos coeurs », il faut qu’« elle resplendisse dans toute notre vie » (P 1). Si nous trouvons, chaque année, dans la célébration de la Nativité du Seigneur, un approfondissement de notre foi, nous devons y puiser aussi « la force d’un meilleur amour » (P 3). En se donnant à nous dans l’Eucharistie, le Verbe fait chair nous fait communier à l’amour dans lequel il est venu établir sa demeure parmi les hommes.

Messe du jour de Noël

« Un jour saint s’est levé sur nous : aujourd’hui une grande lumière est descendue sur la terre » (Alléluia). Cette lumière, la voici : en Jésus Christ le Fils de Dieu s’est fait homme pour nous donner part à sa vie divine. L’épître et l’évangile le proclament, les oraisons et les chants le redisent dans l’action de grâce et l’invocation. « En naissant aujourd’hui, le Sauveur du monde nous a fait naître à la vie divine » (P 3). En prenant notre humanité, il nous fait « participer à sa divinité » (P 1). Avec l’« enfant qui nous est né » (A 1) commence la création nouvelle, qui est plus merveilleuse encore que la première (P 1). L’une des préfaces de la Nativité chante avec lyrisme l’étonnante promotion que la naissance du Christ apporte à l’homme : « Lorsque le Fils de Dieu prend la condition de l’homme, la nature humaine en reçoit une incomparable noblesse ; il devient tellement l’un de nous que nous devenons éternels » (Pr 3).

2

Saint Marie Mère de Dieu

Réf. Missel du dimanche

Solennité

C’est par la maternité virginale de Marie (P 1) que le Verbe s’est fait chair. En adorant dans l’Enfant de Bethléem le Fils de Dieu fait homme, nous reconnaissons que Marie est la Mère de Dieu (P 2, Pr). Mais si la maternité divine de Marie s’inscrit en filigrane dans toute la liturgie de la Nativité, les chrétiens des diverses régions ont aimé à consacrer un jour du temps de Noël à honorer « la mère de notre Dieu et Seigneur Jésus Christ » (Prière eucharistique 1). L’Eglise de Rome a choisi pour cet hommage l’octave de la Nativité, bien avant que ce jour ne marquât en Occident le commencement de l’année. En saluant la Mère de Jésus (A 1), nous n’oublions pas qu’elle est aussi notre Mère, la Mère de tous ceux qui ne font qu’un seul corps avec le Christ, « la Mère de l’Eglise », ainsi que le rappelle la prière après la communion (P 3).

3

L'Epiphanie

La fête de l’Épiphanie qui signifie « manifestation de Dieu » a lieu le 6 janvier. Après la naissance de Jésus, les trois rois mages, Balthazar, Gaspard et Melchior sont venus l’adorer, reconnaissant en lui sa divinité.

« A la vue de l’étoile, les mages se dirent entre eux : Voici le signe du grand Roi, allons à sa recherche ; offrons-lui en présent l’or, l’encens et la myrrhe, alléluia » (antienne de l’Epiphanie).

 

Réf. Missel du dimanche

Épiphanie veut dire manifestation. Mais la manifestation du Christ au monde comporte des aspects multiples. Aussi l’Eglise s’attache-t-elle à célébrer au temps de Noël deux séries d’événements, qui ont révélé progressivement en Jésus le Fils de Dieu fait homme. Les uns entourent sa naissance et son enfance, les autres marquent les débuts de sa vie publique. Parmi les premiers, le plus significatif est la venue des mages à Bethléem ; parmi les seconds, c’est le baptême du Seigneur dans le Jourdain. si la venue de mages a retenu l’attention davantage que celle des bergers , c’est que ces hommes arrivaient d’au-delà des frontières d’Israël, du lointain Orient. En les attirant au Christ Enfant, Dieu a « dévoilé le mystère de notre salut pour que les peuples en soient illuminés » (Pr). Fête du Christ « Seigneur souverain » (A 1), qui nous éclaire « par la lumière éternelle de sa divinité (Pr), l’Épiphanie est donc aussi la fête de la vocation des hommes à la foi, puis à la vision de Dieu (P 1). de la fois à la vision, Jésus est présent à notre cheminement vers la lumière, lui qui dans l’Eucharistie « s’immole et se donne en nourriture » (P 2). La célébration liturgique nous dispense ainsi « la clarté d’en haut » (P 3), qui nous conduira comme les mages vers le terme de la route.

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Le baptême du Seigneur

Cette fête est célébrée le dimanche qui suit l’Epiphanie.

Au baptême de Jésus dans le Jourdain, par saint Jean-Baptiste, les cieux s’ouvrirent ; l’Esprit, comme une colombe, reposa sur lui, la voix du Père se fit entendre :

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour. » (Matthieu, 3, 17)

Réf. Missel du dimanche

Après avoir fêté l’Épiphanie de l’enfance de Jésus, nous célébrons aujourd’hui dans le Baptême du Seigneur l’Épiphanie qui ouvre sa vie publique. Ainsi s’achève le temps de Noël, au long duquel nous avons proclamé notre foi en la divinité de Jésus Christ et en notre propre divinisation dans le Christ.

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