Célébration des obsèques au crématorium : les symboles chrétiens

bougies 2Par Sylvie André, Sœur Auxiliatrice, membre du SNPLS

Qu’en est-il de tous ces symboles et gestes rappelant notre foi baptismale dans la résurrection, dans un espace « inhabituel » tel que le crématorium ?

La croix

La croix, signe et instrument de notre salut, est parfois refusée par les familles endeuillées car elle signifie clairement la mort. Or elle y a toute sa place car ce signe rappelle le lieu où Dieu nous parle et nous rejoint : dans sa souffrance et sa mort.

Il serait donc nécessaire qu’une croix soit présente au crématorium, non sur le cercueil mais à proximité, mise en valeur par une bougie par exemple.

La lumière

Lors de funérailles dans l’église, le cierge pascal est déjà allumé, signe du Christ ressuscité qui nous accueille.

Tout symbole s’inscrit dans un contexte. Ainsi, le cierge pascal dans la nuit pascale, symbolise le passage de la mort à la vie à la suite du Christ mort et ressuscité. Il symbolise le Christ-Lumière qui conduit son peuple dans l’église, lieu central de toute vie chrétienne. Le transporter au crématorium apparait inopportun. En effet, c’est prendre le risque de lui faire perdre signification et dignité, en le réduisant à un cierge destiné à allumer les lumignons. Mais rien n’empêche l’utilisation de bougies. La mise en œuvre du rite de la lumière s’appuierait alors sur la parole du psalmiste : « lumière de mes pas, lampe sur ma route » (Ps 118, 105).

L’eau

Etant donné la signification baptismale du rite de l’aspersion, il semble inopportun que l’officiant l’omette. Il fait sens avec la prière de recommandation qui le suit. La coutume associe les participants à ce geste en les invitant à venir bénir le corps. C’est un geste de foi. Par délicatesse, d’autres gestes seront proposés pour permettre à chacun d’être à l’aise et vrai : poser la main sur le cercueil, s’incliner en signe de respect, déposer une fleur, etc. A l’officiant de les orienter vers l’espérance des retrouvailles en Dieu.

L’encens

Ce rite s’apparente à l’huile sainte du baptême, symbole du don et de la force de l’Esprit-Saint. S’il est retenu au crématorium, il serait bon de l’évoquer plutôt dans son second sens, celui de l’expression de la prière de l’assemblée en référence au psaume 140, 2a « que ma prière devant toi s’élève comme un encens ». Il aurait davantage sa place au début de la prière plutôt qu’à la fin.

Hormis le cierge pascal et l’eucharistie, pour lesquels le lieu naturel demeure nos églises, les rites qui manifestent l’honneur rendu au corps peuvent se déployer ailleurs à la condition que :

  • le ministre qui y représente l’Église soit reconnu par elle ;
  • qu’on y écoute la parole de Dieu ;
  • que l’espace de la prière révèle par les objets et les signes que nous sommes dans une célébration chrétienne ;
  • que les rites eux-mêmes soient ceux que l’Église nous donne traditionnellement.

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nous apporte la consolation. »

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