Temps pour la Création 2026 : « L’eau vive (Ézéchiel 47,9.12) ».

Chaque année, le « Temps pour la Création » invite les chrétiens à prier et à agir pour prendre soin de la Création. Cette initiative œcuménique mondiale a lieu entre le 1er septembre, journée de prière pour la sauvegarde de la Création, et le 4 octobre, fête de saint François d’Assise. En 2026 le thème choisi est : « L’eau vive (Ézéchiel 47,9.12) ».

Depuis 2015, chaque 1er septembre, les catholiques sont invités à célébrer une Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. Ils rejoignant ainsi l’initiative prise par le patriarche œcuménique Dimitri 1er en 1989 ; la date du 1er septembre marque en effet le Nouvel An liturgique pour les orthodoxes et commémore la création du monde par Dieu. Puis le Conseil Œcuménique des Églises a étendu cette célébration jusqu’au 4 octobre en suscitant ainsi un « Temps pour la Création ». En 2015, dans la suite de son encyclique Laudato Si, le pape François a officiellement reconnu cette célébration au nom de l’Église Catholique et encouragé les catholiques à s’associer aux initiatives de prière et d’action du « Temps pour la Création ». 

Pour 2026, le Comité d’organisation œcuménique du « Temps pour la Création », auquel participe le Dicastère romain pour le service du développement humain intégral, a choisi comme thème « L’eau vive » et pour symbole le « Eau », l’eau qui coule du Temple de Dieu en Ézéchiel 47, versets 9 et 12.

  1. Texte, thème et symbole

« En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. […] Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède ». (Ézéchiel 47,9.12)

Le thème de cette année, « L’eau vive », explore Ézéchiel 47, versets 9 et 12, comme une puissante vision biblique d’espérance et de guérison écologique. Dans un contexte d’exil et de perte, l’image de l’eau vive qui coule du sanctuaire de Dieu révèle la guérison divine qui renouvelle la terre, l’eau, la biodiversité et la responsabilité humaine envers toute la création.

Le symbole représente l’eau qui coule du Temple de Dieu : d’abord un petit ruisseau qui grandit de plus en plus et, ainsi, redonne vie aux zones mortes et restaure la fertilité des écosystèmes endommagés ou stériles. L’eau vive apporte la guérison, mais pour recevoir une nouvelle vie, nous devons nous aussi entrer dans l’eau et faire partie du fleuve de vie de Dieu, en participant à la guérison de la création.

  1. L’eau vive : l’eau comme source de vie

La vision d’Ézéchiel redéfinit l’eau, élément fondamental de la vie, comme un agent divin de renouveau, de justice et d’espoir, une force vivifiante qui jaillit du sanctuaire de Dieu. À l’époque d’Ézéchiel, l’eau était un symbole de la présence et de la bénédiction divines. Les grandes civilisations dépendaient de fleuves puissants tels que le Nil, ainsi que l’Euphrate et le Tigre, qui étaient deux des fleuves qui arrosaient le jardin d’Éden (cf. Genèse 2, 10). L’eau des océans regorge également de vie !

La vision commence par un petit filet d’eau, des gouttelettes s’écoulant du lieu de prière et de sacrifice. D’un minuscule ruisseau, il devient un fleuve imparable : première merveille. Le fleuve grossit en s’écoulant du Temple, nourri par le culte et les prières du peuple de Dieu.

Mais la deuxième merveille est encore plus grande. Le fleuve ne se contente pas de permettre la vie, il restaure des écosystèmes entiers. Le prophète a vu « au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre […] Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux » (Ezékiel 47, 7-8). En décrivant comment le fleuve se jette dans la « mer des eaux stagnantes », le prophète fait référence à la mer Morte, l’un des endroits les plus dépourvus de vie de sa région. L’eau de ce fleuve est si puissante que les eaux salées deviendront douces et regorgeront de vie. 

  1. Le symbole imaginé pour 2026, l’immersion dans l’eau vive, est un symbole de renouveau et de naissance : l’eau qui jaillit du Temple est un signe de l’attention et de la guérison que Dieu nous accorde.

Nous sommes appelés à entrer dans l’eau, jusqu’à ce que nous soyons si profondément immergés que nous devions compter sur la grâce de Dieu pour nous soutenir. Ceux qui reçoivent cette eau sont invités à devenir des sources de vie pour les autres, permettant à l’amour de Dieu de couler à travers eux dans le monde. Ainsi, l’eau de Dieu deviendra en nous « une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle », comme Jésus l’a promis (Jean 4, 14).

Ce symbole invite les chrétiens à une immersion spirituelle : prier ensemble tout en contemplant l’eau des rivières, des sources, des fontaines, des fonts baptismaux, des lacs et de la mer, inspirés par l’Esprit de Dieu, travaillant ensemble pour le renouveau de la Création.

Ce symbole nous exhorte également à plonger dans les « douleurs » de la création (Romains 8, 22-23), en laissant nos cœurs être touchés par la souffrance de nos frères et sœurs. En effet, le Temps de la Création est un moment propice à la fraternité et à la solidarité avec les personnes vulnérables et pauvres, principalement celles qui souffrent de la dégradation de l’environnement. Nous pouvons apprendre de leurs histoires, de leur résilience, de leur engagement, et ensemble, garder l’espérance vivante. 

Source : Season of creation

Pour célébrer

1/ Un nouveau formulaire de messe ajouté dans le Missel romain

Dix ans après la publication de l’encyclique Laudato Si, le pape Léon XIV vient d’approuver le Decretum de formulario et lectionibus adhibendis in Missa pro custodia creationis  qui propose le formulaire d’une « Messe pour la sauvegarde de la création », Ce formulaire s’ajoutera dans le Missel romain aux messes et prières pour intentions et circonstances diverses.

2/ Guide de célébration élaboré par le comité œcuménique de pilotage du Temps pour la Création, avec diverses propositions, notamment une célébration de prière œcuménique

PRIÈRE DU TEMPS POUR LA CRÉATION 2026 :

L’eau vive

Dieu saint, dont l’Esprit planait au-dessus des eaux au commencement, nous nous réunissons en tant que membres de ta communauté de toute la Création, assoiffés de ta grâce. Nous te rendons grâce pour le don de l’eau, ces veines de notre maison commune, qui nourrit le cèdre et la baleine, les pâturages et la ville. Nous sommes reconnaissants pour les eaux locales qui nourrissent nos terres natales et nos frères et sœurs les créatures. Nous rendons grâce car, dans ton jardin bien arrosé, chaque goutte est un témoignage sacré de ton amour.

Pourtant, nous confessons que nous avons traité ce don comme une simple marchandise. Nous avons étouffé les mers avec nos déchets et vu s’élever les marées chaudes en signe de jugement. Nous déplorons la terre craquelée des régions frappées par la sécheresse et les larmes salées des réfugiés climatiques. Fais fondre nos cœurs de glace, ô Dieu, et laisse couler les eaux du repentir.

Seigneur de toute vie, tu as promis que partout où coule le fleuve, tout vivra. Suscite en nous l’appel à prendre soin des eaux, à protéger les bassins versants, à défendre les droits de l’eau et à honorer la dignité de ceux qui ont soif. Que ta Parole soit une source
en nous, jaillissant pour la guérison des nations.

Que Dieu notre Père, qui a fait jaillir l’eau du rocher, nous soutienne dans le désert. Que le Christ notre Seigneur, qui est l’Eau vive, nous rafraîchisse pour l’œuvre de restauration. Et que le Saint-Esprit nous porte sur les courants de la grâce jusqu’à ce que la justice coule comme les eaux et la vertu comme un ruisseau qui ne tarit jamais.