Vêpres et vigiles comme préparation du dimanche

Vitraux à Saint Pierre qui Vire

Vitraux à Saint Pierre qui Vire

Par soeur Sylvie André, sœur auxiliatrice, chargée du dossier « liturgie des Heures » au SNPLS.

Dans le chapitre « La célébration des mystères du Seigneur, le Dimanche », au n° 204 de la PGLH, il est noté : « L’office du dimanche commence aux premières vêpres (office du samedi soir) ». Dans ce même document, concernant les vigiles, il nous est rappelé combien il est bon de « veiller » le Seigneur qui vient (n° 70-73). Enfin, est précisé nettement au n° 12 que la Liturgie des Heures est une « excellente préparation » à l’eucharistie car « elle éveille et nourrit comme il faut les dispositions nécessaires pour une célébration fructueuse de l’Eucharistie ». Soulignons trois éléments – parmi d’autres – des vêpres et vigiles qui permettent cette préparation au dimanche.

Un rappel du Christ-Lumière

Il n’est pas rare que le rite du lucernaire ouvre les premières vêpres du dimanche. Son agencement nous fait entrer dans la louange au Christ, lumière du monde. C’est lui en effet qui apporte l’espérance de la victoire de la vie sur la nuit et sur les ténèbres de la mort. Par lui, nous sommes en communion avec le Père car « en lui il n’y a aucune obscurité » (1 Jn 1, 5).

Le Christ-Lumière est notre salut. Vivre donc vêpres ou vigiles la veille du Jour du Seigneur, nous prépare à entrer dans l’action de grâce pour le salut apporté par le Christ, que célèbre l’eucharistie dominicale.

L’attente du royaume de Dieu

La « veille » a de tout temps été considérée comme un acte de foi dans la résurrection des morts et de l’attente du retour du Christ. La Liturgie des Heures et notamment les offices du soir ou de la nuit, traduit et stimule la dimension eschatologique de la prière chrétienne et fait écho à la dimension anamnétique de la célébration eucharistique dominicale.

Le cœur de la liturgie des Heures : le Christ dans son mystère pascal

La liturgie des Heures tout comme l’eucharistie, se fond dans le mystère pascal du salut en Jésus Christ. Si l’eucharistie est le mémorial de l’unique sacrifice du Christ et la source et le sommet de toute vie chrétienne, la liturgie des Heures, étend ce mémorial aux différents moments de la journée et y dispose les cœurs.

Notons également que la vigile dominicale culmine dans la proclamation de l’évangile du dimanche, suivi souvent d’un commentaire. Ainsi, comme les pèlerins d’Emmaüs, par l’écoute de l’évangile, nous communions avec le Christ dans son mystère pascal « d’un cœur tout brûlant ».

Le but de la vie chrétienne est d’entrer toujours plus dans le mystère du Christ. En tant que mémorial de ce mystère, la Liturgie des Heures est une rencontre vraie avec le Père, par Jésus, dans l’Esprit.

L’histoire nous rappelle que les premiers chrétiens se retrouvaient quotidiennement autour de leur évêque pour célébrer vêpres et vigiles. Rien n’empêche aujourd’hui de réactualiser cette pratique.

Article extrait de la revue Célébrer n°404