L’art d’animer le chant de l’assemblée

2-3 juillet 2011: Messe dominicale rassemblant les 850 pères et les paroissiens dans la basilique Sainte Marie Madeleine, lors du pèlerinage des pères de famille à Vézelay (89), France. July 2-3, 2011: Sunday mass in basilica Sainte Marie Madeleine, fathers pilgrimage in Vezelay (89), France.

2-3 juillet 2011: Messe dominicale rassemblant les 850 pères et les paroissiens dans la basilique Sainte Marie Madeleine, lors du pèlerinage des pères de famille à Vézelay (89), France.

Pour qu’une animation se déroule correctement, il faut qu’on ait l’impression qu’elle n’a pas nécessité de préparation ! Or non seulement l’animateur aura reçu une formation, mais il aura préparé la cérémonie. Mieux il l’aura préparée, et moins l’assemblée sera gênée. La liturgie, l’art de célébrer, est l’art accommoder notre présence en assemblée à la présence du « Tout Autre ».

Compétences

La mission de l’animateur de chant est de permettre à l’assemblée de s’exprimer. Son geste invite et suscite.

Être un chef ou un guide ?

Ou bien il « oblige » à faire ceci ou cela, ou bien il indique ce qu’il faudrait faire. Mais attention à « l’effet miroir ». Les gens qu’on a en face réagissent à notre comportement et à nos attitudes. Ils ne seront pas priants si l’animateur est excité, ils ne seront pas détendus si l’animateur est crispé !

Être chantre ?

L’animateur peut être plus efficace par sa voix que par ses gestes, par exemple avec une simple relance pour un début de phrase. Mais s’il chante trop fort, l’assemblée, ne s’entendant plus, s’arrêtera de chanter. Si l’animateur veut être écouté, il doit savoir à son tour écouter l’assemblée. C’est parce qu’il la respectera qu’elle le respectera. Prenons l’exemple du Gloria chanté en alternance : l’animateur doit savoir s’imposer discrètement (en s’approchant davantage du micro) pour chanter son verset, et se taire le verset suivant de façon à laisser l’assemblée prendre sa place.

Qualités

L’art est pratiqué par les artistes. On ne s’improvise pas artiste ! On le devient un peu par vocation, beaucoup par le travail, énormément par l’humilité.

Qualités requises

L’animateur doit être vrai, ajusté ; ce qu’il dit, ce qu’il fait l’engage par rapport à sa foi. Etre vrai, c’est reconnaître qu’il n’est pas le centre de la cérémonie. Il vaut mieux être d’une grande discrétion, plutôt que de se prendre pour un petit chef d’orchestre. Etre vrai, c’est savoir s’effacer quand on n’est pas indispensable : refrain de prière universelle, amen de la doxologie, dire au micro « on se lève » avant l’alléluia.

Expérience acquise

En plus des aptitudes personnelles et des expériences vécues, il est bon de rester modeste ! Accepter d’être formé, de suivre des sessions, de participer à des rencontres, avoir envie d’apprendre des autres, et prendre le temps de la relecture.

Moyens à disposition

La façon de regarder, l’attitude priante ou désinvolte, la manière de s’imposer ou non par la voix, l’utilisation discrète ou intempestive du micro sont autant de moyens qui permettent de conduire une animation.

Équilibres à respecter

Équilibre des personnes

Il s’agit de l’importance de l’équilibre entre le prêtre, les musiciens et les acteurs chantants, ou encore l’équilibre du trio prêtre – organiste – animateur. La complicité mutuelle et bienveillante basée sur une réelle connaissance des personnes permettra des cérémonies équilibrées et priantes.

Équilibre des situations

Suivant le type de cérémonie et suivant les participants (messe en semaine ou cérémonie de mariage, dimanche ordinaire ou messe chrismale), les équilibres seront différents dans leurs rapports : nombre de chants, interventions de l’orgue, silence sans musique.

Équilibre des intentions

A partir du moment où il y a création (d’une oeuvre, d’une mise en oeuvre) il y a à la fois don, effort et gratuité, ce qui implique le respect des équilibres. Chacun étant engagé, il y a une grande responsabilité des animateurs dans la qualité de mise en oeuvre.

A partir de l’article de Jean-Louis Martin, Célébrer n°354 p.12

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