Guide « L’éclairage dans les églises, comment y voir clair ? »

Une étude du département Art sacré vient d’être réalisée sur la lumière et l’éclairage dans les églises. Fruit d’une réflexion d’experts – historiens de l’art, éclairagistes, liturges et théologiens – elle invite à aborder la question d’un point de vue théologique pour donner des points de repère sur la manière d’éclairer les édifices cultuels.

Un double constat quelque peu paradoxal est à l’origine de cette étude. Si nous disposons actuellement de nombreuses techniques en matière d’éclairage permettant des modulations et des mises en oeuvre diverses, les acteurs ecclésiaux (curés, responsables de commissions diocésaines d’Art sacré (CDAS), paroissiens…) expriment pour autant, très souvent, leur déception suite à une rénovation du système d’éclairage de leur église. De nombreux aménagements  liturgiques voient le jour, mais l’éclairage fait en effet souvent figure de parent pauvre de l’opération. Parmi ces insatisfactions, relevons pêle-mêle : l’insuffisance de luminosité pour l’assemblée célébrante, la surexposition d’un fond de chœur, le prêtre célébrant dans la pénombre, une trop grande importance accordée aux voûtes ou à l’ossature architecturale au détriment de l’espace de célébration, l’impossibilité de moduler l’éclairage selon les lieux, les célébrations, les temps liturgiques, les usages variés de l’église.

Le département Art sacré du Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle s’est donc saisi de cette question. Durant trois ans, il a réuni un comité composé de personnes aux compétences diverses : responsable CDAS, curé, architecte, éclairagiste, historien de l’art, théologien. Ce document est le fruit d’un travail commun et l’on retrouvera ainsi le style propre à chacun dans les pages suivantes.

Très rapidement, les causes des difficultés rencontrées ont été identifiées. Les deux plus importantes, semble-t-il, sont d’une part le manque d’une réflexion collégiale des différentes entités concernées, et d’autre part l’absence d’un cahier des charges. Lorsque le financement est assuré par une municipalité pour des raisons de sécurité, l’affectataire, la CDAS et les paroissiens sont trop rarement consultés. Il en est de même avec les Monuments historiques lorsque l’église est classée. D’où l’importance d’une réflexion collégiale, en amont de la commande, avec un cahier des charges bien établi. Ce document propose un parcours qui doit permettre, à terme, d’élaborer cet outil indispensable.

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En couverture : Éclats d’or, vitrail d’Henri Guérin (1929-2009), dalle de verre et joint minéral, 2001, 60 x 60 cm. Collection du Musée du verre de Conches (Eure).© Héritiers Henri Guérin – Cliché : Didier Taillefer.

De même, la question de l’éclairage d’une église semble souvent se réduire au seul côté pratique : « Pourvu que l’on voit clair ! » Or la lumière est un acteur privilégié des liturgies qui y sont célébrées. Et pas seulement pour y voir clair ! La lumière est une réalité qui parcourt toute la Bible et accompagne chaque célébration. Acteur liturgique fondamental, elle seule peut nous faire entrevoir la Lumière éternelle à laquelle nous sommes destinés, tout en étant le serviteur indispensable selon les besoins requis par des célébrations aux tonalités diverses.

Après avoir justement évoqué la lumière en son sens biblique, repartant aux sources scripturaires, ce travail s’autorisera un rapide détour par les sciences humaines pour mettre au jour sa dimension psychologique et cosmologique (1. À la source de la lumière), avant de déployer, dans une deuxième partie, le lien vital qui existe entre la forme d’une église et le mystère de l’Église qui y célèbre le Christ vivant, Lumière éternelle (2. L’accueil de la lumière).

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