Quand une foule devient assemblée. Dans les coulisses de la messe avec le pape

Paris Messe de la Concorde © Vatican Media
Dans cet article, le P. Marco Gallo, directeur de l’ISL à l’Institut Catholique de Paris, revient sur la difficulté propre aux grands rassemblements et sur le cahier des charges reçu de Rome. Il montre comment le rite de l’eucharistie a lui-même rassemblé la multitude.
Le 26 septembre, place de la Concorde, sur les Champs-Élysées et au-delà, environ 800 000 personnes ont vécu l’eucharistie présidée par Léon XIV. Depuis juin, plusieurs équipes y travaillaient. L’une d’elles, conduite par le P. Guillaume Normand, a tissé les différentes parties de l’action liturgique, pour les vêpres à Notre-Dame et pour la messe du samedi. J’en faisais partie et je vous raconte ici cette préparation : elle nous a beaucoup appris sur le mystère de l’eucharistie. La veille, aux vêpres, le pape avait dit de l’Église qu’elle est « un corps qui, en célébrant, dit à chacun la raison pour laquelle elle existe ». C’est cela que nous avions à servir.
Les grandes célébrations posent à la liturgie une difficulté que Benoît XVI reconnaissait en 2008 : « Cela reste un problème, parce que la communion concrète dans la célébration est fondamentale. » À cette échelle, le podium s’agrandit, l’autel s’éloigne, la voix et les visages ne parviennent plus que par des haut-parleurs et des écrans.
Le cahier des charges reçu de Rome nous a été précieux pour disposer cet espace. La collaboration a été excellente avec Mgr Diego Ravelli, maître des célébrations liturgiques pontificales, et avec ses collaborateurs, comme avec les équipes de GL events et de la régie télévisée. Près de 15 000 bénévoles ont servi cette assemblée et plus de mille choristes l’ont fait chanter ; ce dossier y reviendra.
Ce qui a fait de cette foule immense une assemblée, c’est l’eucharistie elle-même, dans son rite. Adapté non sans effort, celui-ci s’est pleinement déployé, à notre surprise. Dès le chant d’entrée, « Aujourd’hui est jour de fête », s’est manifestée la joie d’être rassemblés pour l’action de grâce présidée par le pape. Le silence avait une densité que l’on ne peut exiger de tant de monde. La prière a été profonde et calme, et un grand nombre de fidèles ont communié.
L’Église s’est montrée là dans son mystère. Un collègue de l’ISL m’a rappelé les mots de saint Jean Chrysostome : « La ville tout entière est devenue une église pour nous » (Homélie 15 sur les statues).
Marco Gallo
Directeur de l’Institut supérieur de liturgie (ISL)
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