Intercéder dans la liturgie des Heures
Marie-Armelle Girardon
De même que dans la liturgie eucharistique, nous prions « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », dans la liturgie des Heures, nous portons devant Dieu les appels et les désirs des hommes du monde entier.
Intercéder c’est, avec le Christ, « exercer cette fonction sacerdotale » que le baptême nous a conférer. Par toute sa vie, et plus particulièrement dans sa Passion, le Christ a intercédé pour les hommes et les femmes qui l’entouraient jusqu’à finalement donner sa vie pour que, par lui, le monde soit sauvé (Jn 3, 17). C’est donc à sa suite et à son exemple que nous osons présenter au Père « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (Gaudium et spes, n. 1).
Une structure porteuse
Pour la plupart, car il y a toujours des exceptions, les prières d’intercession se composent ainsi :
– Une brève introduction qui invite à regarder celui à qui s’adresse la prière : le Père, le Fils, plus rarement l’Esprit Saint et parfois la Trinité tout entière. « Prions le Christ, lumière des nations et joie de tous les vivants » (jeudi II, vêpres) ; « Notre Dieu est un Dieu patient, bénissons-le » (mardi IV, laudes).
– Un refrain est le mode de la réponse. Il est proposé en lien avec l’introduction est son accent de louange, d’imploration ou de simple cri : « Nous te louons, Seigneur, nous te bénissons », « Kyrie eleison », « Pour cette merveille, alléluia ! ».
– Les intentions elles-mêmes, au nombre de quatre ou cinq, qui prennent en charge la demande de Paul à Timothée que l’on fasse des prières, des intercessions et d’action de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité (1 Tm 2, 1-3). Les intercessions sont principalement la prière de toute l’Église pour toute l’Église et plus largement pour le salut du monde. C’est cet aspect universel qui doit avoir « absolument la première place » (PGLH 187) dans la prière et se déployer de jour en jour. Cependant, on peut toujours ajouter quelques intentions particulières portées par la communauté rassemblée.
Deux orientations
Aux laudes, la prière est intitulée « louange et intercession » tandis qu’aux vêpres n’est mentionnée que « l’intercession ». L’aspect laudatif de la prière du matin se fait sentir jusque dans la manière d’intercéder. Les deux aspects s’y articule comme dans la prière par excellence qu’est le Notre Père. « Il faut unir aux demande la louange de Dieu ou la reconnaissance de sa gloire » dit la Présentation générale de la Liturgie des heures (n. 185). Ainsi le mercredi III aux laudes : « Béni sois-tu, Pain de la vie : – rends-nous fort pour accomplir l’œuvre du Père ». Il est traditionnel de recommander à Dieu la journée qui commence : « Au matin de ce jour, l’Esprit travaille en nous, – qu’il habite nos prières et féconde nos efforts » (mardi II).
Aux vêpres, l’accent est nettement plus implorant : « Souviens-toi des hommes accablés par les détresses de l’âme et du corps » (lundi I). La dernière intention est toujours pour les défunts : « Dieu de miséricorde, souviens-toi de ceux qui sont morts aujourd’hui : – qu’ils entrent dans ton Royaume » (mercredi II).

