Des antiennes mariales pour les Complies
Les complies sont le seul office à être parachevé par une antienne mariale.
À la fin des complies, sous l’impulsion de saint Bernard, les cisterciens ont popularisé l’usage d’un salut à la Vierge Marie. Pour cela, ils ont choisi une hymne qui avait connu une expansion rapide en Europe et que Pierre le Vénérable avait introduit à Cluny dès 1135. Il s’agit du Salve Regina. À la suite des cisterciens, les dominicains l’employèrent tout au long de l’année. Au Salve, la curie romaine ajouta le Regina cœli qui était chanté depuis le XIIe siècle à la fin des vêpres de Pâques. L’Ave, Regina cœlorum, d’abord lié à la fête de l’Assomption qui lui donne tout son sens, est venu compléter les antiennes mariales des complies, ainsi que l’Alma Redemptoris Mater. Au XIIIe siècle, la pratique de l’antienne mariale à la fin de complies était généralisée et l’on trouve ces quatre antiennes nommées conjointement dans un décret du chapitre général des Franciscains tenu en 1249 (1). Ce n’est qu’au moment de la réforme du concile Vatican II qu’a été introduit le Sub tuum praæsidium, une antienne antique et populaire, qui, jusque-là, n’était pas entrée dans le cycle des complies.
L’office des complies, aujourd’hui propose un corpus de sept antiennes mariales en français et cinq en latin. Sur les sept en français, cinq sont des traductions poétiques du latin et deux sont des textes composés en français. Le Salve Regina n’a pas été traduit pour inciter à continuer de le chanter en latin. Le Regina cœli, et ses deux traductions en français, est la seule hymne spécifiquement réservée au temps pascal. Toutes les autres hymnes peuvent être indifféremment chantées en tout temps.
- Hymne latine
Alma Redemptoris Mater
Ave, Regina cœlorum
Sub tuum præsidium
Regina cœli
Salve Regina
Pas d’original latin
Pas d’original latin
Peut-être est-ce parce que nous demandons quotidiennement à la Vierge Marie de prier « pour nous, maintenant et à l’heure de la mort » qu’après avoir conclu la prière qui scelle nos vies pour ce jour, nous nous tournons vers cette Mère qui, comme nous et avant nous, s’est endormie dans la paix du jour pour être éveillée dans la gloire par son Fils.
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(1) Cf. Pierre Jounel, L’Église en prière, t. 4, p. 158.

