Un peu d’histoire : la confirmation et ses rebondissements …

7 Juin 2014: Chrismation d'une confirmande par P. Hugues de VOILLEMONT lors de la Vigile de Pentecôte. Egl. Saint Pierre Saint Paul. Colombes (92) France.

Juin 2014 : Chrismation d’une confirmande par P. Hugues de Voillemont lors de la Vigile de Pentecôte. Egl. Saint Pierre Saint Paul. Colombes (92) France.

Le sacrement de la confirmation a connu beaucoup d’évolutions depuis les premiers temps de l’Église. Pour comprendre ce qu’est ce sacrement aujourd’hui, il peut être utile d’en préciser les rebondissements dans l’histoire, et notamment les liens qu’il a eus avec les deux autres sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême et l’eucharistie.

Jusqu’au IIIe siècle

Pendant les deux premiers siècles, on devenait chrétien après un long temps de formation (le catéchuménat) qui débouchait sur le baptême d’eau et l’eucharistie. Mais il n’y a pas de mention d’une onction dans les documents qui nous sont parvenus.
À partir du IIIe siècle, l’initiation chrétienne se faisait dans une grande célébration à la vigile pascale, présidée par l’évêque, avec trois étapes : le baptême, une onction d’huile et l’eucharistie. La confirmation (ou l’onction) était donc un achèvement du rite du baptême. Cette onction était faite par l’évêque.

À partir du IVe siècle, une lente séparation avec le baptême

Dès les IVe et Ve siècles, les communautés chrétiennes s’étendent au-delà des villes. Des paroisses s’organisent en campagne. L’évêque ne pouvait aller dans toutes les paroisses quand un baptême avait lieu. Jusqu’au VIIIe siècle, en ville la manière de faire ne change pas ; dans les campagnes, l’imposition des mains et l’onction (c’est-à-dire le sacrement de la confirmation) sont repoussées à un temps ultérieur, lors du passage de l’évêque. On veut marquer par là le rôle de l’évêque dans l’initiation chrétienne, responsable de la communion entre tous les chrétiens et à qui il revient d’authentifier l’initiation chrétienne. À partir du ixe siècle, en Occident, l’onction est totalement séparée du baptême.

En Orient, une autre manière de faire

En revanche, en Orient, dès le Ve siècle, une autre manière de faire se met en place. C’est le prêtre en non plus l’évêque qui, après le baptême, donne immédiatement la confirmation (ou l’onction) et fait communier, et cela, même pour les tout petits enfants. En fait, on a voulu garder l’unité et le sens des différents rites de l’initiation chrétienne. Cette manière de faire a toujours cours dans les églises catholiques de rite oriental.

Le déplacement de la première communion

Enfin, pour l’Occident, la place de la première communion va évoluer. Pour le cas de la France et sauf exceptions dans certaines régions, jusqu’en 1910, la première communion se fera entre 10 et 14 ans, après la confirmation reçue entre 7 et 10 ans. Le pape Pie X ayant décidé de la communion précoce des enfants en 1910, la confirmation aura lieu après la première communion. Mais plus encore, dans les paroisses, c’est la communion solennelle (ancêtre de la profession de foi), vers 12 ans, qui prendra le plus d’importance au détriment de la confirmation qui tombera un peu en désuétude.

Un lien toujours important entre le baptême, l’eucharistie et la confirmation

De la séquence initiale : baptême, onction-confirmation, première communion, reçus dans la même célébration, on est donc passé en Occident à une séquence : baptême, première communion, confirmation, reçus lors de trois célébrations différentes et espacées de plusieurs années.

On comprendra alors aisément que le sacrement de la confirmation, même séparé des deux autres, doit être fortement relié à celui du baptême et à la réception de l’eucharistie.

Ensemble, ils forment un même mouvement pour devenir chrétien. Et c’est pour cela que le Concile de Vatican II a demandé que la séquence initiale soit rétablie lors des baptêmes d’adultes.

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