Les cantiques du Nouveau testaments

Bénédicte Ducatel,

Chaque jour, la liturgie des Heures nous donne de prier d’autres chants que les psaumes. Le soir, à vêpres, il s’agit de cantiques du Nouveau Testament qui concluent la partie psalmique.

Les cantiques du Nouveau Testament ont été introduit dans l’office à la suite de la réforme de Vatican II. Si les cantiques de l’Ancien Testament courent sur les quatre semaines du temps, ceux du Nouveau Testament sont identiques chaque semaine. L’idée des Pères conciliaire était de déployer les longues louanges trinitaires que sont ce cantiques, raisons pour laquelle ils ne sont normalement pas conclus par une doxologie : Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit…

Ils sont donc au nombre de 9, un pour chaque soir de la semaine, plus un cantique spécifique pour les dimanches de Carême qui remplace le cantique alléluiatique d’Apocalypse 19 : « Le salut, la puissance, la gloire à notre Dieu, alléluia ! Ils sont justes, ils sont vrais ces jugements. Alléluia ! » C’est le cantique de Pierre qui vient marquer le Carême : « C’est pour nous que le Christ a souffert, il nous a marqué le chemin… »

Tous les lundis, le cantique aux Éphésiens (1, 3-10), porte notre prière vers le « Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ qui nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit ». Cette introduction trinitaire ouvre sur l’unique dessein divin : avant que le monde fut créé, il voulait faire de nous des fils adoptifs par Jésus le Christ et récapituler en lui toutes choses, celles du ciel et celles de la terre.

Les mercredis nous chantons l’hymne aux Colossiens (1, 12-20) qui nous fait contempler le Christ, image du Dieu invisible, en qui tout fut créé et par qui tout est enfin réconcilié par le sang de sa croix. Les samedis, alors que nous entrons dans la vigile du dimanche, la liturgie nous remet face à la réalité du mystère pascal avec le cantique aux Philippiens (2, 6-11) : le Christ, égal à Dieu, s’est anéanti, devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix, c’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom : « Jésus Christ est Seigneur ».

Le livre de l’Apocalypse fournit les cantiques des mardis, jeudi, vendredi et dimanche. Par eux, nous sommes entraînés dans l’exultation du ciel devant la gloire donnée à l’Agneau immolé, lui qui nous a rachetés au prix de son sang (Ap 4-5, mardi), nous rendons grâce au Dieu de l’univers parce qu’il fait advenir le salut en Jésus Christ et que par lui, l’accusateur de nos frères est rejeté (Ap 11-12, jeudi), nous nous prosternons devant la grandeur des œuvres du Seigneur (Ap 15, vendredi) pour finalement unir nos voix à celle de l’univers célébrant les Noces de l’Agneau (Ap 19, dimanche).

Les cantiques du Nouveau Testament tracent au fil des jours « une merveilleuse fresque de l’univers et de l’histoire, en nous invitant à la confiance. Nous sommes partie prenante d’un projet sage, jailli de l’amour du Père (1) » et qui s’inscrit en nous dans la répétition de semaine en semaine.

— 

(1) Jean-Paul II, audience 5 mai 2004.

Approfondir votre lecture

  • La Madone du Magnificat Botticelli

    Vêpres de l’Épiphanie : les antiennes du Benedictus et du Magnificat

    Une lecture un peu superficielle de la liturgie de l’Épiphanie confortée par le folklore qui entoure la visite des mages, risque de réduire celle-ci à une aimable méditation des premiers événements de la vie du Christ dans le prolongement de Noël.

  • L’Assomption : le Propre de la fête du 15 août

    Les oraisons, antiennes et préface de la messe, les hymnes des offices propres à la Solennité de l’Assomption de Marie, le 15 août. Le 15 août, l’Église fête l’Assomption de la Vierge Marie. « Au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée, Mère de Dieu a été élevée en Son corps et en Son âme à la gloire du Ciel ».

  • Vêpres et laudes, une même structure

    « Les laudes, comme prière du matin, et les vêpres, comme prières du soir, qui […] constituent les deux pôles de l’office quotidien, doivent être tenues pour les Heures principales » (PGLH 37, cf. SC 89).