Vêpres et laudes, une même structure
Hélène Villars, ancienne collaboratrice de Magnificat
« Les laudes, comme prière du matin, et les vêpres, comme prières du soir, qui […] constituent les deux pôles de l’office quotidien, doivent être tenues pour les Heures principales » (PGLH 37, cf. SC 89).
Ces deux offices, qui encadrent la journée du lever au coucher du soleil, ont une structure semblable, mais gardent un caractère propre.
Le schéma ci-dessous donne à voir cette structure parallèle.
Introduction
Hymne
Psalmodie
Psaume
Cantique AT
Psaume
Lecture brève
Répons bref
Cantique évangélique
Zacharie
Louange et intercession
Notre Père
Oraison
Conclusion
Introduction
Hymne
Psalmodie
Psaume
Psaume
Cantique AT
Lecture brève
Répons bref
Cantique évangélique
Marie
Intercession
Notre Père
Oraison
Conclusion
Premier pas
Tout office commence par jeter un cri vers le Seigneur : « Seigneur, ouvre mes lèvres ! » ou « Dieu, viens à mon aide ». Ce cri a ouvert notre cœur autant que notre bouche. Car nous ne savons pas prier comme il faut et nous avons besoin du secours de l’Esprit de Dieu pour « publier sa louange ». Dans la simplicité de cette introduction, nous sommes passés de membres dispersés à corps priant, nous avons été rassemblés en un seul corps, le Corps du Christ, en une seule voix, la voix de l’Église. En trois petits mots jetés dans un souffle, nous ont déplacés et situés à la suite du Christ.
Dépouillement
Dès lors, il faut bien l’hymne, les psaumes et le cantique pour nous débarrasser de nos préoccupations quotidiennes pour revêtir notre être de louange baptismale, le secouer un peu, parce nous l’avons quelque peu empoussiéré en marchant dans le monde.
L’hymne, les psaumes et le cantique ont placé en nos bouches les mots de la foi, les mots qui nous font découvrir les manières de Dieu, les mots qui nous parlent de son œuvre, de sa très grande œuvre, celle qui nous sauve. Nous avons commencé par l’hymne qui garde la saveur des mots du quotidien, tout en les débordant. Nos oreilles et notre cœur ont pu être saisis par un de ces mots porteurs d’un nouveau sens qui nous ont conduits à regarder plus haut, plus loin, là où « nos voix mêlées aux chants que lance [le] Bien-aimé (1) » parlent à Dieu.
Et nous chantons, nous exultons de joie intérieure, même si notre chant est doux et calme, retenu et parfois empreint de souffrance, car le chant est le parler de ceux qui ont traversé la mort avec Jésus pour ressusciter avec lui. Le chant qui ouvre nos lèvres a dilaté nos cœurs, il a permis le passage de l’Esprit Saint qui se glisse dans nos silences.
Accueil du don
Comme la rosée qui pénètre la terre aride de nos cœurs, le chant nous a lavés de nous-même, et nous a préparés à entendre une parole nouvelle. Aussi brève soit-elle, elle est parole de Dieu, parole de Celui qui nous parle pour nous attirer à lui. La Parole est comme l’étroit passage de la croix. Elle émonde nos trop-pleins pour ne garder que ce qui est nécessaire à l’entrée dans la vie nouvelle du salut.
Alors surgit l’éclatement de la joie. Car Dieu fait ce qu’il dit, il donne le salut. Et nous chantons à l’unisson du salut qui se donne à profusion : « Le Seigneur fait pour moi des merveilles ! » « Il fait surgir la force qui nous sauve ». Nous ne regardons pas de l’extérieur ceux qui chantent le salut, nous sommes emportés avec eux dans l’exultation du salut. L’Évangile est proclamé et le salut nous relève. Nous nous sommes mis debout, car nous sommes ressuscités avec le Christ. Par notre chant, nous devenons, devant nos frères, les témoins de la réalité du salut, et, en retour, nous en recevons l’annonce par ces mêmes frères.
Passage
Être les bénéficiaires du salut oblige à vivre comme le Christ, c’est-à-dire à s’offrir pour le monde en prenant en charge sa vie, ses souffrances et ses attentes pour qu’elles soient traversées par le salut. Intercéder fait de nous des coopérateurs du Christ. Inlassablement, avec lui, nous portons le monde qui ne connaît pas encore la grâce du salut. Alors, nous pouvons dire la prière qui récapitule toute prière, celle que Jésus nous a enseignée, celle des fils qui, tous ensemble, d’une seule voix, peuvent dire Notre Père. Ainsi nous rejoignons notre place dans le Christ, nous ne faisons qu’un avec lui. Que nous reste-t-il d’autre à faire sinon de conclure en rendant grâce encore une fois ?
La prière des Heures nous a fait suivre le Christ en son mystère pascal. Car, qu’est-ce donc que les vêpres et les laudes, sinon le lent passage vers le Père du Corps entier engagé à la suite du Christ ?
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(1) Père du premier mot, Hymne, laudes, jeudi II et IV.
