Aux Complies : un unique répons

Bénédicte Ducatel,

S’il fallait synthétiser la prière des complies, en dire l’essence, le répons suffirait : En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (Ps 30, 6).

Comme dans tous les autres offices, le répons suit la lecture. Celui des complies, commun à chaque jour, est caractéristique. Ce verset, que Jésus prononce sur la croix (Lc 23, 46), dit la plénitude de son abandon confiant abandon et sa détermination à faire la volonté du Père. En répondant à la parole par ces mots significatifs, le priant s’ouvre à la réalisation du salut pour lui-même et le monde qu’il porte avec lui. 

Si le répons est identique chaque jour, il est assorti d’un verset qui est une véritable réponse à la lecture entendue. Le samedi, après la profession de foi d’Israël (Dt 6, 4-8a) : « Tu es le Dieu fidèle qui garde son alliance » ; le dimanche, après la vision de l’Apocalypse (Ap 22, 4-5) : « Sur ton serviteur, que s’illumine ta face » ; lundi, après l’annonce du salut en Jésus Christ (1 Th 5, 9b-10) : « C’est toi qui nous rachètes, Seigneur, Dieu de vérité » ; mardi, après l’appel au combat spirituel (1 P 5, 8-9a) : « Écoute et viens me délivrer » ; mercredi, après l’appel à vivre comme Dieu (Ep 4, 30-32) : « Tu vois ma misère et tu sais ma détresse » ; jeudi, après l’appel à la sainteté en vue de la venue du Seigneur (1 Th 5, 23) : « Je suis sûr de toi, tu es mon Dieu » ; vendredi, après la demande faite à Dieu d’agir selon sa promesse : « Mes jours sont dans ta main, sauve-moi ».

Comme le répons lui-même, les versets du lundi au jeudi sont tous tirés du psaume 30. Les trois autres jours, nous font plus précisément passer à travers le mystère pascal, du Vendredi saint au dimanche de Pâques : sauve-moi, Dieu fidèle pour que s’illumine ta face sur ton serviteur.

Chaque verset éclaire un aspect particulier de la remise de soi entre les mains du Père. Remise de soi à plus grand que soi qui est comme le signe de l’accord de la volonté humaine à la volonté divine. Elle rend à nouveau possible le renouvellement de la communion entre Dieu et l’homme, et ce faisant, elle ouvre au partage de la vie glorieuse, selon la formule de saint Irénée : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme, c’est la vue de Dieu (1) ».

Ce simple répons accompagne la vie du croyant qui apprend peu à peu nous seulement à le chanter, mais à le rendre effectif dans sa vie de tous les jours.

—

(1) Irénée de Lyon, Contre les hérésie, IV, 20, 7, Paris, Cerf, coll. « Sources chrétiennes » 100, p. 648.

Approfondir votre lecture