Les vêpres : prière du soir

2004: Croisière en Mediterranée "Sur les Pas de St Paul".

2004: Croisière en Mediterranée « Sur les Pas de St Paul ».

Bénédicte Ducatel,

Dans l’ancienne division du temps, en usage chez les Romains, la vigilia vespertina, c’est-à-dire le soir, était la première des quatre parties de la nuit : soir, minuit, chant du coq, matin. On appelait aussi vesper (vénus), l’astre lumineux qui devient visible dans la pénombre grandissante. De là, l’habitude, souvent conservée, de parler des Vêpres pour dire l’office du soir.

Alors que le jour touche à sa fin, la prière des vêpres fait résonner en nous plusieurs dimensions spirituelles : la lumière, l’action de grâce et l’attente eschatologique. Plus encore, cette Heure nous fait toucher du doigt la beauté du mystère pascal.

La lumière

Lorsque l’obscurité monte, l’Église chante sa foi dans la lumière indéfectible qu’est le Christ. Il est la joyeuse lumière, la splendeur éternelle du Père qui ne connaît pas de couchant. Tirés d’une très ancienne hymne qui accompagnait la bénédiction de la lumière tandis qu’on allumait les lampes du sanctuaire, ces mots mettent l’accent sur la réalité spirituelle d’une action liturgique.

Aujourd’hui, nous chantons : Le jour s’achève / mais la gloire du Christ / illumine le soir (Hymne CFC), ou bien : Quand tout décline, tu demeures / Quand tout s’efface tu es là ! / Le soir descend, tu resplendis (A. Rivière) et d’autres hymnes encore.

L’action de grâce

Rendre grâce est la raison même de cette Heure. En ce sens, on peut dire de cette Heure qu’elle est « eucharistique », au sens premier du terme, ce qui lui donne une importance particulière parmi les autres offices du jour. Elle est ce sacrifice d’action de grâce dont parle le psaume 115 (v. 17) et que développe le psaume 140, chanté le dimanche I : « Que ma prière devant toi s’élève comme un encens et mes mains, comme l’offrande du soir » (v. 2). Ce verset sert parfois d’introduction à l’ensemble de l’office.

L’action de grâce est le mouvement intérieur qui fait reconnaître l’action de Dieu dans nos vies, et particulièrement l’action salvatrice qu’il a accomplie pour nous en Jésus Christ.

Attente eschatologique

Le soir, tourné vers la lumière qui ne s’éteint pas, rappelle également l’attente de la « bienheureuse espérance » et de l’instauration du Royaume qui marque la fin du temps cosmique.

La fin du jour est aussi celui des ouvriers envoyés à la vigne qu’est l’Église. Ayant différemment porté le poids du jour, ils viennent auprès du Maître pour recevoir la joie de son amour, comme les Pèlerins d’Emmaüs, ils demandent : « Reste avec nous, Seigneur car il se fait tard et déjà le jour baisse » (oraison du lundi de la 4e semaine du temps ordinaire, cf. Lc 24, 29)

Entrer dans le mystère pascal

L’office des vêpres fixe nos yeux sur le Christ qui nous sauve. Il est cette lumière qui ne s’éteint pas, celle que les ténèbres n’ont pu arrêter, celle que le tombeau n’a pu retenir dans la mort. Voilà ce qui motive notre action de grâce : par la mort et la résurrection de Jésus, le Seigneur Dieu fait pour nous des merveilles ! Et, fortifiés par une telle réalité, nous pouvons regarder vers l’avenir, attendre activement la venue définitive de cette lumière joyeuse et éternelle. La prière des vêpres nous conduit au cœur du mystère pascal et nous entraîne vers la joie définitive.
« À l’heure du sacrifice du soir, nous nous présentons devant toi, Seigneur, comme des serviteurs inutiles ; recueille sur nos lèvres l’action de grâce pour tous les biens reçus de toi » (oraison des vêpres du lundi II).

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