Les cantiques de l’Ancien Testament aux Laudes
Chaque matin, la liturgie des Heures nous donne de prier d’autres chants que les psaumes. Il s’agit des cantiques de l’Ancien Testament qui s’intercalent entre les psaumes.
.
Si les rédacteurs et autres scribes réviseurs de la Bible ont regroupé un grand nombre de chants en un seul livre, le Psautier, ils en ont laissé d’autres à leur place au fil des livres bibliques. Ce sont ces cantiques que l’Église a retenus dans sa prière. Un certain nombre appartient à l’ancienne tradition romaine, mais d’autres ont été ajoutés lors de la réforme du bréviaire de Pie X pour que chaque jour des quatre semaines du temps ait son cantique propre, le dimanche alternant les deux parties du cantique de Daniel, dit « des trois enfants ».
Quarante-quatre cantiques sont ainsi utilisés dans la liturgie des Heures. Ils émanent pour beaucoup du livre d’Isaïe (15 cantiques), mais aussi de grands et des petits prophètes, Jérémie, Ézéchiel, Daniel, Habaquq, Sophonie, et des livres historiques, Exode, Deutéronome, Samuel, ou sapientiaux, la Sagesse, les Proverbes, Tobie, Judith.
Les cantiques des laudes
Seuls vingt-six cantiques sont utilisés pour l’office des laudes, les autres sont répartis sur les divers offices de vigiles. En suivant le chemin tracé par les cantiques de l’Ancien Testament, nous mettons nos pas dans ceux du peuple choisi par Dieu. Nous approfondissons le dessein bienveillant du Père qui éduque son peuple et le conduit à le reconnaître comme créateur et sauveur plein d’amour et de tendresse.
Le dimanche fait résonner en alternance, la louange de la Création : Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur, à lui haute gloire et louange éternelle ! (Dn 3, 57) et la glorification du Créateur : Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, béni soit le nom très saint de ta gloire (Dn 3, 52). Puis, au fils des jours, les cantiques nous disent comment « tenir » dans la présence de Dieu, c’est-à-dire « croire (1) » qu’il est celui qui agit pour nous et en nous.
Ainsi les cantiques nous font parcourir toute l’histoire du salut depuis le chant de Moïse à l’issue du passage de la mer Rouge : Je chanterai pour le Seigneur ! Éclatante est sa gloire : il a jeté à l’eau cheval et cavalier ! jusqu’au cantique de Sophonie, l’un des derniers petits prophètes, qui annonce l’émergence d’un peuple nouveau : un peuple pauvre et petit (So 3, 12) qui fera la volonté du Seigneur.
Entre ces deux pôles qui disent le salut, c’est à travers l’évocation des ruptures d’alliance et des rejets que les cantiques nous aident à discerner l’œuvre de Dieu. Car ceux qui l’ont déshonoré, ses fils perdus (Dt 32, 5), le Seigneur change leur deuil en joie (Jr 31, 13), à ceux qu’il frappait pour leurs péchés (Tb 13, 5), il promet que leurs os revivront comme l’herbe reverdit (Is 66, 14). Nous sommes conviés par les cantiques à revenir à lui, à regarder ce qu’il a fait pour nous, et nous pourrons alors nous tenir devant Dieu et lui dire en vérité : Et maintenant, ô notre Dieu, nous voici pour te rendre grâce, pour célébrer l’éclat de ton nom ! (1 Ch 19, 13).
—
(1) Tenir et croire, ont la même racine en hébreux.


