Dans la crise, continuer à sanctifier le dimanche, jour du Seigneur !

13 avril 2011: Magnificat (livret), lors du temps de formation pour les jeunes d'Anuncio (7 Français, 1 Anglaise, 1 Espagnol et une Colombienne) qui vivent en communité depuis octobre 2010 à la Casa Anuncio pour un an de vie de prière et de formation sur la foi catholique, et d'apostolat en organisant le Festival Anuncio aux JMJ. Madrid, Espagne.

Lecture des textes de la liturgie du jour.

Le contexte épidémique impose aux communautés chrétiennes de ne pas célébrer l’eucharistie dominicale privant les croyants du sommet et de la source de leur vie chrétienne. Ce rassemblement du dimanche va nous manquer, tant il est important.

Comme le rappelle la Constitution du Concile Vatican II sur la Sainte Liturgie, c’est « en vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la résurrection du Christ » que « l’Église célèbre le mystère pascal […] chaque huitième jour, qui est nommé à bon droit le jour du Seigneur, ou dimanche ». Et ce jour-là « les fidèles doivent se rassembler pour que, entendant la parole de Dieu et participant à l’Eucharistie, ils se souviennent de la passion, de la résurrection et de la gloire du Seigneur Jésus, et rendent grâces à Dieu qui les « a régénérés pour une vivante espérance par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts » (1 Pierre, 1, 3) ». Le dimanche est donc le « jour de fête primordial qu’il faut proposer et inculquer à la piété des fidèles ». Aussi « les autres célébrations, à moins qu’elles ne soient véritablement de la plus haute importance, ne doivent pas l’emporter sur lui, car il est le fondement et le noyau de toute l’année liturgique » (SC 106).

Voilà que cette épidémie nous empêche de pouvoir puiser ensemble à cette source du mystère pascal, source vivifiante pour nos vies individuelles et la vie de l’Église. Car ce n’est pas seulement du corps eucharistique que les croyants sont privés, mais également du corps ecclésial. Car chaque assemblée qui se rassemble représente le corps de l’Église qui est le corps du Christ au sein duquel le Christ lui-même se donne en nourriture. L’un et l’autre corps sont inséparables. En étant privés du rassemblement, nous perdons le moyen privilégié par lequel le Christ aime s’offrir à nous chaque dimanche pour faire grandir au cœur du monde son corps que nous formons ensemble. La situation actuelle nous oblige donc à réordonner notre compréhension de la messe au regard du Christ et de son corps dans sa double acception. Empêchés de pouvoir prier physiquement en commun, gardons au cœur le désir de continuer à sanctifier le dimanche afin d’honorer le Christ ressuscité et de continuer à l’accueillir dans nos vies.

Sanctifier le dimanche par la prière des Heures

La première forme de prière à mettre en œuvre pour sanctifier le dimanche pourrait être la liturgie des Heures « qui étend aux différents moments de la journée la louange et l’action de grâce, de même que la commémoration des mystères du salut, la supplication, l’avant-goût de la gloire céleste qui sont contenus dans le mystère eucharistique. […] Celle-ci éveille et nourrit les dispositions nécessaires […] comme la foi, l’espérance, la charité, la dévotion et l’esprit de sacrifice » (PGLH 12). « Aucune prière, si touchante qu’elle soit, eût-elle même jailli du cœur d’un séraphin, ne peut prétendre de loin à la merveilleuse puissance de la prière liturgique. La première et principale raison en est qu’elle est la prière de l’Église […] et qu’il est impossible que Dieu n’exauce pas la voix de l’Église et la voix de Jésus, chef de l’Église » (Charles Willi).

Redécouvrir la Lectio divina

Peut suivre une lectio divina qui prendra volontairement en compte les lectures du dimanche. Ainsi notre prière sera encore plus que d’ordinaire en communion avec la prière de toute l’Église.

Intercéder pour les personnes malades et le corps médical

Il semble que l’intercession pour les personnes malades, les soignants et les médecins aura aussi une place tant dans la prière des heures que dans toutes nos pratiques de dévotions. En effet, à côté de cette forme privilégiée de la liturgie des heures, chacun peut aussi prier à sa convenance, et selon ses habitudes, le chapelet ou d’autres dévotions personnelles. L’important sera de consacrer un temps suffisamment long pour marquer ce jour dominical.

Prier dans les églises, sur place ou par Internet

Si les déplacements sont possibles, certains pourront aller prier dans les églises qui restent ouvertes, voire y adorer le Saint-Sacrement exposé. Tout cela en restant à distance les uns des autres, en attendant de pouvoir reformer des assemblées ! Et en attendant, beaucoup sauront profiter du téléphone ou des moyens vidéos modernes pour vivre cette sanctification du dimanche à plusieurs.

Privés de rassemblement, n’oublions pas la sanctification du dimanche, actualisation du jour où le Seigneur a jailli du tombeau. Depuis toujours les chrétiens célèbrent ce jour béni dans la mémoire de sa passion et dans l’attente de sa venue définitive. Continuons d’ancrer notre prière dans cet événement fondateur. Cet ancrage aide à rendre grâce et intercéder pour le salut du monde, en toutes circonstances. Il fait aussi grandir le désir de pouvoir reformer nos assemblées pour que le Christ puisse venir à nouveau nous nourrir et former son corps qu’est l’Église.

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