Le missel et le chemin de la sainteté

Basilique du Sacré Coeur de MontmartreLa nouvelle traduction du Missel romain s’accompagne d’une révision de ce que l’on appelle le « sanctoral », c’est-à-dire l’ensemble des prières attachées aux hommes et aux femmes que l’Église se donne comme modèle de sainteté.

Chacune de ces figures, dont parfois nous portons le prénom, ou une appellation dérivée, trace un chemin de sainteté que le missel inscrit tout au long de l’année, en ordonnant solennité, fêtes et mémoires, facultatives ou non, afin de célébrer les fruits du mystère pascal du Christ. Car, comme le rappelle Sacrosanctum concilium n° 108 : « On orientera l’esprit des fidèles avant tout vers les fêtes du Seigneur, par lesquelles se célèbrent pendant l’année les mystères du salut. Par suite, le propre du temps recevra la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints, pour que le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit ».

De fait, la sainteté à laquelle nous sommes appelés par notre baptême s’enracine dans la Pâque du Christ. Les formulaires liturgiques du sanctoral sont tissés de références pascales. Ainsi, c’est l’éclat de la lumière de Pâques que nous apprenons à discerner sur les visages de ces figures qui jalonnent le calendrier universel, pour l’Église entière, ou le propre d’un pays, d’une congrégation ou d’un diocèse. En s’appuyant sur le témoignage de foi des saints et des saintes, de leurs réussites comme de leurs épreuves, nous pouvons à notre tour grandir dans la foi et la charité.

En faisant mémoire des saintes et des saintes, ou des bienheureux, nous apprenons la « sainteté de la porte d’à côté », pour reprendre les mots du Pape François : une sainteté du quotidien, à hauteur des hommes et des femmes de ce temps, dont ces figures sont le témoin. Il s’agit en quelque sorte d’apprendre à découvrir la sainteté comme un don permanent de Dieu. En célébrant la messe à l’occasion de telle ou telle fête, le missel nous donne de reconnaître qu’elle irrigue notre vie quotidienne, et nous apprend à l’attendre avec patience.

Le rythme du calendrier liturgique donne une place particulière à la Vierge Marie. Parce qu’elle est dite « theotokos », la mère de Dieu (1er janvier), par sa manière d’accueillir la Parole de Dieu, de la méditer et de la garder dans son cœur, elle ouvre un chemin humain vers la sainteté. En mettant nos pas dans les siens, au tempo des fêtes mariales, nous pourrons faire nôtre l’invitation de saint Louis-Marie Grignion de Montfort : « À Jésus, par Marie ! ».

En inscrivant la sainteté dans la vie quotidienne de l’Église et des fidèles, comme une réalité déjà présente mais en attente de sa pleine manifestation, le missel trace un chemin de croissance pour la vie spirituelle. L’œuvre de l’Esprit saint peut transformer notre existence comme il l’a fait pour ces saints, connus ou inconnus. Certes, nous ne finirons pas tous dans le sanctoral du Missel romain, mais ne serait-ce pas un chemin à prendre avec audace ?

Article du SNPLS.

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