Le Benedictus, cantique évangélique
Après avoir écouté la parole proclamée et donné notre consentement à travers le répons bref ou le silence, nous nous levons pour chanter un cantique évangélique, c’est-à-dire non plus tiré de l’Ancien Testament, mais de l’Évangile.
Le cantique évangélique nous dit la nouveauté absolue de l’Évangile qui, ici, fait irruption sous forme de chant. Car le chant est le langage transfiguré de l’homme nouveau sauvé par la mort et la résurrection du Christ.
Cantique du matin
Aux laudes, c’est par la bouche de Zacharie que le salut nous est annoncé et qu’il nous rejoint car la parole évangélique proclamée dans la liturgie est performative, elle fait ce qu’elle dit. Dans le récit évangélique, lorsque Zacharie retrouve la parole au cours du rite de la circoncision de Jean, ses premiers mots sont une longue louange au Dieu qui visite et rachète son peuple. Il ne dit pas seulement merci à Dieu de lui avoir donné un fils dans la vieillesse de son épouse Élisabeth, il le béni d’être fidèle à son alliance sainte, non seulement pour sa maisonnée, mais pour peuple tout entier. Il s’agit d’un chant prophétique qui fait apparaître ce que Dieu est en train de réaliser. Le salut est en marche et Jean en sera le témoin privilégié. Le salut en marche et nous sommes invités à le recevoir en plénitude pour qu’il porte du fruit tout au long du jour qui s’éveille. Le Père nous montre son amour en nous délivrant de la main des ennemis, plus encore, il nous annonce la rémission de nos péchés fruit de notre rédemption.
C’est pourquoi jaillit l’éclatement de la joie. Car Dieu fait ce qu’il dit, il donne ce qu’il a promis à nos pères. Et nous chantons à l’unisson de ce salut qui se donne à profusion : le Dieu d’Israël fait surgir la force qui nous sauve. Nous reconnaissons, ici, le surgissement du matin de Pâques, la résurrection qui illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort.
Par l’actualisation de la liturgie, nous ne regardons pas de l’extérieur Zacharie prophétisant, nous sommes emportés avec lui dans l’exultation d’une telle bénédiction. Nous ne pouvons taire ce qui nous arrive, là, au cœur de la prière, l’Évangile est proclamé et le salut nous atteint, nous relève et nous transforme.
Manifester les effets du salut
Nous nous sommes mis debout, car nous sommes ressuscités avec le Christ, ou plutôt nous ressuscitons avec le Christ qui nous prend par la main. C’est la raison pour laquelle nous nous levons au moment de chanter et nous signons, manifestant les mêmes signes de vénération que pour la proclamation de l’Évangile pendant la messe, y compris, lorsque c’est possible, l’encensement de l’autel, du prêtre et du peuple.
Par notre chant responsorial, nous devenons, devant nos frères, les témoins de la réalité du salut, et, en retour, nous en recevons d’eux l’annonce bienfaisante. La prière du matin, les laudes, « que l’on dit au moment où revient la nouvelle lumière du jour, évoque la résurrection du Seigneur Jésus, lumière véritable, éclairant tous les hommes » (PGLH 38). Le cantique de Zacharie ne dit pas autre chose.


